Mémoire Vivante des Trente Glorieuses / Années 70-80

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Enfance, préadolescence et adolescence dans les années 50, 60, 70 et 80

Du plumier à la mobylette, de la cour de récré à la première boum : grandir en France pendant les Trente Glorieuses et après

26/09/2026

Version de travail — Cet article est une version de travail : il a vocation à s'enrichir de vos souvenirs, de vos photos et de vos précisions. Notre démarche participative

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Introduction

Il y a des souvenirs que partagent presque tous les enfants nés entre 1945 et 1975 : l'odeur de l'encre violette et de la craie, le crissement de la plume sur le cahier, le bon point tant espéré, les billes qui roulent dans la poussière de la cour, la cabane construite au fond du bois avec les copains, le départ en colonie avec une étiquette autour du cou, le jeudi sans école, la première mobylette, le premier slow dans le garage d'un copain, les lumières tamisées et le cœur qui bat.

Cet article est le plus développé du site. Il cherche à reconstituer, avec le plus de précision possible, le monde des enfants et des adolescents des années 1950 à 1980 : l'école primaire vue par l'élève, les fournitures et le cartable, les manuels, la cantine, les jeux de cour, les jeux de bande et les cabanes, les jouets, les lectures et la télévision, les colonies et les centres aérés, les débuts du mouvement associatif jeune (scouts, patronages, MJC, centres sociaux, clubs, centres aérés), puis la préadolescence et l'adolescence : le collège, la musique, la mobylette, les boums, les premiers amours.

Il a été conçu pour être complété par des témoignages, et en particulier par le mien : j'ai vécu mon enfance et mon adolescence dans les années 1950, 1960 et 1970. C'est pourquoi chaque grande partie se termine par un petit encadré « Mon souvenir », qui propose quelques questions pour guider l'écriture. Un grand espace de témoignages est également prévu à la fin de l'article.

Quelques sujets voisins sont traités dans d'autres articles du site : l'école (voir l'article « L'école »), les vacances et les colonies (voir l'article « Les vacances »), les MJC (voir l'article « Les MJC »), la mode (voir l'article « La mode »), le yé-yé (voir l'article « Yé-yé, hippies, Woodstock et les grands concerts »). Ils sont repris ici du point de vue de l'enfant, avec un renvoi vers l'article concerné quand un développement complet ferait double emploi.

Une précaution enfin : les enfances de cette époque étaient très différentes selon qu'on grandissait à la campagne ou en ville, dans une famille ouvrière, paysanne, commerçante ou bourgeoise, en plaine ou en montagne, au Nord ou au Sud, fille ou garçon. Cet article décrit des tendances communes ; chaque témoignage viendra les nuancer.

1. Être enfant entre 1950 et 1980 : quelques repères

Une génération très nombreuse

Les enfants des années 1950 et 1960 sont ceux du baby-boom : ils sont très nombreux, les classes sont surchargées (quarante élèves par classe n'est pas rare), les écoles, les collèges et les colonies débordent. On construit à tour de bras des écoles préfabriquées, des « CES » (collèges d'enseignement secondaire, créés en 1963), des lycées. Cette génération nombreuse va peser sur toute la société : sur la consommation (elle devient un marché), sur la culture (le yé-yé, le rock), sur la politique (Mai 68).

Entre liberté et autorité

L'enfance de cette époque est marquée par un curieux mélange :

À partir des années 1970, les choses changent : l'éducation devient moins autoritaire, on écoute davantage les enfants (la psychanalyste Françoise Dolto y contribue beaucoup), mais on les laisse aussi moins libres de leurs mouvements, surtout en ville, à cause de la circulation automobile.

Des repères juridiques

Quelques dates encadrent la vie des enfants et des adolescents de cette époque :

Mon souvenir — Où ai-je grandi (ville, village, montagne) ? Combien étions-nous d'enfants dans la famille ? Quelle liberté avais-je pour aller et venir seul ?

2. L'école primaire vue par l'élève

(L'histoire de l'école (réformes, pédagogies, collège unique) est racontée dans l'article « L'école ». Cette partie la reprend du point de vue de l'enfant.)

Le chemin de l'école

Pour beaucoup d'enfants de la campagne, la journée commence par un long chemin à pied : un, deux, parfois trois ou quatre kilomètres, par tous les temps, en sabots, en galoches ou en chaussures montantes, avec la pèlerine et le capuchon quand il pleut. On se retrouve en route avec les enfants des fermes voisines ; on traîne, on joue, on se bagarre, on cueille des mûres ou des noisettes. En montagne, l'hiver, on descend parfois à l'école en luge ou à skis. Le ramassage scolaire en car se développe à partir des années 1960, avec le regroupement des écoles.

En ville, on va à l'école à pied, seul ou avec les frères et sœurs, dès six ou sept ans. On traverse la rue, on passe devant la boulangerie, on retrouve les copains au coin de la rue.

La classe

La salle de classe des années 1950 et 1960 se ressemble d'un bout à l'autre de la France :

Dans les villages, beaucoup d'écoles sont des classes uniques, où un seul maître enseigne à tous les enfants de 5 à 14 ans, répartis par « divisions ». Les grands aident les petits. Ces classes uniques ferment en grand nombre à partir des années 1960, avec l'exode rural et le regroupement des écoles.

Jusqu'aux années 1960, les écoles de garçons et les écoles de filles sont séparées, avec souvent un instituteur pour les garçons et une institutrice pour les filles (parfois le couple d'instituteurs logé à l'école). La mixité se généralise progressivement, et devient la règle dans toutes les écoles publiques en 1975.

Le maître et la maîtresse

L'instituteur (ou l'institutrice) est une figure considérable, surtout au village : il est souvent aussi secrétaire de mairie, animateur de la société de gymnastique ou de la coopérative scolaire, conseiller des familles. On le respecte, on le craint parfois. Il porte souvent une blouse grise (et la maîtresse une blouse de couleur). Il vouvoie rarement les élèves, qui l'appellent « Monsieur » ou « Maîtresse ».

Une journée d'école

Une journée type des années 1950-1960 ressemble à ceci (les horaires varient selon les écoles) :

Le soir, il faut faire ses devoirs et apprendre ses leçons (récitations, tables de multiplication, dates d'histoire, départements et préfectures).

Punitions et récompenses

Le système de punitions est très codifié :

Et les récompenses :

Le certificat d'études

Pour beaucoup d'enfants des années 1950, surtout à la campagne et dans les milieux populaires, l'école s'arrête vers 14 ans avec le certificat d'études primaires (le « certif »). C'est un véritable examen, passé au chef-lieu de canton, avec dictée (cinq fautes étaient éliminatoires), rédaction, calcul, sciences, histoire-géographie, chant et récitation. Le réussir est une fierté pour toute la famille ; le diplôme est encadré et accroché au mur. Le certificat perd son importance avec l'allongement de la scolarité, et il est supprimé en 1989.

Pour les enfants qui poursuivent leurs études, il faut entrer en sixième, au lycée ou au cours complémentaire (qui deviendra le collège d'enseignement général). L'examen d'entrée en sixième disparaît à la fin des années 1950. Les CES (1963), puis le collège unique (réforme Haby, 1975) ouvrent le collège à tous les enfants.

Mon souvenir — Comment s'appelait mon instituteur ou mon institutrice ? Comment était ma classe ? Quelles punitions, quelles récompenses m'ont marqué ? Ai-je passé le certificat d'études ?

3. Fournitures et cartable

Le cartable

Le cartable en cuir (ou en carton bouilli pour les familles modestes, puis en skaï) est l'objet emblématique de l'écolier. On le porte à la main ou sur le dos avec des bretelles ; il sent le cuir, l'encre et le goûter. Il dure plusieurs années, on le transmet au petit frère. Il est souvent trop lourd, et il sert aussi à glisser sur la neige ou à se battre.

Dans les années 1970, le cartable en cuir est progressivement concurrencé par les cartables en toile et les sacs portés à l'épaule, puis, au collège, par les sacs de toile kaki « US » ou les sacs de sport, couverts d'inscriptions au feutre.

Le plumier et la trousse

Le plumier en bois, avec son couvercle coulissant (parfois décoré d'une image ou pyrogravé), contient le porte-plume, les plumes de rechange, le crayon à papier, la gomme, le taille-crayon et les crayons de couleur. Il est remplacé dans les années 1960 par la trousse en tissu ou en plastique, avec sa fermeture Éclair.

La plume et l'encre

Jusqu'au milieu des années 1960, on écrit avec un porte-plume muni d'une plume métallique, la célèbre plume Sergent-Major, fabriquée notamment à Boulogne-sur-Mer. On la trempe dans l'encrier en porcelaine encastré dans le pupitre, rempli chaque matin d'encre violette par le maître ou un élève désigné (le « chef de l'encre »). On apprend les pleins et les déliés, l'écriture penchée ; on fait des pâtés qu'on essaie d'effacer avec le buvard (souvent publicitaire, offert par une marque de chocolat ou d'apéritif), ou en grattant avec une lame. Les doigts sont tachés d'encre.

Le stylo à bille, lancé en France au début des années 1950 (le Bic Cristal), est longtemps interdit à l'école : les enseignants craignent qu'il abîme l'écriture et crée des inégalités entre élèves. Il n'est définitivement autorisé qu'en 1965, par une circulaire ministérielle. C'est la fin de l'encrier. En 1970, le stylo Bic quatre couleurs fait le bonheur des collégiens. Le stylo-plume à cartouches (Waterman, Parker pour les plus chanceux, Reynolds, Bic) reste pourtant exigé dans beaucoup de classes pour « apprendre à bien écrire ».

Les autres fournitures

La tenue

Mon souvenir — Mon premier cartable, mon plumier, l'encre et les pâtés ; l'arrivée du stylo à bille ; ma blouse, mes culottes courtes.

4. Les manuels scolaires

Apprendre à lire

L'apprentissage de la lecture se fait avec des méthodes qui ont marqué des générations :

On lit ensuite des livres de lecture courante, avec des textes d'auteurs (Alphonse Daudet, George Sand, Victor Hugo, Jules Renard, Maurice Genevoix, Marcel Pagnol), illustrés, souvent organisés selon les saisons et les travaux des champs.

Les autres manuels

Mon souvenir — Avec quelle méthode ai-je appris à lire ? Quel manuel m'a le plus marqué ? M'en reste-t-il des phrases, des images ?

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Page mise à jour le 03/10/2026