Mémoire Vivante des Trente Glorieuses / Années 70-80

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Langues régionales

Breton, basque, occitan, alsacien, corse, catalan, flamand, francoprovençal, créoles, et le « patois » de nos grands-parents : l'histoire des langues de France, de la honte à la renaissance

01/10/2026

Version de travail — Cet article est une version de travail : il a vocation à s'enrichir de vos souvenirs, de vos photos et de vos précisions. Notre démarche participative

Introduction : la langue de nos grands-parents

Pourquoi ce récit ?

Beaucoup d'entre nous ont entendu, dans leur enfance, leurs grands-parents parler une autre langue que le français : le breton, le basque, l'alsacien, le corse, l'occitan sous ses différentes formes, le catalan, le flamand, le francoprovençal, ou ce que l'on appelait simplement « le patois ». Souvent, ils le parlaient entre eux, mais pas aux enfants : on leur avait appris, à l'école, que c'était une langue de paysans, une langue du passé, qui empêchait de réussir. Nos parents l'ont souvent compris sans le parler ; nous, nous n'en avons retenu que quelques mots, quelques expressions, quelques chansons.

Pourtant, à partir des années 1970, ces langues régionales ont connu un véritable réveil, porté par des chanteurs, des écrivains, des enseignants, des parents et des associations. Ce récit raconte l'histoire de ces langues pendant la période qui nous intéresse : leur recul rapide dans les années 1950 et 1960, puis leur renaissance, et les débats qu'elles suscitent encore aujourd'hui.

Quelques mots à connaître

– Langue régionale : une langue parlée traditionnellement sur une partie du territoire français, à côté du français.

– Patois : un mot souvent employé, parfois avec mépris, pour désigner le parler local d'un village ou d'une vallée ; les linguistes préfèrent parler de « dialecte » ou de « parler » d'une langue régionale.

– Occitan ou langue d'oc : la langue du sud de la France, avec ses grandes variantes (provençal, languedocien, gascon, limousin, auvergnat, vivaro-alpin).

– Francoprovençal : une langue parlée en Savoie, dans le nord du Dauphiné, dans le Lyonnais, le Forez et la Bresse, ainsi qu'en Suisse romande et en Vallée d'Aoste.

– Bilinguisme : le fait de parler couramment deux langues.

– Enseignement immersif : un enseignement où la langue régionale est la langue principale de la classe.

1. Une France aux langues multiples

La diversité des langues de France

La France a toujours été un pays de langues multiples. À la Révolution, en 1794, l'abbé Grégoire constate, dans un célèbre rapport, qu'une grande partie des Français ne parlent pas ou mal le français, et propose d'« anéantir les patois » au nom de l'unité de la République. Au XIXe siècle encore, dans beaucoup de campagnes, le français est une langue apprise, celle de l'école, de l'administration et de la ville.

Les principales langues régionales de métropole

On peut citer :

– au nord-ouest, le breton, langue celtique, et le gallo, en Haute-Bretagne ;

– au nord, le flamand occidental et le picard ;

– à l'est, l'alsacien et le francique de Moselle, de la famille de l'allemand ;

– au centre-est, le francoprovençal, en Savoie, dans le nord du Dauphiné et le Lyonnais ;

– dans tout le sud, l'occitan, avec ses grandes variantes ;

– au sud-ouest, le basque, langue très ancienne sans parenté connue, et le catalan, en Roussillon ;

– en Corse, le corse, proche de l'italien ;

– et, outre-mer, les créoles des Antilles, de la Guyane et de la Réunion, le tahitien, les langues kanak et bien d'autres.

Le « patois » des Hautes-Alpes

Dans nos Hautes-Alpes, les anciens parlaient un patois qui appartient, pour l'essentiel, à l'occitan alpin, dit aussi vivaro-alpin ou « gavot », avec des influences du francoprovençal plus au nord. Chaque vallée, presque chaque village, avait ses mots, son accent, ses expressions : on reconnaissait d'où venait quelqu'un à sa manière de parler. Ces parlers, encore très vivants chez les anciens dans les années 1950, se sont peu à peu tus. (Le site consacre un témoignage à une enfance dans les Hautes-Alpes.)

2. L'école de la République et le « symbole »

Le français, langue de l'école

Avec les lois de Jules Ferry, au début des années 1880, l'école devient gratuite, obligatoire et laïque, et le français y est la seule langue autorisée. Pour les instituteurs, souvent eux-mêmes issus de familles parlant une langue régionale, enseigner le français est une mission républicaine : c'est la langue de la citoyenneté, de la promotion sociale, de l'égalité.

Le « symbole »

Dans beaucoup d'écoles, notamment en Bretagne et dans le Midi, l'enfant surpris à parler breton ou patois recevait un symbole (un objet quelconque, un sabot, un caillou, un bout de bois, un bouton), qu'il devait garder jusqu'à ce qu'il surprenne un camarade à son tour, et qu'il transmettait alors ; le dernier à le détenir était puni. Cette pratique, rapportée par de très nombreux témoignages, a laissé chez beaucoup d'anciens le souvenir d'une humiliation.

La « vergonha »

Les occitanistes parlent de la « vergonha », la honte : celle qu'ont ressentie des générations de locuteurs à qui l'on a appris que leur langue était inférieure. Beaucoup de parents ont alors choisi de ne plus transmettre leur langue à leurs enfants, pour leur éviter cette honte et leur permettre de réussir.

3. Le grand recul des années 1950 et 1960

La fin de la transmission familiale

Pendant les Trente Glorieuses, le recul des langues régionales s'accélère brutalement. L'exode rural, le service militaire, l'allongement de la scolarité, la radio, puis la télévision, en français, la mobilité des familles et les mariages entre personnes de régions différentes font du français la langue de la maison. En une génération, dans beaucoup de régions, les enfants cessent de parler la langue de leurs grands-parents.

Des langues encore vivantes chez les anciens

Dans les années 1950 et 1960, pourtant, les langues régionales restent très présentes chez les adultes et les personnes âgées, surtout à la campagne : on parle breton au marché de Quimper, alsacien dans les villages et même dans les villes d'Alsace, corse dans les villages de l'île, occitan dans les foires du Midi, patois dans les vallées alpines. Les jeunes comprennent souvent, mais ne parlent plus.

La Loi Deixonne (1951)

La Loi Deixonne du 11 janvier 1951, du nom du député socialiste Maurice Deixonne, autorise pour la première fois l'enseignement facultatif de quatre langues régionales dans l'école publique : le breton, le basque, le catalan et l'occitan, à raison d'une ou deux heures par semaine, pour les élèves volontaires. L'alsacien, considéré comme un dialecte de l'allemand, et le flamand en sont exclus. Le corse est ajouté en 1974, le tahitien en 1981. La portée de cette loi reste limitée, mais elle marque une première reconnaissance.

4. Le réveil des années 1970

Une génération qui se réapproprie ses racines

Après Mai 68, une partie de la jeunesse, en quête de racines et de sens, se tourne vers les cultures régionales. On redécouvre les langues, les musiques, les danses, les fêtes traditionnelles. On revendique le droit à la différence. Ce mouvement s'accompagne parfois de revendications politiques, autonomistes ou régionalistes, en Bretagne, en Corse, au Pays basque, en Occitanie, notamment lors de la lutte du Larzac, où « Gardarem lo Larzac » (« Nous garderons le Larzac », en occitan) devient le slogan des paysans. (Le site consacre un récit à la lutte du Larzac.)

La musique bretonne et Alan Stivell

En Bretagne, le harpiste et chanteur Alan Stivell, avec sa harpe celtique, connaît un immense succès, notamment lors de son concert à l'Olympia, le 28 février 1972, retransmis à la radio. Avec d'autres artistes, comme Glenmor, Gilles Servat, les Tri Yann, Dan Ar Braz, il fait de la musique bretonne une musique moderne, écoutée dans toute la France. Les festoù-noz, les fêtes de nuit où l'on danse au son des sonneurs et des chanteurs, connaissent un renouveau extraordinaire. (Le site consacrera une thématique aux fêtes populaires.)

La nouvelle chanson occitane et corse

Dans le Midi, des chanteurs comme Claude Marti, Patric, Joan-Pau Verdier, puis le groupe Nadau en Gascogne, chantent en occitan. En Corse, le groupe Canta u Populu Corsu, fondé en 1973, fait revivre la polyphonie et le chant corse, que d'autres groupes, comme I Muvrini, feront connaître dans le monde.

« Le Cheval d'orgueil » (1975)

En 1975, l'écrivain breton Pierre-Jakez Hélias publie « Le Cheval d'orgueil », récit de son enfance dans un village bigouden, où l'on ne parlait que breton, au début du XXe siècle. Le livre connaît un succès immense, avec plus d'un million d'exemplaires vendus, et il est adapté au cinéma par Claude Chabrol en 1980. Il fait découvrir à toute la France la richesse d'une culture et d'une langue menacées.

5. Les écoles des langues régionales

Des écoles nées des parents

Face au recul de la transmission familiale, des parents et des militants créent, en dehors de l'école publique, des écoles associatives où l'on enseigne en langue régionale, selon la méthode de l'immersion :

– les ikastola au Pays basque, regroupées dans l'association Seaska, fondée en 1969 ;

– La Bressola, pour le catalan, en Roussillon, en 1976 ;

– les écoles Diwan (« le germe », en breton), dont la première ouvre en 1977, à Lampaul-Ploudalmézeau, dans le Finistère ;

– les Calandretas (« petites alouettes », en occitan), dont la première ouvre à Pau en 1979.

Une reconnaissance progressive

Ces écoles, d'abord fragiles, souvent installées dans des locaux de fortune et financées par des fêtes et des dons, se développent dans les années 1980 et passent pour la plupart sous contrat avec l'État. En 1982, une circulaire du ministre de l'Éducation Alain Savary renforce la place des langues régionales dans l'école publique, avec des classes bilingues. Des universités ouvrent des diplômes de breton, d'occitan, de corse, de basque.

6. Les langues régionales dans les médias et la vie publique

À la radio et à la télévision

Dans les années 1970 et 1980, la télévision régionale, FR3, diffuse quelques émissions en langues régionales. Avec la libération des ondes, en 1981, des radios associatives émettent en breton, en basque, en occitan, en corse, en alsacien. Des journaux, des revues, des maisons d'édition publient en langues régionales.

Les panneaux bilingues

Dans plusieurs régions, comme la Bretagne, le Pays basque, la Corse ou certaines communes occitanes, les panneaux à l'entrée des villes et des villages deviennent bilingues, à partir des années 1980 et 1990, rendant visibles des noms de lieux qui gardaient la trace des anciennes langues.

La toponymie

Les noms de nos villages, de nos rivières, de nos montagnes, de nos lieux-dits sont souvent issus des langues régionales. Dans les Hautes-Alpes comme ailleurs, ils racontent l'histoire des lieux : les sources, les rochers, les cultures, les anciens propriétaires.

7. Les débats d'aujourd'hui

La langue de la République

En 1992, au moment du Traité de Maastricht, la Constitution est modifiée pour affirmer que « la langue de la République est le français ». La même année, le Conseil de l'Europe adopte une Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, que la France signe en 1999, mais qu'elle n'a pas ratifiée, le Conseil constitutionnel ayant jugé certaines de ses dispositions contraires à la Constitution. En 2008, un article est ajouté à la Constitution, selon lequel « les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France ».

Un patrimoine menacé

Malgré le réveil des années 1970, le nombre de locuteurs des langues régionales n'a cessé de diminuer, avec la disparition des générations qui les avaient apprises au berceau. Beaucoup de ces langues sont aujourd'hui considérées par l'UNESCO comme menacées. Mais des milliers de jeunes les apprennent à l'école, et des chanteurs, des écrivains, des associations les font vivre.

Ce que nous en gardons

Pour notre génération, les langues régionales sont souvent une mémoire affective : la voix d'une grand-mère, une chanson, une prière, des jurons, des mots de la cuisine ou des travaux des champs, des expressions intraduisibles. Les recueillir, les noter, les enregistrer, c'est sauver une part de notre patrimoine. Ce site accueille avec joie les mots et les expressions du patois de votre village.

« Gardarem lo Larzac. » — slogan occitan de la lutte du Larzac, années 1970 (« Nous garderons le Larzac »)

Voir aussi

– La lutte du Larzac (1971-1981) : « Gardarem lo Larzac ».

– L'école dans les années 50, 60, 70 et 80 : l'école de la République.

– Une enfance et une jeunesse dans les Hautes-Alpes : la vie dans nos vallées.

– « Petite histoire » locale : recueillir les souvenirs et les mots d'autrefois.

8. Frédéric Mistral et le Félibrige

Le poète de Maillane

Frédéric Mistral naît le 8 septembre 1830 au Mas du Juge, à Maillane, un village de la plaine provençale situé entre Avignon et Saint-Rémy-de-Provence, dans les Bouches-du-Rhône. Il est le fils d'un riche propriétaire paysan. Dans sa famille et dans son village, tout le monde parle le provençal, cette forme de la langue d'oc parlée en Provence. Il fait ses études à Avignon, où l'un de ses professeurs, Joseph Roumanille, écrit déjà des poèmes en provençal. Mistral obtient son baccalauréat à Nîmes en 1847, puis fait des études de droit à Aix-en-Provence, de 1848 à 1851. Mais il ne sera jamais avocat : il décide de consacrer sa vie à la langue et à la culture de sa Provence natale.

La naissance du Félibrige (21 mai 1854)

À cette époque, le provençal est considéré par beaucoup comme un simple « patois » de paysans, que l'école et les élites méprisent. Le 21 mai 1854, au Château de Font-Ségugne, à Châteauneuf-de-Gadagne, près d'Avignon, sept jeunes poètes provençaux décident de s'unir pour redonner à leur langue sa dignité et en faire une langue littéraire. Ce sont Frédéric Mistral, Joseph Roumanille, Théodore Aubanel, Anselme Mathieu, Jean Brunet, Paul Giéra et Alphonse Tavan. Ils fondent le Félibrige, et prennent le nom de « félibres », un vieux mot provençal dont le sens exact reste discuté. Dès 1855, ils publient chaque année un almanach populaire en provençal, l'Armana Prouvençau, qui connaît un grand succès dans les campagnes.

« Mirèio » (1859)

En 1859, Mistral publie un long poème en provençal, « Mirèio » (Mireille), avec, en regard, sa propre traduction en français. Il raconte l'amour impossible de Mireille, fille d'un riche fermier, et de Vincent, un pauvre vannier, dans les paysages de la Crau et de la Camargue, jusqu'aux Saintes-Maries-de-la-Mer. Le grand poète Alphonse de Lamartine salue l'œuvre avec enthousiasme et fait connaître Mistral dans toute la France. En 1864, le compositeur Charles Gounod en tire un opéra, « Mireille ». Le provençal entre ainsi dans la grande littérature.

Une œuvre immense

Mistral écrit ensuite d'autres grands poèmes : « Calendau » (1867), « Lis Isclo d'or » (Les Îles d'or), « Nerto », « Lou Pouèmo dóu Rose » (Le Poème du Rhône). En 1867, il compose aussi « La Coupo Santo » (La Coupe sainte), en remerciement d'une coupe d'argent offerte par des poètes catalans aux félibres : ce chant devient l'hymne de la Provence, que l'on chante encore debout lors des fêtes et des rassemblements provençaux.

Le grand dictionnaire du provençal

Pendant une vingtaine d'années, Mistral travaille à un immense dictionnaire de la langue d'oc, « Lou Tresor dóu Felibrige » (Le Trésor du Félibrige), publié de 1878 à 1886. Il y rassemble des dizaines de milliers de mots, avec leurs variantes dans les différentes régions, leurs proverbes et leurs expressions. C'est encore aujourd'hui un ouvrage de référence pour tous ceux qui étudient l'occitan et le provençal.

Le capoulié du Félibrige

Le Félibrige s'organise et s'étend à tout le Midi de la France, du Limousin à la Gascogne et au Languedoc. Il est dirigé par un « capoulié » ; Mistral occupe cette fonction de 1876 à 1888. Le mouvement organise des fêtes, des jeux floraux, des concours de poésie, et défend l'enseignement de la langue d'oc. Il ne réclame pas la séparation de la Provence : il veut que la France reconnaisse et respecte la diversité de ses langues et de ses cultures. Il est encore actif de nos jours.

Le Prix Nobel et le Museon Arlaten (1904)

En 1904, Frédéric Mistral reçoit le Prix Nobel de littérature, partagé avec l'écrivain espagnol José Echegaray : c'est la première fois qu'un écrivain d'une langue régionale reçoit cette distinction. Il consacre l'argent du prix au Museon Arlaten, le musée qu'il a fondé à Arles en 1896 pour conserver la mémoire de la vie provençale : costumes, meubles, outils, objets de la vie quotidienne et des fêtes. Le musée, ouvert en 1899, s'installe grâce au Prix Nobel dans l'Hôtel de Laval-Castellane, à Arles.

La fin d'une vie

Mistral meurt à Maillane le 25 mars 1914, quelques mois avant la Première Guerre mondiale. Il repose au cimetière de son village, dans un tombeau qu'il avait fait construire lui-même. Sa maison de Maillane est aujourd'hui un musée.

Ce que Mistral a laissé

Dans toute la Provence, des rues, des places, des écoles et des lycées portent son nom. Son action a montré qu'une langue régionale pouvait être une grande langue de poésie et de culture. Dans les années 1970 et 1980, au moment du réveil des langues régionales, son œuvre et le Félibrige restent des références vivantes dans les villages provençaux, dans les associations, les foyers ruraux et les écoles, où l'on continue de chanter, de lire et de transmettre le provençal.

Voir aussi

– Fêtes populaires : les fêtes de village et le Carmentran de Murs, dans le Vaucluse.

– Sur le terrain — Témoignage — Murs, village de Provence, et son Foyer Rural (Vaucluse, 1982-1983) : un procès de carnaval joué en provençal et le Théâtre Mistral de Maillane.

9. Chronologie

DateÉvénement
1794Rapport de l'abbé Grégoire sur les patois
Années 1880Lois de Jules Ferry : le français, seule langue de l'école
8 septembre 1830Naissance de Frédéric Mistral à Maillane
21 mai 1854Fondation du Félibrige à Font-Ségugne
1859« Mirèio » de Frédéric Mistral
1867« Calendau » et « La Coupo Santo »
1878-1886« Lou Tresor dóu Felibrige »
1896Fondation du Museon Arlaten à Arles
1904Prix Nobel de littérature pour Frédéric Mistral, poète provençal
25 mars 1914Mort de Frédéric Mistral à Maillane
11 janvier 1951Loi Deixonne : enseignement facultatif du breton, du basque, du catalan et de l'occitan
1969Fondation de Seaska, réseau des ikastola basques
28 février 1972Concert d'Alan Stivell à l'Olympia
1973Fondation du groupe Canta u Populu Corsu
1974Le corse ajouté à la Loi Deixonne
1975« Le Cheval d'orgueil » de Pierre-Jakez Hélias
1976Fondation de La Bressola, écoles catalanes
1977Première école Diwan à Lampaul-Ploudalmézeau
1979Première Calandreta à Pau
1980Film « Le Cheval d'orgueil » de Claude Chabrol
1981Libération des ondes : radios en langues régionales ; le tahitien ajouté à la Loi Deixonne
1982Circulaire Savary sur les langues régionales
1992« La langue de la République est le français » inscrit dans la Constitution ; Charte européenne des langues régionales
1999La France signe la Charte européenne
2008« Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France » inscrit dans la Constitution

10. Espace pour les témoignages

À compléter : les mots de nos grands-parents

Cette partie est réservée aux souvenirs : la langue ou le patois que parlaient vos grands-parents ; les mots, les expressions, les proverbes, les chansons, les prières, les jurons que vous avez retenus ; les souvenirs d'école et du « symbole » ; la redécouverte de la langue dans les années 1970, un fest-noz, un concert, un livre ; les noms des lieux de votre village et leur signification. Les mots du patois des Hautes-Alpes ou d'ailleurs, avec leur traduction, sont les bienvenus, ainsi que les souvenirs liés à Frédéric Mistral, au Félibrige et à la langue provençale, par exemple lors d'un séjour ou d'un stage dans un village de Provence.

11. Pour aller plus loin

Références

– Université Laval, CEFAN : politique des langues régionales ou minoritaires en France

– Université Laval, CEFAN : la Loi Deixonne de 1951

– Wikipédia : Loi Deixonne

– Wikipédia : langues régionales ou minoritaires en France

– France 3 Corse : il y a 48 ans, la Loi Deixonne reconnaissait le corse

– Trésor breton : 1975, « Le Cheval d'orgueil »

– Wikipédia : Frédéric Mistral

– Wikipédia : Félibrige

Vidéos d'archives (INA)

– INA, l'Ouest en mémoire : Alan Stivell

Où trouver des photos

– Wikimedia Commons : fest-noz

– Wikimedia Commons : panneaux bilingues en France

– Wikimedia Commons : Alan Stivell

– Wikimedia Commons : Frédéric Mistral

Les photos de Wikimedia Commons sont en général réutilisables, à condition de citer l'auteur et la licence. Les photos d'agences et de l'INA ne peuvent pas être reprises sans autorisation. Les enregistrements de la voix de vos grands-parents parlant leur langue sont des trésors à conserver et à partager.

Note de méthode

Ce récit a été rédigé à partir de sources publiques (travaux de linguistes et d'historiens, encyclopédies, textes officiels), recoupées entre elles. La classification des parlers régionaux, notamment dans les Alpes, fait l'objet de débats entre spécialistes ; nous avons retenu les appellations les plus courantes. Seuls un slogan et deux phrases de la Constitution sont cités. Aucune parole de chanson n'est citée.

Vos souvenirs, vos précisions

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Page mise à jour le 04/10/2026