Mémoire Vivante des Trente Glorieuses / Années 70-80

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Arrivée du téléphone dans tous les foyers, premières télécartes, débuts de l'informatique domestique (MO5, TO7, Commodore 64, Amstrad,…) – Suite 01

Le Minitel et le 3615, le TO7 et le MO5 de Thomson, le Commodore 64, l'Amstrad, le Plan Informatique pour Tous de 1985 : quand l'ordinateur et les services en ligne sont entrés dans les familles françaises

01/10/2026

Version de travail — Cet article est une version de travail : il a vocation à s'enrichir de vos souvenirs, de vos photos et de vos précisions. Notre démarche participative

6. Le Minitel, l'Internet avant l'Internet

La télématique

En 1978, un rapport de Simon Nora et Alain Minc sur « l'informatisation de la société » invente le mot « télématique », pour désigner l'union des télécommunications et de l'informatique. Les télécommunications françaises, dirigées par Gérard Théry, imaginent un petit terminal, relié à la ligne téléphonique, qui permettrait à chacun de consulter des services à distance.

Les expériences de Vélizy et d'Ille-et-Vilaine

Après une expérience d'annuaire électronique à Saint-Malo en 1980, une expérience de services télématiques est menée en 1981 à Vélizy, près de Paris, avec 2 500 foyers. En 1983, en Ille-et-Vilaine, l'annuaire électronique est généralisé : 120 000 terminaux sont installés.

Le Minitel gratuit

À partir de 1984, les télécommunications distribuent gratuitement le Minitel aux abonnés du téléphone qui le demandent, en remplacement de l'annuaire papier. La même année est créé le « kiosque », avec le code 3615, qui permet à des sociétés privées de proposer des services payants, facturés directement sur la note de téléphone. Le nombre de services passe de 145 en janvier 1984 à environ 5 000 en 1987.

Les usages du Minitel

Avec son écran noir et blanc et son petit clavier, le Minitel permet de consulter l'annuaire (le 11), de réserver des billets de train, de consulter ses comptes bancaires, les horaires, la météo, les résultats du bac, de faire des achats par correspondance, de jouer, et de « chatter » sur des messageries, dont certaines, très lucratives, font scandale. Les factures de téléphone de certaines familles s'envolent. Le Minitel est une réussite française unique au monde, mais il retardera peut-être l'arrivée d'Internet en France. Il sera définitivement arrêté en 2012. (Le site consacre un récit à l'histoire de l'Internet, qui raconte aussi le Minitel.)

7. Les premiers ordinateurs familiaux

L'ordinateur entre dans la maison

Au début des années 1980, les micro-ordinateurs deviennent assez petits et assez bon marché pour entrer dans les familles. Ils se branchent souvent sur le téléviseur, utilisent des cassettes audio, puis des disquettes, pour enregistrer les programmes. On les achète pour « apprendre l'informatique », pour l'école, et souvent… pour jouer. (Le site consacre deux récits détaillés à l'histoire de l'informatique.)

Les machines françaises : Thomson TO7 et MO5

En France, la société Thomson lance en 1982 le TO7, avec son crayon optique qui permet de dessiner directement sur l'écran, puis en 1984 le MO5, plus simple et moins cher. D'autres machines françaises voient le jour, comme l'Exelvision ou l'Alice de Matra.

Les machines étrangères

Les Français achètent aussi des machines étrangères : le Commodore 64, lancé en 1982, l'un des ordinateurs les plus vendus de l'histoire ; l'Amstrad CPC 464, en 1984, vendu avec son écran et son lecteur de cassettes intégré, qui connaît en France un immense succès ; le ZX Spectrum de Sinclair ; l'Oric ; puis l'Atari ST, l'Amiga, et les Apple et IBM PC, plus chers, surtout dans les entreprises.

Programmer en BASIC

Beaucoup de jeunes, et d'adultes, apprennent à programmer en BASIC, un langage simple, en recopiant patiemment des programmes publiés dans les magazines, ligne après ligne. Une seule faute de frappe, et le programme ne fonctionne pas. Des revues, comme « Hebdogiciel », « Tilt » ou « SVM », accompagnent cette passion.

8. Le Plan Informatique pour Tous (1985)

Des ordinateurs dans toutes les écoles

Le 25 janvier 1985, le Premier ministre Laurent Fabius annonce le plan « Informatique pour tous » : plus de 120 000 ordinateurs, en grande majorité des Thomson TO7/70 et MO5, sont installés dans les écoles, les collèges et les lycées de France, organisés en petits réseaux, les « nanoréseaux », et des dizaines de milliers d'enseignants sont formés.

La tortue LOGO

Les élèves découvrent le langage LOGO, conçu pour les enfants, avec sa petite tortue que l'on fait avancer et tourner sur l'écran pour dessiner des figures géométriques. Pour beaucoup d'enfants des années 1980, c'est leur première rencontre avec l'informatique.

Un bilan discuté

Le Plan Informatique pour Tous est critiqué : machines rapidement dépassées, formation insuffisante des enseignants, logiciels peu nombreux, matériel resté parfois dans les placards. Mais il a fait découvrir l'informatique à toute une génération d'élèves et d'enseignants, et marqué la volonté de la France de ne pas rater cette révolution.

9. Ce que cette révolution a changé

Une société de la communication

En une quinzaine d'années, des années 1970 aux années 1980, la France est passée d'un pays où le téléphone était rare à un pays où chaque foyer avait sa ligne, son Minitel et, de plus en plus, son ordinateur. Les relations familiales et amicales ont changé : on se téléphone plus souvent, on garde le contact à distance, on n'écrit plus de lettres.

Les familles et les écrans

L'ordinateur familial a fait entrer dans les maisons une nouvelle manière de jouer, d'apprendre et de travailler. Il a aussi fait naître de nouvelles inégalités, entre ceux qui maîtrisaient ces outils et ceux qui en restaient éloignés, et de nouvelles inquiétudes des parents.

Ce que nous en gardons

Pour notre génération, ces années sont celles où l'on a fait installer le téléphone à la maison, souvent après une longue attente, où l'on a appelé ses parents depuis une cabine avec une télécarte, consulté l'annuaire sur le Minitel, et regardé, curieux ou inquiets, nos enfants taper des lignes de BASIC sur un TO7 ou un Amstrad. Ces premiers pas ont préparé le monde connecté d'aujourd'hui.

Voir aussi

– Histoire de l'informatique dans les années 70, 80 et 90 : les ordinateurs familiaux, machine par machine.

– Histoire de l'informatique : la grande histoire de l'ordinateur.

– Histoire de l'Internet : de Cyclades et du Minitel au Web.

– Télévision puis apparition du magnétoscope et des jeux vidéo : les consoles et les jeux des années 1980.

10. Chronologie

DateÉvénement
1955Sketch « Le 22 à Asnières » de Fernand Raynaud
1960Fondation de SOS Amitié
1963Téléphone S63
25 mars 1974Brevet de la carte à puce de Roland Moreno
1975Lancement du grand plan de développement du téléphone
1978Rapport Nora-Minc sur l'informatisation de la société
Fin des années 1970Achèvement de l'automatisation du téléphone
1980Expérience d'annuaire électronique à Saint-Malo
1981Expérience télématique de Vélizy
1982Thomson TO7 ; Commodore 64
1983Télécarte ; annuaire électronique en Ille-et-Vilaine
1984Distribution gratuite du Minitel ; kiosque 3615 ; Thomson MO5 ; Amstrad CPC 464
25 janvier 1985Plan Informatique pour Tous
25 octobre 1985Numérotation téléphonique à huit chiffres
1986Radiocom 2000 ; carte bancaire à puce expérimentée en Bretagne
1991Carte SIM
1996Numérotation à dix chiffres
2012Arrêt du Minitel

11. Espace pour les témoignages

À compléter : mes souvenirs de téléphone et d'informatique

Cette partie est réservée aux souvenirs : l'attente pour obtenir le téléphone, et le jour où il a été installé ; le téléphone de la poste, du café ou du voisin ; les demoiselles du téléphone ; la cabine du camping et les télécartes ; le passage aux huit chiffres ; le premier Minitel et le 3615 ; le premier ordinateur familial, le TO7, le MO5, l'Amstrad ou le Commodore ; la tortue LOGO à l'école ; les programmes recopiés dans les magazines. Photos, télécartes, Minitels et souvenirs sont les bienvenus.

12. Pour aller plus loin

Références

– Wikimonde : histoire du téléphone en France

– HistelFrance : le plan de numérotage en France

– France Mémoire : les 50 ans de la carte à puce, une invention française

– Encyclopédie Universalis : Roland Moreno et la carte à puce

– Cairn, revue Flux : Minitel, histoire du réseau télématique français

– Cronotripper : la « French touch » du jeu vidéo et le Plan Informatique pour Tous (en espagnol)

Vidéos d'archives (INA)

– INA : installation du Minitel à la maison

– INA : les 10 ans du Minitel

Où trouver des photos

– Wikimedia Commons : Minitel

– Wikimedia Commons : Thomson MO5

– Wikimedia Commons : télécarte

Les photos de Wikimedia Commons sont en général réutilisables, à condition de citer l'auteur et la licence. Les illustrations des télécartes et les logos des marques ne peuvent pas être reproduits sans autorisation. Vos photos d'anciens téléphones, Minitels et ordinateurs familiaux sont précieuses pour ce site.

Note de méthode

Ce récit a été rédigé à partir de sources publiques (encyclopédies, revues d'histoire des techniques, sites spécialisés), recoupées entre elles. Les chiffres de l'équipement téléphonique varient selon les sources ; nous donnons des ordres de grandeur. Il complète, sans les répéter, les récits du site sur l'informatique et l'Internet. Seul le titre d'un sketch est cité. Aucune parole de chanson n'est citée.

Vos souvenirs, vos précisions

Un souvenir, une photo, une précision ou une correction sur ce sujet ? Écrivez-moi : chaque message sera lu, et pourra, avec votre accord, enrichir cet article. Votre nom et votre adresse ne servent qu'à vous répondre ; ils ne sont ni publiés ni transmis.

Page mise à jour le 04/10/2026