Objets du quotidien (radio, vieux téléphones, appareils photo, vinyles, magazines, électroménager…)
Le transistor, le téléphone gris à cadran, l'Instamatic, le Teppaz, le 45 tours, le stylo Bic et le verre Duralex : les objets familiers qui racontent notre vie
01/10/2026
Version de travail — Cet article est une version de travail : il a vocation à s'enrichir de vos souvenirs, de vos photos et de vos précisions. Notre démarche participative
Introduction : les objets qui nous racontent
Pourquoi ce récit ?
Il suffit parfois d'un objet, aperçu sur une brocante ou retrouvé au fond d'un grenier, pour que toute une époque nous revienne : un transistor en cuir, un téléphone gris à cadran, un appareil photo Instamatic, un électrophone Teppaz en forme de valise, une pile de 45 tours, un verre Duralex de la cantine, un vieux numéro de Salut les Copains. Ces objets ordinaires, que nous avons tenus en main des milliers de fois sans y penser, sont devenus des témoins de notre jeunesse.
Ce récit propose une promenade parmi ces objets du quotidien des années 1950 à 1980 : leur histoire, leurs inventeurs, les marques, les gestes qu'ils nous imposaient, les souvenirs qu'ils évoquent. Il ne prétend pas être complet : chaque famille a ses objets fétiches. Il laisse de côté l'électroménager, raconté dans un récit à part, et ne fait qu'évoquer la radio, le téléphone, la télévision et les jouets, qui ont ou auront leurs propres thématiques sur ce site.
Il est présenté en deux pages : la première est consacrée aux objets du son et de l'image (radio, téléphone, appareil photo, caméra, électrophone, disques, cassettes) ; la seconde aux objets de la maison, de l'école et de la vie de tous les jours, aux magazines et aux catalogues, et à la seconde vie de ces objets chez les collectionneurs.
Quelques mots à connaître
– Transistor : un petit composant électronique inventé en 1947, qui a permis de fabriquer des postes de radio portables ; par extension, le nom du poste lui-même.
– Électrophone : un tourne-disque électrique, avec son haut-parleur intégré, souvent portable.
– Microsillon : un disque en vinyle aux sillons très fins ; on distingue le 33 tours, ou album, et le 45 tours, ou « single ».
– Cadran : la roue percée de trous des anciens téléphones, que l'on tournait avec le doigt pour composer un numéro.
– Pellicule : le film photographique, qu'il fallait faire développer chez le photographe.
– Vintage : un mot anglais, passé dans le langage courant, pour désigner les objets anciens, de qualité, recherchés par les collectionneurs.
1. Pourquoi les objets nous touchent
Des témoins de la vie ordinaire
Les grands événements laissent des traces dans les livres d'histoire ; la vie ordinaire laisse des objets. Une tasse, un cartable, un poste de radio portent la mémoire des gestes, des habitudes, des goûts d'une époque. Les historiens et les musées s'y intéressent de plus en plus : on parle de « culture matérielle ».
Des objets fabriqués pour durer
Beaucoup d'objets des années 1950 et 1960 étaient fabriqués pour durer : en métal, en bois, en bakélite, en verre épais. On les réparait chez le réparateur de radios, le cordonnier, le rémouleur. On les transmettait. C'est pourquoi tant d'entre eux ont survécu, et réapparaissent aujourd'hui dans les vide-greniers.
La nostalgie des objets
Le plaisir de retrouver un objet de son enfance tient à la fois au souvenir et à la sensation : le poids d'un combiné de téléphone, le bruit du cadran, le grésillement du diamant sur un disque, l'odeur d'un vieux magazine. (Le site consacre un récit entier à la nostalgie et à ses bienfaits.)
2. La radio et le transistor
Le poste de radio, au centre de la maison
Dans les années 1950, le poste de radio à lampes, en bois verni, avec son « œil magique » vert qui s'allumait pour indiquer le bon réglage, trône dans la salle à manger ou la cuisine. On écoute les informations, les feuilletons, les jeux, les chansons, les retransmissions sportives, en famille. (Le site consacrera une thématique aux radios TSF.)
La révolution du transistor
À la fin des années 1950, le transistor change tout. Les postes deviennent petits, légers, fonctionnent sur piles, et s'emportent partout : à la plage, au camping, à la ferme, dans la chambre des adolescents. Pour la première fois, les jeunes peuvent écouter leur musique, loin des parents. En 1959, sur Europe n° 1, l'émission « Salut les Copains » devient le rendez-vous de toute une génération, l'oreille collée au transistor. (Le site consacre un récit à « Salut les Copains ».)
Le transistor et l'Histoire
Le transistor joue aussi un rôle historique : en avril 1961, lors du putsch des généraux à Alger, les appelés écoutent sur leurs transistors l'appel du général de Gaulle et refusent de suivre les putschistes ; on parle de « la victoire des transistors ». En Mai 68, les manifestants suivent les événements en direct sur les radios périphériques. (Le site raconte ces épisodes dans les récits sur la guerre d'Algérie et sur Mai 68.)
3. Le téléphone à cadran
Un objet rare
Dans les années 1950 et 1960, le téléphone est encore un objet rare dans les foyers français : on téléphone de la poste, du café, ou chez un voisin qui a « le téléphone ». Obtenir une ligne peut demander des mois, voire des années d'attente. Les appels à longue distance passent souvent par des opératrices, les « demoiselles du téléphone ». (Le site consacrera une thématique à l'arrivée du téléphone dans tous les foyers.)
Le S63, le téléphone gris
En 1963, les PTT adoptent un nouveau modèle de téléphone, le S63, gris le plus souvent, avec son cadran rotatif, son combiné lourd, son fil en spirale, sa sonnerie stridente. Il équipera des millions de foyers pendant près de vingt ans, avant d'être remplacé par des modèles à touches. Il est souvent posé sur un petit meuble dans l'entrée, près de l'annuaire et du carnet d'adresses, parfois avec un écouteur supplémentaire pour qu'une deuxième personne puisse suivre la conversation.
Les rituels du téléphone
Téléphoner obéit à des règles : on n'appelle pas pendant les repas, on fait court parce que « ça coûte cher », on raccroche après « trois sonneries » pour signaler qu'on est bien arrivé sans payer la communication, on décroche en annonçant le nom de la famille. Les adolescents font des conversations interminables, le fil tendu jusque dans leur chambre.
4. L'appareil photo et la caméra de famille
Kodak et les photos de famille
Dans les années 1950, la photographie devient un loisir familial. Les petits appareils Kodak, Agfa ou Lumière, puis le Kodak Instamatic, lancé en 1963, avec sa cartouche de film qui se met en place sans difficulté, et son cube flash, permettent à chacun de photographier les fêtes, les vacances, les enfants. On fait développer la pellicule chez le photographe du quartier ou en pharmacie, et l'on attend une semaine les tirages, aux bords dentelés.
Les diapositives
Dans beaucoup de familles, on prend aussi des diapositives, que l'on projette le soir, sur un drap ou un écran, avec le projecteur, devant la famille réunie, parfois longuement, au retour des vacances. Les boîtes de diapositives sont aujourd'hui un trésor pour les familles.
Le Polaroid
En 1972, le Polaroid SX-70 permet d'obtenir une photo en couleur quelques minutes après le déclic, sans développement chez le photographe. C'est une petite magie, très prisée lors des fêtes.
La caméra Super 8
En 1965, la société Kodak lance le format Super 8, qui permet aux familles de filmer elles-mêmes, en couleur, avec une petite caméra facile à utiliser. Les films de vacances, de mariages, de communions, projetés sur le mur du salon dans le ronronnement du projecteur, sont aujourd'hui des documents précieux. (Le site consacre un récit aux archives sonores, aux films familiaux et aux photos, avec des conseils pour les conserver et les numériser.)
5. L'électrophone, les disques et la cassette
Teppaz, le roi de l'électrophone
En 1931, à Lyon, Marcel Teppaz fonde une entreprise de radio. En 1941, il remplace la manivelle des phonographes par un moteur électrique, et à partir de 1952, il lance des électrophones portables en forme de petite valise. Le modèle « Présence » se vend à 500 000 exemplaires dès 1955 ; puis vient l'« Oscar », vendu à des millions d'exemplaires dans le monde. À son apogée, l'usine de la Croix-Rousse emploie environ 600 personnes. Pour les jeunes des années 1960, le Teppaz est l'objet indispensable des surprises-parties. L'entreprise ferme en 1979.
Du 78 tours au microsillon
Les vieux disques 78 tours, en gomme-laque, lourds et fragiles, laissent la place dans les années 1950 aux microsillons en vinyle : le 33 tours, ou album, qui contient une vingtaine de minutes de musique par face, et le 45 tours, plus petit, avec une ou deux chansons par face, le « super 45 tours » en comptant quatre. Le 45 tours, bon marché, devient le disque des jeunes, acheté avec son argent de poche chez le disquaire, au rayon disques des grands magasins, ou par correspondance. On les range dans des valisettes, on les prête, on les raye.
Le mange-disques et la cassette
Le mange-disques, où l'on glissait le 45 tours dans une fente comme une lettre dans une boîte, amuse les plus jeunes à la fin des années 1960. En 1963, la société néerlandaise Philips lance la cassette audio, petite, solide, qui permet d'enregistrer soi-même : la musique de la radio, la voix des grands-parents, les compilations pour les amis. Le radiocassette, puis le Walkman, en 1979, en font l'objet de la jeunesse des années 1970 et 1980. (Le site raconte le Walkman dans le récit sur la mondialisation.)
Voir aussi
– Salut les Copains : l'émission et le magazine des yé-yé.
– Histoire de la télévision dans les années 50, 60, 70 et 80 : l'autre grand objet du salon.
– La Nostalgie : pourquoi les objets de l'enfance nous émeuvent tant.
– Archives sonores, films familiaux, photos : conserver, numériser et transmettre nos archives de famille.
À suivre
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Page mise à jour le 04/10/2026
