Mémoire Vivante des Trente Glorieuses / Années 70-80

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Premier homme sur la Lune

Le 21 juillet 1969, à 3 h 56 du matin, heure française, Neil Armstrong pose le pied sur la Lune : la nuit où toute une génération est restée devant la télévision

01/10/2026

Version de travail — Cet article est une version de travail : il a vocation à s'enrichir de vos souvenirs, de vos photos et de vos précisions. Notre démarche participative

Introduction : la nuit où nous avons veillé

Pourquoi ce récit ?

Beaucoup d'entre nous s'en souviennent comme si c'était hier. Dans la nuit du 20 au 21 juillet 1969, en pleines vacances d'été, des millions de familles françaises sont restées éveillées devant leur poste de télévision, souvent en noir et blanc, parfois chez des voisins ou au café, pour voir des images floues et fantomatiques : un homme en scaphandre blanc descendant lentement l'échelle d'un étrange engin, puis posant son pied sur le sol gris de la Lune. Il était 3 h 56 du matin à Paris. Les enfants que nous étions avaient obtenu, exceptionnellement, la permission de veiller, ou étaient réveillés par leurs parents pour « voir l'Histoire ».

Ce récit raconte cette aventure extraordinaire : le vieux rêve de la Lune, la course à l'espace entre les États-Unis et l'Union Soviétique, les années de préparation, les drames, puis la mission Apollo 11 et ses suites. Il évoque aussi la façon dont les Français ont vécu l'événement, et la place de la France dans la conquête spatiale.

Il est présenté en deux pages : la première va du rêve de la Lune à la course à l'espace et au tour de la Lune d'Apollo 8, à Noël 1968 ; la seconde raconte la mission Apollo 11, la nuit du 21 juillet 1969 en France, les missions suivantes, et l'héritage de cette aventure.

Quelques mots à connaître

– NASA : l'agence spatiale américaine, créée en 1958.

– Cosmonaute et astronaute : les voyageurs de l'espace, appelés cosmonautes en Union Soviétique et astronautes aux États-Unis.

– Satellite : un objet qui tourne autour de la Terre ; le premier satellite artificiel est Spoutnik, lancé en 1957.

– Orbite : la trajectoire d'un objet autour d'un astre.

– Module lunaire : l'engin qui se pose sur la Lune ; celui d'Apollo 11 s'appelle « Eagle » (l'Aigle).

– Module de commande : la capsule qui reste en orbite autour de la Lune, puis ramène l'équipage sur Terre ; celle d'Apollo 11 s'appelle « Columbia ».

– Saturn V : la gigantesque fusée américaine, haute de 110 mètres, qui a emporté les missions Apollo vers la Lune.

1. Le vieux rêve de la Lune

Des écrivains et des cinéastes

Depuis l'Antiquité, les hommes rêvent d'aller sur la Lune. En 1865, Jules Verne publie « De la Terre à la Lune », où des hommes sont envoyés vers la Lune par un canon géant tiré depuis la Floride, à quelques centaines de kilomètres de l'endroit d'où partira Apollo 11 ! En 1902, Georges Méliès tourne « Le Voyage dans la Lune », avec son image célèbre de la fusée plantée dans l'œil de la Lune.

Tintin, avant tout le monde

Pour notre génération, le premier voyage sur la Lune, c'est souvent celui de Tintin. Dans « Objectif Lune » (1953) et « On a marché sur la Lune » (1954), Hergé imagine, avec une précision étonnante, une fusée à damier rouge et blanc, des scaphandres, la vie en apesanteur, les pas sur le sol lunaire. Quinze ans avant Armstrong, Tintin, le capitaine Haddock et Milou ont marché sur la Lune. (Le site consacre un récit à la littérature pour la jeunesse.)

Les pionniers des fusées

Au début du XXe siècle, des savants, comme le Russe Constantin Tsiolkovski, l'Américain Robert Goddard, l'Allemand Hermann Oberth ou le Français Robert Esnault-Pelterie, posent les bases scientifiques des fusées. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'Allemagne nazie fabrique les premiers grands missiles, les V2, sous la direction de l'ingénieur Wernher von Braun. Après la guerre, celui-ci est emmené aux États-Unis, où il dirigera plus tard la construction de la fusée Saturn V.

2. La course à l'espace : l'avance soviétique

Spoutnik (4 octobre 1957)

Le 4 octobre 1957, l'Union Soviétique lance Spoutnik 1, une petite sphère de métal de 58 centimètres, munie de quatre antennes, qui tourne autour de la Terre en émettant un « bip-bip » capté par les radioamateurs du monde entier. C'est le premier satellite artificiel. Aux États-Unis, c'est un choc : en pleine Guerre Froide, l'adversaire soviétique semble avoir pris une avance technologique inquiétante. Un mois plus tard, la chienne Laïka devient le premier être vivant mis en orbite.

Gagarine (12 avril 1961)

Le 12 avril 1961, le Soviétique Youri Gagarine, 27 ans, devient le premier homme dans l'espace : à bord de Vostok 1, il fait le tour de la Terre en 108 minutes. Son sourire fait le tour du monde. Le 16 juin 1963, Valentina Terechkova devient la première femme dans l'espace. Le 18 mars 1965, Alexeï Leonov réalise la première sortie dans l'espace. À chaque fois, les Soviétiques ont une longueur d'avance.

Les premiers Américains

Les Américains répliquent avec le Programme Mercury. Le 5 mai 1961, Alan Shepard fait un vol de quinze minutes dans l'espace ; le 20 février 1962, John Glenn devient le premier Américain à faire le tour de la Terre en orbite. Mais l'écart avec les Soviétiques reste grand.

3. « Nous choisissons d'aller sur la Lune »

Le défi de Kennedy (25 mai 1961)

Le 25 mai 1961, quelques semaines après le vol de Gagarine, le président John Fitzgerald Kennedy fixe devant le Congrès américain un objectif fou : envoyer un homme sur la Lune et le ramener sain et sauf sur Terre avant la fin de la décennie. Le 12 septembre 1962, à l'Université Rice, à Houston, il explique, dans un discours resté célèbre, que l'Amérique choisit d'aller sur la Lune, non parce que c'est facile, mais parce que c'est difficile. (Le site consacre un récit à l'assassinat du président Kennedy, en novembre 1963.)

Un effort gigantesque

Le Programme Apollo mobilise, au plus fort de l'effort, environ 400 000 personnes : ingénieurs, techniciens, ouvriers, mathématiciennes chargées des calculs de trajectoires, couturières qui assemblent les scaphandres. Il coûte une fortune. Il faut tout inventer : la fusée géante Saturn V, la capsule, le module lunaire, les scaphandres, les ordinateurs de bord, les systèmes de communication à travers 384 000 kilomètres.

Gemini, l'apprentissage

De 1965 à 1966, le Programme Gemini, avec des capsules à deux places, permet aux Américains d'apprendre tout ce qui sera nécessaire pour aller sur la Lune : les longs séjours dans l'espace, les sorties extravéhiculaires, les rendez-vous et les amarrages entre deux engins en orbite. À la fin de Gemini, les Américains ont rattrapé leur retard.

« Nous choisissons d'aller sur la Lune au cours de cette décennie, et de faire d'autres choses encore, non pas parce que c'est facile, mais parce que c'est difficile. » — John F. Kennedy, Université Rice, Houston, 12 septembre 1962

4. Le drame et l'exploit

Le drame d'Apollo 1 (27 janvier 1967)

Le 27 janvier 1967, lors d'un essai au sol à Cap Kennedy, un incendie se déclare dans la capsule Apollo 1, remplie d'oxygène pur. Les trois astronautes, Virgil Grissom, Edward White et Roger Chaffee, meurent en quelques secondes. Le programme est arrêté pendant près de deux ans ; la capsule est entièrement revue. Quelques mois plus tard, le cosmonaute soviétique Vladimir Komarov meurt lui aussi, lors du retour de Soyouz 1.

Apollo 8 : Noël autour de la Lune (décembre 1968)

Le 21 décembre 1968, la mission Apollo 8 emporte Frank Borman, James Lovell et William Anders vers la Lune. Pour la première fois, des hommes quittent l'orbite terrestre, et le 24 décembre, ils se placent en orbite autour de la Lune. Ils sont les premiers à voir de leurs yeux la face cachée de la Lune, et la Terre se lever au-dessus de l'horizon lunaire : la photo « Earthrise » (« Lever de Terre »), prise par William Anders, montrant notre planète bleue et fragile au-dessus du sol gris de la Lune, deviendra l'une des images les plus célèbres du XXe siècle, et un symbole pour les écologistes. La nuit de Noël, l'équipage lit à la radio et à la télévision les premiers versets de la Genèse.

Les dernières répétitions

Au printemps 1969, Apollo 9 teste le module lunaire en orbite autour de la Terre, et Apollo 10 descend jusqu'à quinze kilomètres de la surface de la Lune, sans s'y poser. Tout est prêt.

Voir aussi

– L'assassinat du président John F. Kennedy : le président qui avait lancé le défi de la Lune.

– Le Mur de Berlin : la Guerre Froide, toile de fond de la course à l'espace.

– La littérature pour les enfants et la jeunesse : Tintin et les lectures de notre enfance.

À suivre

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Page mise à jour le 04/10/2026