Mémoire Vivante des Trente Glorieuses / Années 70-80

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La littérature pour les enfants et la jeunesse (années 1950 à 1980)

Du Journal de Mickey à Pif Gadget, de la Bibliothèque rose à Martine et au Club des Cinq : les magazines et les livres qui ont accompagné notre enfance

28/09/2026

Version de travail — Cet article est une version de travail : il a vocation à s'enrichir de vos souvenirs, de vos photos et de vos précisions. Notre démarche participative

Introduction : les lectures de notre enfance

Pourquoi ce récit ?

Pour notre génération, l'enfance est pleine de lectures : le journal de la semaine, attendu avec impatience chez le marchand de journaux ou dans la boîte aux lettres, « Le Journal de Mickey », « Spirou », « Tintin », « Pif Gadget » avec son gadget, « Pilote » et Astérix ; les livres de la Bibliothèque rose et de la Bibliothèque verte, avec leur couverture cartonnée et leur ruban, le Club des Cinq, Fantômette, les Six Compagnons ; les albums de Martine et du Père Castor ; les grands classiques de Jules Verne reçus en cadeau de prix à la fin de l'année scolaire. Ces lectures ont formé notre imagination, notre goût de l'aventure et notre langue.

Ce récit présente, en deux pages, la littérature pour les enfants et la jeunesse des années 1950 aux années 1980 : la première page est consacrée aux journaux et magazines ; la seconde aux livres (collections, séries, albums) et aux grandes bandes dessinées en albums.

Quelques mots à connaître

– Illustré : l'ancien nom des journaux pour enfants, remplis de dessins et de bandes dessinées.

– Bande dessinée (BD) : une histoire racontée en images successives, avec des bulles pour les paroles.

– Petit format : un petit journal de bande dessinée bon marché, vendu en kiosque, souvent d'aventures (Akim, Blek, Zembla).

– Collection : une série de livres publiés par un même éditeur sous une même présentation (Bibliothèque rose, Bibliothèque verte, Folio Junior…).

– Livre de prix : le livre offert aux meilleurs élèves lors de la distribution des prix de fin d'année, tradition très vivante jusqu'aux années 1960.

1. Le contexte : une jeunesse nombreuse et lectrice

Le baby-boom et l'école

Après la guerre, le baby-boom multiplie le nombre d'enfants. L'école devient obligatoire jusqu'à 16 ans en 1959, les collèges se développent, et la lecture est au cœur des apprentissages. Les parents, qui ont connu les privations, veulent offrir à leurs enfants des livres et des journaux.

La loi de 1949

La loi du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse crée une Commission de Surveillance et de Contrôle chargée de veiller à ce que les journaux pour enfants ne présentent pas « sous un jour favorable » le banditisme, le mensonge, la violence ou la débauche. Cette loi, qui visait en partie les bandes dessinées américaines, oblige les éditeurs à une grande prudence et influence fortement le contenu des journaux pour enfants pendant des décennies.

Les bibliothèques

Dans les années 1960 et 1970, les bibliothèques municipales, les bibliothèques pour enfants (comme la célèbre bibliothèque de « La Joie par les livres », ouverte à Clamart en 1965), les bibliobus des campagnes, les bibliothèques des MJC, des Centres Sociaux et des comités d'entreprise, puis les bibliothèques centres documentaires (BCD) des écoles à partir des années 1970, rendent les livres accessibles à tous les enfants.

2. Les grands journaux pour enfants

« Le Journal de Mickey » (1934, relancé en 1952)

Fondé le 21 octobre 1934 par Paul Winkler, « Le Journal de Mickey » est l'un des premiers grands illustrés modernes en France. Interrompu pendant la guerre, il reparaît en 1952 et connaît un immense succès : plus de 600 000 exemplaires à la fin des années 1950. On y retrouve Mickey, Donald, Picsou, Dingo, les Castors Juniors, et des jeux. « Picsou Magazine » est lancé en 1972. (Le site consacre un récit à Walt Disney.)

« Spirou » et « Tintin », les deux journaux belges

Deux grands journaux venus de Belgique dominent la bande dessinée franco-belge :

– « Spirou », créé en 1938 par l'éditeur Dupuis, avec le groom Spirou et son ami Fantasio (dessinés notamment par André Franquin), Lucky Luke (Morris), Gaston Lagaffe (1957), Les Schtroumpfs (Peyo, 1958), Boule et Bill (Roba, 1959), Buck Danny, Tif et Tondu ;

– « Tintin », créé en 1946 à Bruxelles, avec une édition française à partir de 1948, autour de Tintin d'Hergé, mais aussi de Blake et Mortimer d'Edgar P. Jacobs, d'Alix de Jacques Martin, de Ric Hochet, de Michel Vaillant (Jean Graton), d'Achille Talon.

« Vaillant », puis « Pif Gadget » (1945-1969)

Issu de la Résistance et proche du Parti Communiste, « Vaillant » est lancé en 1945. On y trouve Pif le chien (créé par José Cabrero Arnal), Placid et Muzo, Arthur le fantôme, Rahan, le fils des âges farouches (à partir de 1969). En février 1969, le journal devient « Pif Gadget » : chaque numéro est vendu avec un gadget (les célèbres pois sauteurs du Mexique, les « Pifises », les graines de haricot, le bateau à moteur…). Le succès est énorme : dans les années 1970, il se vend parfois à près d'un million d'exemplaires par semaine.

« Pilote » (1959) et Astérix

Le 29 octobre 1959 paraît le premier numéro de « Pilote », fondé notamment par René Goscinny, Albert Uderzo et Jean-Michel Charlier. Dès ce premier numéro apparaît un petit Gaulois appelé Astérix. On y trouve aussi Tanguy et Laverdure, Blueberry (Charlier et Giraud, 1963), Iznogoud, Valérian (1967), Achille Talon, Philémon, puis, dans les années 1970, les dessinateurs de la nouvelle génération (Gotlib, Bretécher, Fred, Mandryka). Le journal, qui s'adresse aux adolescents, contribue à faire de la bande dessinée un art reconnu.

Les journaux catholiques

Les mouvements d'Église publient leurs propres journaux, très lus dans les patronages et les familles : « Cœurs Vaillants » (1929) pour les garçons et « Âmes Vaillantes » (1937) pour les filles, qui deviendront « J2 Jeunes » et « J2 Magazine » dans les années 1960 ; « Fripounet et Marisette » (1945), pour les enfants des campagnes, lié aux mouvements ruraux ; « Bayard », « Record ». On y trouve les aventures de Tintin à ses débuts, et de nombreux récits édifiants.

Les journaux pour filles

Les petites filles lisent « La Semaine de Suzette » (1905-1960), avec la célèbre Bécassine, « Lisette », « Nade », puis, pour les adolescentes des années 1960, « Mademoiselle Âge tendre » (1964) et « Salut les Copains ». (Le site consacre des récits à « Salut les Copains » et à « Âge tendre et tête de bois ».)

La révolution Bayard Presse

À partir de la fin des années 1960, l'éditeur catholique Bayard Presse invente des magazines pensés pour chaque âge, avec des histoires, des jeux et des documentaires de qualité : « Pomme d'Api » (1966), pour les tout-petits ; « Okapi » (1971), pour les 10-15 ans ; « J'aime lire » (1977), avec Tom-Tom et Nana ; « Astrapi » (1978). Les éditions Milan suivent dans les années 1980 avec « Toboggan », « Wakou » ou « Wapiti ».

3. Les petits formats et les lectures d'adolescents

Les petits formats

Dans les années 1950 à 1970, les kiosques et les maisons de la presse vendent pour quelques centimes une foule de petits formats de bande dessinée, souvent traduits de l'italien : « Akim », le seigneur de la jungle, « Blek le Roc », le trappeur géant, « Kiwi », « Zembla », « Rodéo », « Tex », « Mustang », « Nevada ». Les parents et les éducateurs les jugent souvent de mauvaise qualité ; les enfants, eux, se les échangent à la récréation.

La science-fiction et les romans d'espionnage

Les adolescents lisent aussi les romans populaires de la collection « Marabout Junior », avec Bob Morane d'Henri Vernes (à partir de 1953), et, plus tard, la science-fiction et les romans policiers de poche.

29 octobre 1959 : dans le premier numéro de « Pilote », un petit Gaulois moustachu fait son apparition. Il s'appelle Astérix.

À suivre

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Page mise à jour le 04/10/2026