Sport : ascension du football, tour de France, sports populaires, démocratisation de la pratique sportive, tennis
Du Stade de Reims de Kopa et Fontaine à Platini, de Bobet et Anquetil à Hinault : comment le football et le Tour de France sont devenus les grandes passions sportives des Français
01/10/2026
Version de travail — Cet article est une version de travail : il a vocation à s'enrichir de vos souvenirs, de vos photos et de vos précisions. Notre démarche participative
Introduction : un pays qui se met au sport
Pourquoi ce récit ?
Dans la France de notre enfance, le sport se vit d'abord en spectateur : on écoute les matchs à la radio, on attend le passage du Tour de France au bord de la route, on lit « L'Équipe » ou le journal régional du lundi. Puis, au fil des années 1960, 1970 et 1980, le sport devient l'affaire de tous : l'État construit des stades, des gymnases et des piscines, les clubs se multiplient, les femmes s'y mettent, et chacun, enfant ou adulte, peut pratiquer le sport de son choix.
Le site raconte déjà l'épopée des Verts de Saint-Étienne et les Jeux Olympiques de Grenoble en 1968, ainsi que le Mondial de football de 1982 et les grandes dates sportives. Celui-ci prend du recul : il raconte comment le football et le Tour de France sont devenus les grandes passions des Français, quels étaient les sports populaires de notre jeunesse, comment la pratique sportive s'est ouverte au plus grand nombre, et comment le tennis, sport de privilégiés, est devenu un sport de masse.
Il est présenté en deux pages : la première raconte l'ascension du football et la grande fête du Tour de France ; la seconde raconte les sports populaires, la démocratisation de la pratique sportive et l'essor du tennis.
Quelques mots à connaître
– Licencié : une personne inscrite dans un club et dans une fédération sportive, qui possède une licence lui permettant de participer aux compétitions.
– Fédération : l'organisme qui dirige un sport au niveau national, par exemple la Fédération Française de Football (FFF).
– Footballeur professionnel : un joueur payé pour jouer, sous contrat avec un club.
– Maillot jaune : le maillot porté par le premier du classement général du Tour de France.
– Caravane publicitaire : le cortège de véhicules publicitaires qui précède les coureurs du Tour et distribue des cadeaux au public.
– Grand Chelem : au rugby, gagner tous ses matchs du Tournoi des Cinq Nations ; au tennis, l'un des quatre grands tournois de l'année, dont Roland-Garros.
1. L'ascension du football
Le grand Stade de Reims
Dans les années 1950, le club le plus célèbre de France est le Stade de Reims. Avec son jeu fait de passes courtes et de mouvement, il domine le championnat et dispute à deux reprises la finale de la toute nouvelle Coupe d'Europe des clubs champions, en 1956 à Paris et en 1959 à Stuttgart, perdues toutes deux face au Real Madrid. Ses vedettes s'appellent Raymond Kopa, fils de mineurs polonais du Nord, et Just Fontaine.
La Coupe du Monde 1958
En 1958, en Suède, l'équipe de France réussit une Coupe du Monde exceptionnelle et termine troisième. Just Fontaine y marque 13 buts, un record qui tient toujours pour une seule Coupe du Monde. La même année, Raymond Kopa, parti jouer au Real Madrid, reçoit le Ballon d'or, le trophée du meilleur joueur européen : c'est le premier Français à l'obtenir.
Des joueurs qui se battent pour leurs droits
À cette époque, le footballeur professionnel est lié à son club par un contrat qui court jusqu'à ses 35 ans : il ne peut pas partir sans l'accord de ses dirigeants. En 1961, les joueurs créent leur syndicat, l'Union Nationale des Footballeurs Professionnels (UNFP), dont Just Fontaine est le premier président. En 1963, Raymond Kopa dénonce publiquement dans la presse la condition des joueurs, qu'il compare à des esclaves, et il est sanctionné. En 1969, le « contrat à vie » est supprimé au profit de contrats d'une durée limitée, mais son application tarde. Le 3 décembre 1972, les footballeurs professionnels se mettent en grève : plusieurs matchs sont annulés ou joués par des amateurs. En août 1973, une Charte du football professionnel est signée : la France est le premier pays à se doter d'une véritable convention collective pour les footballeurs.
Le football des années 1960 et 1970
Après 1958, l'équipe de France connaît des années difficiles. Ce sont les clubs qui font vibrer le pays : le Stade de Reims, puis l'AS Saint-Étienne, qui domine le championnat dans les années 1960 et soulève les foules avec ses grandes soirées européennes du milieu des années 1970. La télévision joue un grand rôle : les matchs retransmis, puis l'émission « Téléfoot », lancée en 1977, font entrer le football dans tous les foyers. (Le site raconte l'épopée des Verts dans un récit complet.)
Le football féminin
Le football féminin existait déjà dans les années 1920, puis avait presque disparu. À la fin des années 1960, des équipes renaissent, notamment à Reims, et la Fédération Française de Football reconnaît officiellement le football féminin en 1970. Les joueuses doivent longtemps se battre contre les moqueries et le manque de moyens.
Platini et l'Euro 1984
Dans les années 1980, une nouvelle génération arrive au sommet, autour de Michel Platini, venu de Nancy et de Saint-Étienne, qui reçoit trois fois de suite le Ballon d'or, en 1983, 1984 et 1985. Après l'émotion de la Coupe du Monde de 1982, l'équipe de France remporte le 27 juin 1984, au Parc des Princes, le Championnat d'Europe des nations, son premier grand titre. Le football est devenu le premier sport de France, par le nombre de licenciés comme par la passion qu'il suscite.
2. Le Tour de France, grande fête populaire
Le Tour au bord de la route
Depuis 1903, le Tour de France traverse chaque été le pays. Pour des millions de Français, c'est un rendez-vous : on attend des heures au bord de la route, on pique-nique, on guette la caravane publicitaire, créée en 1930, qui distribue casquettes, bonbons et porte-clés, puis le peloton passe en quelques secondes. Le soir, on écoute le récit de l'étape à la radio ou on le regarde à la télévision.
Les grands champions des années 1950 et 1960
– Louison Bobet, le Breton, gagne trois Tours de suite, en 1953, 1954 et 1955 ;
– Jacques Anquetil, le Normand élégant, le maître du contre-la-montre, est le premier à gagner cinq Tours, en 1957, puis de 1961 à 1964 ;
– Raymond Poulidor, le Limousin, devient le coureur le plus populaire de France sans jamais porter le maillot jaune : il termine plusieurs fois deuxième ou troisième, et le public l'adore pour cela.
Le 12 juillet 1964, sur les pentes du Puy de Dôme, Anquetil et Poulidor montent côte à côte, épaule contre épaule, dans un duel resté légendaire : Poulidor le distance dans les derniers mètres, mais pas assez pour lui prendre le maillot jaune.
Des équipes nationales aux équipes de marques
Jusqu'en 1961, le Tour se court par équipes nationales et régionales. À partir de 1962, les coureurs courent pour des équipes de marques : apéritifs, électroménager, cycles, qui financent les équipes et font leur publicité. Les équipes nationales reviennent brièvement en 1967 et 1968, puis disparaissent. Le 13 juillet 1967, le coureur britannique Tom Simpson meurt dans l'ascension du Mont Ventoux : ce drame, lié au dopage, marque les esprits et accélère la lutte contre ce fléau.
Merckx, Thévenet, Hinault, Fignon
– le Belge Eddy Merckx, surnommé « le Cannibale », domine la fin des années 1960 et le début des années 1970 et gagne cinq Tours ;
– le Français Bernard Thévenet le bat en 1975, puis gagne à nouveau en 1977 ;
– le Breton Bernard Hinault, « le Blaireau », remporte cinq Tours entre 1978 et 1985 ;
– Laurent Fignon gagne en 1983 et 1984, puis perd le Tour 1989 pour 8 secondes seulement, le plus petit écart de l'histoire, face à l'Américain Greg LeMond.
Le Tour à la télévision
La télévision transforme le Tour : les premières images en direct datent de la fin des années 1940, et à partir de 1964 on peut suivre des étapes entières. Le Tour devient un spectacle que l'on regarde l'été, à l'heure de la sieste, avec ses paysages et ses commentateurs. En 1975, il arrive pour la première fois sur les Champs-Élysées, et le maillot à pois du meilleur grimpeur et le maillot blanc du meilleur jeune apparaissent. Un Tour de France féminin est organisé à partir de 1984.
Voir aussi
– L'épopée des Verts de Saint-Étienne : les grandes soirées européennes des années 1970.
– Les Jeux Olympiques de Grenoble 1968 : Jean-Claude Killy et les sports d'hiver.
– Mondial de football 1982, autres grandes dates sportives : la nuit de Séville et les grands moments du sport.
– Les vacances dans les années 50, 60, 70 et 80 : le Tour au bord de la route des vacances.
À suivre
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Page mise à jour le 04/10/2026
