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Mondial de football 1982, autres grandes dates sportives

Espagne, été 1982 : le « carré magique » de Platini, Giresse, Tigana et Genghini, le Koweït, puis la nuit de Séville, l'un des matchs les plus célèbres de l'histoire du football

01/10/2026

Version de travail — Cet article est une version de travail : il a vocation à s'enrichir de vos souvenirs, de vos photos et de vos précisions. Notre démarche participative

Introduction : une nuit qui a marqué un pays

Pourquoi ce récit ?

Il y a des matchs que l'on n'oublie pas. Ceux qui l'ont vécu se souviennent souvent de l'endroit où ils regardaient la demi-finale France – RFA, le 8 juillet 1982, à Séville. Ce soir-là, devant leur téléviseur, des millions de Français ont connu l'espoir, la colère, l'euphorie puis le chagrin. Cette défaite est restée plus célèbre que bien des victoires.

Le site raconte déjà l'ascension du football et du sport en France dans un récit général, ainsi que l'épopée des Verts de Saint-Étienne. Celui-ci est consacré à un événement précis : le Mondial 1982 en Espagne, puis aux autres grandes dates sportives qui ont rassemblé les Français, sur les stades, les routes et les océans, des années 1950 aux années 1980.

Il est présenté en deux pages : la première raconte le Mondial 1982 et la nuit de Séville ; la seconde raconte ce qui a suivi, l'Euro 1984 et le Mexique 1986, puis d'autres grands moments du sport qui ont marqué notre génération.

Quelques mots à connaître

– Mondial : le nom courant de la Coupe du Monde de football, organisée tous les quatre ans.

– RFA : la République Fédérale d'Allemagne, l'Allemagne de l'Ouest, avant la réunification de 1990.

– Prolongation : une demi-heure supplémentaire jouée quand deux équipes sont à égalité à la fin d'un match à élimination.

– Tirs au but : la série de penalties qui départage deux équipes encore à égalité après la prolongation.

– Sélectionneur : l'entraîneur de l'équipe nationale, qui choisit les joueurs.

– Petite finale : le match pour la troisième place, entre les deux équipes battues en demi-finale.

1. Avant le Mondial

Les années difficiles

Après la belle troisième place de 1958, en Suède, l'équipe de France traverse une longue période sans éclat : elle ne se qualifie que pour la Coupe du Monde de 1966, en Angleterre, où elle est éliminée dès le premier tour, puis manque celles de 1970 et de 1974.

Michel Hidalgo et le retour de l'équipe de France

En 1976, Michel Hidalgo devient sélectionneur. Il fait confiance à une génération de joueurs techniques, autour d'un jeune meneur de jeu de Nancy, Michel Platini. En 1978, la France retrouve la Coupe du Monde, en Argentine, mais elle est éliminée au premier tour. L'équipe progresse pourtant, et se qualifie pour le Mondial suivant, en Espagne, en 1982.

2. Le parcours en Espagne

Un départ manqué

Le Mondial 1982 est le premier à réunir 24 équipes. La France est placée dans un groupe avec l'Angleterre, le Koweït et la Tchécoslovaquie. Le premier match, à Bilbao, le 16 juin, commence mal : les Anglais marquent dès la première minute, et la France perd 3 à 1.

Le Koweït et l'incident du but annulé

Contre le Koweït, à Valladolid, la France s'impose 4 à 1. Le match reste dans les mémoires pour un incident étonnant : alors que la France vient de marquer un quatrième but, des joueurs koweïtiens s'arrêtent, croyant avoir entendu un coup de sifflet venu des tribunes. Un dirigeant koweïtien, le cheikh Fahd, descend sur la pelouse pour protester, et l'arbitre finit par annuler le but. Les Français marquent un autre but un peu plus tard. Après un match nul contre la Tchécoslovaquie, 1 à 1, la France se qualifie pour le second tour.

Le « carré magique »

Au second tour, à Madrid, la France bat l'Autriche, 1 à 0, grâce à un coup franc de Bernard Genghini, puis l'Irlande du Nord, 4 à 1. Son jeu enthousiasme : au milieu du terrain, quatre joueurs techniques et créatifs, Michel Platini, Alain Giresse, Jean Tigana et Bernard Genghini, forment ce que l'on appelle le « carré magique ». La France est en demi-finale pour la première fois depuis 1958.

3. La nuit de Séville (8 juillet 1982)

Le match

Le 8 juillet 1982, à 21 heures, au Stade Ramón-Sánchez-Pizjuán de Séville, la France affronte la RFA, championne d'Europe en titre. Les Allemands ouvrent la marque par Pierre Littbarski, à la 18e minute ; Michel Platini égalise sur penalty, à la 27e minute.

Schumacher et Battiston

À la 56e minute, le défenseur français Patrick Battiston, qui vient d'entrer en jeu, file seul vers le but. Le gardien allemand Harald Schumacher sort à sa rencontre et le percute violemment, en sautant, sans chercher le ballon. Battiston s'effondre, inconscient : il perd plusieurs dents et doit être évacué sur une civière, tandis que Platini lui tient la main. L'arbitre néerlandais, Charles Corver, ne siffle aucune faute. En France, devant les téléviseurs, c'est la stupeur et la colère.

Le 3 à 1, puis le cauchemar

Le score est de 1 à 1 à la fin du temps réglementaire. Au début de la prolongation, la France semble s'envoler : Marius Trésor marque d'une reprise de volée à la 93e minute, puis Alain Giresse, d'un tir qui frappe le poteau avant d'entrer, à la 99e minute. Son cri de joie, les bras levés, est l'une des images les plus célèbres du football français. La France mène 3 à 1. Mais les Allemands reviennent : Karl-Heinz Rummenigge, entré en jeu malgré une blessure, marque à la 103e minute, puis Klaus Fischer, d'un retourné acrobatique, égalise à la 108e minute : 3 à 3.

Les premiers tirs au but de l'histoire de la Coupe du Monde

Pour la première fois dans l'histoire de la Coupe du Monde, un match se décide aux tirs au but. Uli Stielike manque le sien pour la RFA, mais Didier Six, puis Maxime Bossis, voient leur tir arrêté par Schumacher. Horst Hrubesch marque le dernier tir : la RFA l'emporte 5 tirs au but à 4. Les Bleus quittent le terrain en larmes. Beaucoup de Français ne se couchent qu'au milieu de la nuit, sonnés.

Le pardon

Quelques jours plus tard, le 16 juillet 1982, Patrick Battiston et Harald Schumacher se retrouvent devant les caméras et se serrent la main. Battiston déclare :

Je ne lui en ai jamais voulu.

(Propos rapportés par l'INA.)

4. Après Séville

La petite finale et le sacre de l'Italie

Le 10 juillet, à Alicante, une équipe de France remaniée et fatiguée perd la petite finale contre la Pologne, 3 à 2, et termine quatrième. Le lendemain, à Madrid, l'Italie de Paolo Rossi devient championne du monde en battant la RFA, 3 à 1. Avec 16 buts, la France a pourtant possédé l'une des meilleures attaques du tournoi.

Un souvenir qui dure

La « nuit de Séville » est devenue un mythe. On l'évoque encore à chaque France-Allemagne. Pour beaucoup, elle a marqué la naissance d'une passion pour l'équipe de France, et le début d'une génération qui allait bientôt tout gagner en Europe.

Voir aussi

– Sport : ascension du football, tour de France, sports populaires, démocratisation de la pratique sportive, tennis : le football et le sport dans la société française.

– L'épopée des Verts de Saint-Étienne : le club où a joué Platini avant le Mondial.

À suivre

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Page mise à jour le 04/10/2026