Mémoire Vivante des Trente Glorieuses / Années 70-80

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Loisirs créatifs, jeux de société, jouets emblématiques (Meccano, Lego,…), passions radioamateur et citizen-band,…

Meccano, Dinky Toys, Jouef, Norev, Majorette, Lego, Playmobil, Barbie, Tressy, Action Joe, Corolle, Sophie la girafe : l'histoire des jouets qui ont rempli nos chambres d'enfants

01/10/2026

Version de travail — Cet article est une version de travail : il a vocation à s'enrichir de vos souvenirs, de vos photos et de vos précisions. Notre démarche participative

Introduction : l'histoire de nos jouets

Pourquoi ce récit ?

Qui n'a pas gardé au fond d'un placard ou d'un grenier une boîte de Meccano, quelques petites voitures aux peintures écaillées, une poupée ou un vieux Mille Bornes aux cartes usées ? Les jouets et les jeux de notre enfance sont parmi les souvenirs les plus vivants que nous ayons. Ils racontent aussi, mieux qu'un livre d'histoire, les transformations de la France des Trente Glorieuses : l'arrivée du plastique, la production en grande série, la publicité, la télévision, puis la mondialisation de l'industrie du jouet.

Le site évoque déjà les jeux et les jouets dans le récit sur l'enfance et la jeunesse, qui raconte comment nous vivions et jouions. Celui-ci s'intéresse aux objets eux-mêmes : d'où ils viennent, qui les a inventés, où on les fabriquait, et pourquoi certains sont devenus de véritables légendes.

Il est présenté en deux pages : la première raconte l'histoire des grands jouets (jeux de construction, petites voitures, trains, poupées et figurines) ; la seconde raconte celle des jeux de société, des loisirs créatifs, des grandes modes des cours de récréation et des passions techniques, et ce que tout cela dit de notre époque.

Quelques mots à connaître

– Jeu de construction : un jouet fait de pièces que l'on assemble pour construire des objets, comme le Meccano ou le Lego.

– Échelle : le rapport entre la taille d'un modèle réduit et celle de l'objet réel ; au 1/43, une voiture miniature est 43 fois plus petite que la vraie.

– Modèle réduit : la reproduction, en plus petit, d'une voiture, d'un train, d'un avion ou d'un bateau.

– Maquette : un modèle réduit vendu en pièces détachées, que l'on assemble et que l'on peint soi-même.

– Poupée mannequin : une poupée à silhouette d'adulte, avec une garde-robe de vêtements à la mode.

– Figurine articulée : un personnage dont on peut bouger les bras, les jambes et la tête.

– Licence : l'autorisation, payée à une entreprise, de fabriquer et de vendre un jouet qu'elle a créé.

1. Les jeux de construction

Le Meccano, l'ancêtre (1898-1901)

Le Meccano est né en Angleterre. En 1898, à Liverpool, un employé de bureau, Frank Hornby, imagine pour ses deux fils un jeu de petites bandes de métal percées de trous, que l'on assemble avec des vis et des écrous. Il dépose un brevet en 1901 sous le nom de « Mechanics Made Easy » (la mécanique rendue facile), puis crée la marque Meccano en 1907.

Meccano en France

La filiale française, Meccano France, s'installe en 1920 à Paris, dans le quartier de Belleville, puis dans une grande usine à Bobigny, en Seine-Saint-Denis. À partir de 1959, la production se déplace progressivement à Calais, dans le Pas-de-Calais, qui devient le grand centre de fabrication. Pendant des décennies, la boîte de Meccano, avec ses plaques rouges et vertes, ses roues, ses poulies et sa petite clé, est le cadeau rêvé de nombreux garçons : on y construit des grues, des camions, des ponts, et l'on apprend sans s'en rendre compte les principes de la mécanique. (Les boîtes étaient numérotées : on passait d'une boîte à la suivante grâce à des boîtes complémentaires.)

Le Lego, du bois au plastique

Le Lego vient du Danemark. Au début des années 1930, à Billund, un menuisier, Ole Kirk Christiansen, se met à fabriquer des jouets en bois pour faire vivre son atelier pendant la crise. En 1934, il choisit le nom Lego, tiré des mots danois « leg godt » (joue bien). Après la guerre, l'entreprise se lance dans les briques en plastique. La brique moderne, avec ses tenons sur le dessus et ses tubes à l'intérieur, qui lui permettent de tenir solidement, est brevetée le 28 janvier 1958 : elle est toujours compatible avec les briques fabriquées aujourd'hui. En 1960, un incendie détruit l'atelier de jouets en bois, et Lego se consacre entièrement au plastique. Le premier parc Legoland ouvre à Billund en 1968.

Les Playmobil (1974)

Les Playmobil viennent d'Allemagne. Leur créateur, Hans Beck, travaille pour l'entreprise Geobra Brandstätter, près de Nuremberg. Il imagine de petits personnages de 7,5 centimètres, au sourire simple, aux mains en forme de pince, qui tiennent dans la main d'un enfant. Ils sont présentés au Salon du jouet de Nuremberg en 1974, en pleine crise pétrolière, quand le prix du plastique s'envole : ces petites figurines demandent peu de matière. Les premières boîtes représentent des cow-boys, des Indiens, des chevaliers et des ouvriers de chantier. Le succès est immense, en Allemagne comme en France : des générations d'enfants construisent avec eux des villages, des fermes et des châteaux.

2. Petites voitures, trains électriques et maquettes

Les Dinky Toys

Les Dinky Toys sont des petites voitures en métal moulé, créées en 1934 par l'entreprise de Frank Hornby, celle du Meccano. Une série française est fabriquée dès 1934 à Bobigny, sous le nom de « Meccano Miniatures » puis de Dinky Toys. Dans les années 1950 et 1960, leur succès est considérable : l'usine de Bobigny en produit sept millions en 1951. Après les rachats successifs de Meccano, l'usine de Bobigny ferme en 1971, et la fabrication française s'arrête au début des années 1980.

Solido, Norev et Majorette

D'autres marques françaises se partagent le marché :

– Solido, fondée dans les années 1930, connue pour ses voitures en métal aux détails soignés ;

– Norev, créée à Lyon au lendemain de la guerre par trois frères, Joseph, Paul et Émile Véron : « Norev », c'est « Véron » écrit à l'envers. La marque commence par des voitures en plastique, dont une Simca Aronde en 1953, puis passe au métal. Au milieu des années 1970, l'usine de Villeurbanne produit plus de 100 000 petites voitures par jour ;

– Majorette, fondée à Lyon en 1961 par Émile Véron, qui a quitté Norev, et qui prend le nom de Majorette en 1967. Ses petites voitures d'environ 7,5 centimètres, bon marché, avec des portières qui s'ouvrent et des suspensions, deviennent les compagnes des cours de récréation. Dans les années 1980, Majorette devient le premier fabricant mondial de voitures miniatures, avec 400 000 voitures par jour, avant de transférer sa production en Thaïlande en 1986.

Les trains électriques

Le train électrique est l'un des grands rêves des enfants des années 1950 et 1960. Meccano fabrique les trains Hornby. Mais c'est une marque du Jura, Jouef, qui rend le train électrique accessible à beaucoup de familles. Créée en 1944 à Champagnole par Georges Huard, elle sort son premier coffret électrique à Noël 1954, le « Sud-Express », avec une locomotive BB 9003 et deux voitures de voyageurs. Jouef lance aussi en 1963 un circuit de voitures électriques, le Record 64, qui connaît un grand succès. Le réseau de train, installé sur une planche dans un grenier ou une chambre, avec ses gares, ses tunnels et ses aiguillages, est souvent l'affaire du père autant que du fils.

Les maquettes

À partir des années 1950 et 1960, les maquettes en plastique à assembler soi-même se répandent : avions, bateaux, voitures, chars. Il faut détacher les pièces de leur grappe, les coller, les peindre et poser les décalcomanies. La marque française Heller, fondée en 1957, en est le symbole, aux côtés de l'anglaise Airfix. En 1974, Jouef, Heller et Solido se retrouvent réunies dans un même groupe. Monter une maquette demande de la patience et de la minutie : pour beaucoup, ce fut la première passion de modéliste.

3. Poupées, figurines et jouets du premier âge

Les poupées de nos mères et de nos sœurs

Dans les années 1950 et 1960, les petites filles jouent avec des poupées et des poupons fabriqués en France par des marques comme Bella, installée à Perpignan, ou Petitcollin. On leur coud des vêtements, on les promène dans des landaus, on joue à la dînette. Ces jouets reflètent l'éducation de l'époque, qui prépare les filles au rôle de mère et de maîtresse de maison.

Barbie et Tressy

La poupée Barbie est créée aux États-Unis par Ruth Handler, cofondatrice de l'entreprise Mattel. Elle est présentée le 9 mars 1959 au Salon du jouet de New York. C'est une poupée mannequin, à silhouette de jeune femme, avec une garde-robe à la mode. Elle arrive dans les magasins français en 1963, et son ami Ken, créé en 1961, la suit. En France, elle a une rivale redoutable : Tressy, une poupée américaine fabriquée sous licence par Bella de 1966 à 1983. Sa particularité fascine les petites filles : en appuyant sur un bouton de son ventre, on fait pousser une longue mèche de cheveux, ce qui permet toutes sortes de coiffures. Bella lui crée une garde-robe inspirée de la mode française.

Les figurines articulées pour les garçons

Dans les années 1970, les garçons ont aussi leurs « poupées », qu'on se garde bien d'appeler ainsi : les figurines articulées. Action Joe, version française de l'américain G.I. Joe, est lancé en 1975 par l'entreprise jurassienne Céji, sous licence Hasbro ; la gamme devient « Group Action Joe » en 1976, avec des aventuriers, des plongeurs et des astronautes, et sa fabrication s'arrête en 1981. Son grand rival est Big Jim, de Mattel, le sportif musclé. À la fin des années 1970, les jouets tirés des dessins animés et des films se multiplient, comme les robots de Goldorak ou les figurines de La Guerre des étoiles.

Corolle (1979)

En 1979, en Touraine, à Langeais, Jacques et Catherine Réfabert créent la marque Corolle, dont le nom vient de celui de leur fille, Carole. Leurs poupées et poupons au visage doux, aux vêtements dessinés « à la française » et au fameux parfum de vanille, connaissent un grand succès dès le début des années 1980, comme le poupon Bébé Chéri lancé en 1980.

Sophie la girafe (1961)

Il est des jouets qui accompagnent les tout-petits de génération en génération. Sophie la girafe est née le 25 mai 1961, à Rumilly, en Haute-Savoie, dans les ateliers de l'entreprise Vulli. Elle est en caoutchouc naturel, tiré de la sève de l'hévéa, et peinte avec des peintures alimentaires. Le bébé peut la mordiller lorsque ses dents percent : elle se diffuse dans toute l'Europe par le seul bouche-à-oreille des parents, et la vingt millionième girafe est fabriquée en 2007.

Voir aussi

– Enfance, préadolescence et adolescence dans les années 50, 60, 70 et 80 : comment nous jouions, les catalogues de Noël et les jeux de cour.

– Objets du quotidien : le plastique et les objets qui ont changé la maison.

– Les Hypermarchés des années 1960 à 1980 : les rayons de jouets à l'approche de Noël.

À suivre

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Page mise à jour le 04/10/2026