Décolonisation, Guerre d'Algérie, Indochine, retour des soldats – Suite 01
Vingt ans dans le djebel, la fin de la guerre, le retour au pays et le long silence, jusqu'à la reconnaissance tardive de la « guerre sans nom »
01/10/2026
Version de travail — Cet article est une version de travail : il a vocation à s'enrichir de vos souvenirs, de vos photos et de vos précisions. Notre démarche participative
6. Avoir vingt ans en Algérie
Le voyage
Pour un jeune appelé de métropole, l'aventure commence souvent par un long voyage en train jusqu'à Marseille, puis une traversée en bateau, sur des paquebots ou des transports de troupes, entassés dans les cales, souvent malades. Beaucoup n'avaient jamais quitté leur département ; certains découvrent la mer pour la première fois. Ils arrivent à Alger, à Oran, à Bône ou à Philippeville, dans un pays dont ils ne savent presque rien, sous un soleil écrasant ou, l'hiver, dans le froid des montagnes.
Le quadrillage
L'armée applique une stratégie de quadrillage : le territoire est découpé en secteurs, et des milliers de postes sont installés dans les villages, sur les crêtes, le long des routes. Beaucoup d'appelés passent des mois dans ces postes isolés, entourés de barbelés, à monter la garde la nuit, à ouvrir les routes le matin, à escorter des convois, à fouiller des mechtas (des hameaux). L'ennui, la peur de l'embuscade, la chaleur, la poussière, l'alcool parfois, rythment les journées.
Les grandes opérations
D'autres sont engagés dans les opérations, dans le djebel (la montagne), à la poursuite des combattants de l'ALN, notamment pendant le Plan Challe, de février 1959 à mars 1960, qui porte des coups très durs à l'ALN. Le long des frontières de la Tunisie et du Maroc, des barrages électrifiés, comme la ligne Morice, construite à partir de 1957, empêchent les armes et les combattants de passer.
Les SAS, les écoles, les soins
Certains appelés, enfin, servent dans des missions d'administration, d'enseignement et de soins : les Sections Administratives Spécialisées (SAS), créées en 1955, dirigées par des officiers, construisent des écoles, distribuent des médicaments, organisent des marchés. Des appelés y deviennent instituteurs, infirmiers ou bâtisseurs. Ce visage de la présence française, sincère pour beaucoup, coexiste avec la violence de la guerre.
Les lettres, les colis et la quille
Le lien avec la famille passe par les lettres, attendues avec impatience, et par les colis de saucisson, de chocolat et de tricots. Des jeunes filles de métropole deviennent « marraines de guerre » et écrivent à des soldats qu'elles ne connaissent pas. On écoute la radio sur les transistors, qui se répandent dans ces années-là, on prend des photos avec de petits appareils, on compte les jours. Chaque appelé tient son calendrier, et attend la « quille », le jour de la libération, parfois symbolisée par une petite quille de bois décorée.
« L'Algérie, c'est la France. » — François Mitterrand, ministre de l'Intérieur, à l'Assemblée Nationale, novembre 1954
7. Les années les plus sombres (1957-1961)
La bataille d'Alger (1957)
De janvier à septembre 1957, à Alger, les parachutistes de la 10e Division Parachutiste du général Jacques Massu reçoivent les pouvoirs de police pour démanteler les réseaux du FLN, qui multiplie les attentats à la bombe contre des civils. Ils y parviennent, mais au prix d'arrestations massives, de disparitions (plus de 3 000 personnes, selon les estimations les plus citées) et d'un usage systématique de la torture.
La torture dévoilée
La torture devient un grand débat national. Le journaliste Henri Alleg, arrêté et torturé en 1957, raconte ce qu'il a subi dans « La Question », publié en 1958 et aussitôt saisi. Le jeune mathématicien Maurice Audin disparaît en juin 1957 après son arrestation ; en 2018, le président de la République reconnaîtra qu'il est mort sous la torture du fait d'un système légalement institué. Des officiers, comme le général Jacques Pâris de Bollardière, refusent ces méthodes. Des appelés en sont témoins, parfois acteurs ; certains écrivent à leur famille, d'autres se taisent pour toujours.
Mai 1958 et le retour de De Gaulle
La guerre fait tomber la IVe République. Le 13 mai 1958, à Alger, des partisans de l'Algérie française et des militaires prennent le pouvoir et appellent de Gaulle. Revenu au pouvoir, celui-ci conduit, pas à pas, la France vers l'autodétermination de l'Algérie, annoncée le 16 septembre 1959. (Le site raconte ce parcours dans le récit consacré à Charles de Gaulle.)
Le putsch des généraux et la « victoire des transistors » (avril 1961)
Le 21 avril 1961, quatre généraux, Challe, Jouhaud, Zeller et Salan, tentent un coup de force à Alger contre la politique du général de Gaulle. Le 23 avril au soir, de Gaulle apparaît à la télévision et à la radio, en uniforme, et ordonne à tous les Français, et d'abord aux soldats, de barrer la route aux putschistes par tous les moyens. Dans les casernes et les postes, les appelés l'écoutent sur leurs transistors : la plupart refusent de suivre les officiers rebelles. Le putsch échoue en quatre jours. On parlera de la « victoire des transistors ».
En métropole aussi
La guerre frappe aussi la métropole : attentats du FLN contre des policiers, attentats de l'Organisation de l'Armée Secrète (OAS), créée en 1961 pour s'opposer à l'indépendance. Le 17 octobre 1961, à Paris, une manifestation pacifique d'Algériens contre le couvre-feu qui leur est imposé est très violemment réprimée par la police ; des dizaines de manifestants sont tués, certains jetés dans la Seine. Le 8 février 1962, une manifestation contre l'OAS fait neuf morts au Métro Charonne.
8. Le cessez-le-feu et le retour
Le 19 mars 1962
Les Accords d'Évian, signés le 18 mars 1962, prévoient un cessez-le-feu le 19 mars 1962 à midi. L'Algérie devient indépendante le 5 juillet 1962. (Les Accords d'Évian, les indépendances de l'Afrique, l'arrivée des pieds-noirs et le drame des harkis font l'objet d'une thématique à part entière sur le site.)
Une guerre qui ne s'arrête pas d'un coup
Pour les soldats, le 19 mars ne marque pas la fin des dangers : l'OAS multiplie les attentats, des enlèvements ont lieu, notamment à Oran le 5 juillet 1962, et des milliers de harkis, désarmés, sont abandonnés et massacrés. L'armée française reste en Algérie jusqu'en 1964, et quelques bases jusqu'en 1967 (Mers el-Kébir et les sites d'essais nucléaires du Sahara).
Le bilan
Côté français, la guerre a fait environ 25 000 morts parmi les militaires, dont de nombreux appelés, et 65 000 blessés. Les pertes algériennes sont beaucoup plus lourdes, et leur nombre fait encore débat : environ 300 000 à 460 000 morts selon les estimations des historiens français, 1,5 million selon les autorités algériennes. Des milliers de civils européens ont aussi été tués ou ont disparu.
Le retour au pays
Les appelés rentrent un par un, ou par classes entières, à la gare de leur ville, souvent sans cérémonie, sans fanfare, sans monument. Ils retrouvent un pays en pleine croissance, qui pense aux voitures, à la télévision, aux vacances, aux yé-yé, et qui n'a guère envie d'entendre parler de l'Algérie. Ils reprennent leur travail, se marient, ont des enfants. Beaucoup gardent pour eux ce qu'ils ont vu et vécu : la peur, les camarades tués, les violences subies ou commises, la beauté aussi des paysages et des rencontres.
Le grand silence
Pendant des décennies, la plupart des anciens d'Algérie se taisent, même devant leurs enfants. L'historien Benjamin Stora a décrit ce refoulement dans « La Gangrène et l'Oubli », en 1991. Certains souffrent de cauchemars, de troubles qu'on appellera bien plus tard le « stress post-traumatique ». Ce n'est souvent qu'à la retraite, ou devant leurs petits-enfants, qu'ils commencent à raconter.
« Un quarteron de généraux en retraite. » — Charles de Gaulle, allocution radiotélévisée du 23 avril 1961
9. La reconnaissance, si tardive
La FNACA et les associations
En 1958 est créée la Fédération Nationale des Anciens d'Algérie, devenue la FNACA (Fédération Nationale des Anciens Combattants en Algérie, Maroc et Tunisie), qui rassemble des centaines de milliers d'adhérents et se bat pour leurs droits. D'autres associations, comme l'Union Nationale des Combattants (UNC), regroupent aussi des anciens d'Indochine et d'Algérie.
La carte du combattant (1974)
Il faut attendre la loi du 9 décembre 1974 pour que les anciens d'Afrique du Nord puissent obtenir la carte du combattant, comme leurs pères de 1914-1918 et de 1939-1945.
Le mot « guerre » enfin prononcé (1999)
La loi du 18 octobre 1999 remplace officiellement l'expression « opérations effectuées en Afrique du Nord » par les mots « guerre d'Algérie ou combats en Tunisie et au Maroc ». Trente-sept ans après le cessez-le-feu, la France reconnaît qu'il s'agissait bien d'une guerre.
Les monuments et les journées nationales
– Le Mémorial National de la Guerre d'Algérie et des Combats du Maroc et de la Tunisie, quai Branly, à Paris, est inauguré le 5 décembre 2002 ; les noms des morts y défilent sur des colonnes lumineuses.
– Le 5 décembre devient, en 2003, la journée nationale d'hommage aux morts pour la France pendant la guerre d'Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie.
– Le 25 septembre est, depuis 2003, la journée nationale d'hommage aux harkis.
– Le 19 mars est reconnu par la loi du 6 décembre 2012 comme journée nationale du souvenir à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc ; cette date reste contestée par une partie des rapatriés et des harkis, pour qui les violences ont continué après le 19 mars.
– Pour l'Indochine, le 8 juin est, depuis un décret du 26 mai 2005, la journée nationale d'hommage aux morts pour la France en Indochine ; cette date rappelle le transfert, le 8 juin 1980, du Soldat Inconnu d'Indochine à la Nécropole Nationale de Notre-Dame-de-Lorette.
Dans nos villages
Dans beaucoup de communes, une plaque a été ajoutée au monument aux morts, sous les noms de 1914-1918 et de 1939-1945 : quelques noms « morts en Indochine » ou « morts en Afrique du Nord ». Une rue du 19-Mars-1962 ou une place des Anciens d'Afrique du Nord rappellent aussi ces années. Le comité local de la FNACA ou de l'UNC, avec son drapeau, est présent à chaque cérémonie, même si ses rangs se clairsèment aujourd'hui.
10. La mémoire dans les films, les livres et les chansons
Au cinéma
Pendant la guerre, la censure veille : « Le Petit Soldat », de Jean-Luc Godard, tourné en 1960, n'est autorisé qu'en 1963. Mais l'Algérie est présente en filigrane dans des films populaires : dans « Les Parapluies de Cherbourg », de Jacques Demy (1964), Guy part pour deux ans en Algérie, et la vie de Geneviève bascule pendant son absence. Il faut attendre les années 1970 pour que des films abordent la guerre de face : « Avoir vingt ans dans les Aurès », de René Vautier (1972), « R.A.S. », d'Yves Boisset (1973). En 1992, le documentaire « La Guerre sans nom », de Bertrand Tavernier et Patrick Rotman, donne enfin longuement la parole à des appelés de Grenoble. Plus tard viendront « L'Ennemi intime » (2007) et bien d'autres.
Pour l'Indochine, Pierre Schoendoerffer, ancien caméraman de l'armée, fait prisonnier à Diên Biên Phu, réalise « La 317e Section » (1965) et « Diên Biên Phu » (1992).
Dans les livres
Des centaines d'anciens appelés ont publié leurs souvenirs, souvent à compte d'auteur, à l'âge de la retraite. Parmi les romans, « Des hommes », de Laurent Mauvignier (2009), raconte le poids du silence d'un ancien d'Algérie dans un village de France.
À la télévision
Pendant la guerre, la télévision d'État montre surtout une armée qui « pacifie ». Il faudra des décennies pour que de grands documentaires, puis des collectes de témoignages, comme celles de l'INA, donnent la parole aux anciens soldats, aux harkis, aux pieds-noirs et aux Algériens.
Voir aussi
– Accords d'Évian, indépendances : les négociations d'Évian, les indépendances africaines, l'exode des pieds-noirs et le drame des harkis.
– Mai 68 sous toutes ses facettes : une génération qui, quelques années après l'Algérie, prend la parole.
11. Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| 8 mai 1945 | Émeutes et répression de Sétif et Guelma, en Algérie |
| 2 septembre 1945 | Hô Chi Minh proclame l'indépendance du Viêt-nam |
| 6 mars 1946 | Accord reconnaissant le Viêt-nam comme « État libre » dans l'Union Française |
| Novembre 1946 | Incident et bombardement de Haïphong |
| 19 décembre 1946 | Attaque du Viêt-minh à Hanoï : début de la guerre d'Indochine |
| 1947 | Insurrection de Madagascar |
| 1949 | Victoire des communistes en Chine |
| Octobre 1950 | Désastre de la Route Coloniale 4 |
| Décembre 1950 | Le général de Lattre en Indochine |
| Janvier 1952 | Mort du général de Lattre |
| 13 mars - 7 mai 1954 | Bataille de Diên Biên Phu |
| 18 juin 1954 | Pierre Mendès France président du Conseil |
| 20-21 juillet 1954 | Accords de Genève : le Viêt-nam coupé au 17e parallèle |
| 1er novembre 1954 | Toussaint rouge : début de la guerre d'Algérie |
| Août 1955 | Massacres et répression dans le Constantinois |
| 11 septembre 1955 | Manifestation de rappelés à la Gare de Lyon |
| 6 février 1956 | Guy Mollet accueilli par des tomates à Alger |
| 12-16 mars 1956 | Pouvoirs spéciaux ; envoi du contingent en Algérie |
| Janvier - septembre 1957 | Bataille d'Alger |
| 1958 | « La Question » d'Henri Alleg ; création de la FNACA |
| 13 mai 1958 | Crise d'Alger ; retour du général de Gaulle |
| 16 septembre 1959 | De Gaulle annonce l'autodétermination |
| 1959 - 1960 | Plan Challe |
| 21 - 25 avril 1961 | Putsch des généraux à Alger |
| 17 octobre 1961 | Répression de la manifestation des Algériens à Paris |
| 8 février 1962 | Neuf morts au Métro Charonne |
| 18 - 19 mars 1962 | Accords d'Évian et cessez-le-feu |
| 5 juillet 1962 | Indépendance de l'Algérie |
| 9 décembre 1974 | Carte du combattant pour les anciens d'Afrique du Nord |
| 8 juin 1980 | Le Soldat Inconnu d'Indochine à Notre-Dame-de-Lorette |
| 1992 | Documentaire « La Guerre sans nom » |
| 1993 | Inauguration du Mémorial des Guerres en Indochine à Fréjus |
| 18 octobre 1999 | La loi reconnaît la « guerre d'Algérie » |
| 5 décembre 2002 | Inauguration du Mémorial du quai Branly |
| 2003 | Journées nationales du 5 décembre et du 25 septembre |
| 2005 | Journée nationale du 8 juin pour l'Indochine |
| 6 décembre 2012 | Loi sur la journée du 19 mars |
12. Espace pour les témoignages
À compléter : mes souvenirs des guerres d'Indochine et d'Algérie
Cette partie est réservée aux souvenirs : un père, un oncle, un frère ou un voisin parti en Indochine ou en Algérie ; le départ à la gare, les lettres et les colis, les photos rapportées ; le retour de la « quille » ; ce qu'il racontait, ou ce qu'il ne racontait pas ; les nouvelles de Diên Biên Phu, du putsch ou du cessez-le-feu entendues à la radio ; l'arrivée de familles de rapatriés ou de harkis dans votre quartier ou votre village ; les cérémonies au monument aux morts et le drapeau du comité local d'anciens combattants. Photos, lettres conservées et souvenirs sont les bienvenus, dans le respect de toutes les mémoires.
13. Pour aller plus loin
Références
– Ministère des Armées, Chemins de mémoire : combattre en Algérie, combattre en métropole
– Ministère des Armées, Chemins de mémoire : 8 juin, hommage aux morts pour la France en Indochine
– Ministère des Armées, Chemins de mémoire : 70e anniversaire de la fin de la guerre d'Indochine
– Chemins de mémoire : 18 octobre 1999, reconnaître la guerre d'Algérie
– Encyclopédie d'Histoire Numérique de l'Europe : acteurs et mémoires de la guerre d'Algérie
– Histoire coloniale et postcoloniale : « Ils ont dit non à la guerre sans nom », par Tramor Quemeneur
– Larousse : la guerre d'Indochine
– Hérodote : la guerre d'Indochine (1946-1954)
– Wikipédia : guerre d'Algérie
– Wikipédia : appelé du contingent lors de la guerre d'Algérie
Vidéos d'archives (INA)
– Jalons : la chute de Diên Biên Phu
– Indépendances : dernière liaison téléphonique entre les généraux de Castries et Cogny
– Indépendances : Magazine des Armées, renforts pour l'Algérie
– Indépendances : de l'image des soldats aux images de soldats
– INA : Diên Biên Phu, dernière bataille de l'Indochine française
– INA : les archives de la guerre d'Algérie
– La Revue des Médias (INA) : 60 ans de guerre d'Algérie à la télévision
Où trouver des photos
– ECPAD : la fin du conflit indochinois (images de l'armée)
– Wikimedia Commons : guerre d'Algérie
– Wikimedia Commons : bataille de Diên Biên Phu
Les photos de l'ECPAD (les archives d'images de l'armée) et de l'INA ne peuvent pas être reprises sans autorisation. Celles de Wikimedia Commons sont en général réutilisables, à condition de citer l'auteur et la licence. Les photos personnelles prises par les appelés eux-mêmes, souvent avec de petits appareils achetés pour le départ, sont les plus précieuses pour ce site.
Note de méthode
Ce récit a été rédigé à partir de sources publiques (Ministère des Armées, encyclopédies, travaux d'historiens, archives de l'INA), recoupées entre elles. Les chiffres des pertes sont ceux des sources officielles françaises et des historiens ; pour les pertes algériennes et vietnamiennes, ils sont très discutés, et nous indiquons les fourchettes. Seules de très courtes formules historiques sont citées. Aucune parole de chanson n'est citée. Ce récit s'arrête volontairement au point de vue des soldats et de leurs familles ; les Accords d'Évian, les indépendances, les rapatriés et les harkis font l'objet de la thématique suivante, « Accords d'Évian, indépendances ».
Vos souvenirs, vos précisions
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Page mise à jour le 04/10/2026
