Mémoire Vivante des Trente Glorieuses / Années 70-80

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Engagés associatifs, militants anonymes et « héros du quotidien » dans les années 50, 60, 70 et 80 – Suite 01

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6. Les militants anonymes : portraits types des « héros du quotidien »

(Les portraits ci-dessous ne décrivent pas des personnes réelles. Ce sont des portraits types, construits à partir des réalités de l'époque, pour donner un visage à des millions d'engagements anonymes. Ils ont vocation à être remplacés, ou complétés, par de vrais témoignages.)

La présidente du club et le trésorier du comité des fêtes

Elle est secrétaire dans une petite entreprise ; il est facteur ou agriculteur. Tous les soirs de la semaine, ou presque, ils sont à une réunion : bureau du club de basket, préparation de la fête du village, organisation du loto, de la kermesse, du voyage des anciens. Ils tiennent les comptes au centime près, dans un cahier d'écolier, remplissent les demandes de subvention, négocient avec la mairie, montent les tréteaux, servent à la buvette. Ils font vivre, sans le dire, toute la vie sociale d'une commune.

L'instituteur du village

Il enseigne dans la classe unique, il est secrétaire de mairie, il anime la bibliothèque, la coopérative scolaire, l'amicale laïque, le ciné-club itinérant, la société de gymnastique ; il organise la sortie de fin d'année et le voyage des élèves. Il conseille les familles pour les bourses et les papiers. Il est souvent le premier à pousser les enfants doués vers les études.

Le moniteur et la monitrice de colonie

Ils ont 17 ou 18 ans, sont étudiants, jeunes enseignants, jeunes ouvriers. Ils passent leurs étés à encadrer des enfants, pour une indemnité symbolique. Ils inventent des grands jeux, apprennent des chants, veillent les nuits de fièvre et de mal du pays. Beaucoup d'animateurs, d'enseignants, d'éducateurs et d'élus ont commencé ainsi.

L'animatrice de la MJC et du centre social

Au début des années 1960, elle est bénévole ; dans les années 1970, elle devient animatrice salariée, grâce à un poste FONJEP. Elle ouvre le centre le mercredi, accueille les enfants, organise l'aide aux devoirs, la halte-garderie, l'atelier couture, les sorties familiales. Elle connaît toutes les familles du quartier, leurs difficultés, leurs talents. Elle se bat pour obtenir des locaux, des crédits, un poste de plus.

La bénévole de l'alphabétisation

Institutrice à la retraite, religieuse ou militante syndicale, elle donne deux soirs par semaine des cours d'alphabétisation à des travailleurs immigrés, dans une salle paroissiale, un foyer ou un centre social. Elle apprend à lire et à écrire à des hommes venus du Maghreb, du Portugal, d'Afrique, et à leurs épouses. Elle les aide à remplir leurs papiers, à écrire à leur famille.

Le président de l'amicale de locataires

Ouvrier dans une usine voisine, il a emménagé dans le grand ensemble en 1962. Il se bat pour obtenir la réparation de l'ascenseur, contester les charges, obtenir une aire de jeux, un arrêt de bus, un local commun. Il organise la fête des locataires. Il a appris à négocier avec l'office HLM, la mairie, la préfecture.

Le militant syndical et mutualiste

Il est délégué du personnel dans son entreprise, secrétaire du comité d'entreprise, administrateur de sa mutuelle. Il organise les colonies des enfants du personnel, la bibliothèque, les voyages, l'arbre de Noël. Il a appris le droit du travail dans les stages de formation syndicale, et passe ses soirées à aider ses collègues.

Le prêtre-ouvrier, le curé de quartier, le pasteur

Il a choisi de vivre et de travailler au milieu des ouvriers, ou il anime une paroisse populaire. Il ouvre les salles paroissiales aux associations, soutient les grévistes, accompagne les familles en difficulté, anime le patronage, puis le club de jeunes.

Les jeunes paysans de la JAC

Dans les années 1950, ils se réunissent le soir pour étudier ensemble les nouvelles techniques agricoles, la gestion, la coopération. Ils créent des CUMA, des groupements de vulgarisation, des foyers ruraux. Ils transforment leur village, puis parfois leur département, en prenant des responsabilités dans les syndicats et les coopératives.

Le pompier volontaire, le secouriste, le donneur de sang

Il est maçon ou boulanger ; à l'appel de la sirène, il laisse tout pour aller éteindre un feu de grange ou secourir un accidenté. Elle forme les jeunes au secourisme à la Croix-Rouge ou à la Protection civile. Ils organisent chaque trimestre la collecte de sang dans la salle des fêtes.

Le maire rural

Il est agriculteur, commerçant ou retraité, et consacre une grande partie de son temps, pour une indemnité modeste, à sa commune : l'école, l'eau, les chemins, le cimetière, les conflits de voisinage, les mariages. Il est souvent aussi président du comité des fêtes ou du club.

7. Retrouver et honorer les héros anonymes : une méthode

Cette partie propose des pistes concrètes pour que l'association et ses lecteurs puissent collecter la mémoire des engagés anonymes.

Les sources écrites

Les sources orales

Le plus précieux reste le témoignage direct de ceux qui ont vécu ces engagements, tant qu'ils peuvent encore le donner. Quelques conseils pour recueillir un témoignage :

  1. préparer une liste de questions ouvertes (quand, où, avec qui, pourquoi, ce qui a marché, ce qui a été difficile, ce qui a changé) ;
  2. enregistrer (avec l'accord écrit de la personne) plutôt que prendre des notes ;
  3. demander à voir les photos, les documents, les objets, qui réveillent la mémoire ;
  4. faire relire la transcription à la personne ;
  5. préciser par écrit ce que la personne accepte de voir publié (nom complet, prénom seul, anonymat, photos).

Honorer

Le site Internet de l'association peut devenir un lieu d'hommage : une page par engagé, avec son portrait, son parcours, ses actions, des photos, des témoignages de ceux qui l'ont connu. C'est une façon simple et forte de rendre justice aux « héros du quotidien ».

8. Tableau récapitulatif des grandes figures

PersonnalitéDatesDomaineApport principal
Joffre Dumazedier1915-2002Éducation Populaire, sociologiePeuple et Culture, entraînement mental, sociologie du loisir
Bénigno Cacérès1916-1991Éducation PopulaireAutodidacte, Peuple et Culture, histoire de l'éducation populaire
Gisèle de Failly—Éducation PopulaireFondatrice des Ceméa (1937)
Jean Vilar1912-1971Théâtre populaireFestival d'Avignon (1947), TNP (1951-1963)
Jeanne Laurent1902-1989CultureDécentralisation théâtrale (1946-1952)
Célestin Freinet1896-1966PédagogiePédagogie Freinet, ICEM
Bertrand Schwartz1919-2016Éducation permanente, insertionRapport de 1981, missions locales
Abbé Pierre1912-2007Solidarité, logementEmmaüs (1949), appel de 1954
Joseph Wresinski1917-1988Lutte contre la misèreATD Quart Monde (1957)
Geneviève de Gaulle-Anthonioz1920-2002Lutte contre la misèrePrésidente d'ATD Quart Monde (1964-1998)
Germaine Tillion1907-2008Ethnologie, action socialeCentres sociaux éducatifs en Algérie (1955)
Julien Lauprêtre1926-2019SolidaritéSecours populaire (1955-2019)
Henri Desroche1914-1994Économie socialeCollège coopératif (1959)
François Bloch-Lainé1912-2002Économie sociale, associationsRéforme de l'entreprise, Uniopss
Charles Piaget1928-2023Syndicalisme, autogestionLip (1973)
Bernard Lambert1931-1984Syndicalisme paysanPaysans travailleurs, Larzac
Coluche1944-1986SolidaritéRestos du cœur (1985)

9. Chronologie

DateÉvénement
1901Loi sur les associations ; la Ligue de l'enseignement, première association déclarée
1934Création de la MAIF
1937Gisèle de Failly fonde les Ceméa
1941Marcel Barbu fonde la communauté de travail Boimondau
1944-1945Fondation de Peuple et Culture ; création des Francas
1946Secours catholique ; Petits Frères des pauvres ; MGEN ; début de la décentralisation théâtrale
1947Premier Festival d'Avignon ; création de la Camif
1949Première communauté d'Emmaüs
1951Jean Vilar à la tête du TNP
1954Appel de l'abbé Pierre (1er février)
1955Julien Lauprêtre secrétaire général du Secours populaire ; création des centres sociaux éducatifs en Algérie (27 octobre)
1957Fondation d'ATD Quart Monde à Noisy-le-Grand
1959Henri Desroche crée le Collège coopératif
1960Création de la MACIF
1962Assassinat de six dirigeants des centres sociaux éducatifs (15 mars) ; Dumazedier publie (Vers une civilisation du loisir ?)
1964Création du FONJEP ; Geneviève de Gaulle-Anthonioz présidente d'ATD Quart Monde
1965Paul Lengrand et l'éducation permanente à l'Unesco
1970Création du CNLAMCA
1971Loi Delors sur la formation continue (16 juillet) ; début de la lutte du Larzac
1973Conflit Lip ; grand rassemblement du Larzac
1974Première boutique Artisans du Monde
1980Charte de l'économie sociale
1981Abandon du camp du Larzac ; création de la DIES ; rapport Schwartz ; création de l'Aldéa
1983Loi sur l'économie sociale ; création des Cigales
1985Restos du cœur (26 septembre)
1987Journée mondiale du refus de la misère (17 octobre) ; rapport Wresinski
1988Création du RMI

Espace pour les témoignages

(Cet espace est réservé aux témoignages.)

Les engagés qui m'ont marqué

(Un instituteur, un animateur, un chef scout, une militante, un voisin qui m'a fait confiance, m'a appris, m'a entraîné : qui était-il, qui était-elle, et que m'a-t-il ou m'a-t-elle transmis ?)

Mon propre engagement

(Dans quelle association, quel mouvement, quelle coopérative, quelle structure ai-je milité ou travaillé ? Quelles actions, quelles réussites, quelles difficultés ? Qu'est-ce que cet engagement a changé dans ma vie ?)

Un héros du quotidien de notre territoire

(Ici, le portrait d'une personne de ma commune, de mon quartier, de mon réseau associatif, qui mériterait d'être honorée : son nom (avec son accord ou celui de sa famille), son parcours, ses actions, une photo.)

Les structures d'insertion et d'économie sociale

(J'ai participé à la création d'une entreprise d'insertion, d'une association intermédiaire, d'une régie de quartier, d'une coopérative, d'une mutuelle : comment le projet est-il né, et qu'est-il devenu ?)

Vos souvenirs, vos précisions

Un souvenir, une photo, une précision ou une correction sur ce sujet ? Écrivez-moi : chaque message sera lu, et pourra, avec votre accord, enrichir cet article. Votre nom et votre adresse ne servent qu'à vous répondre ; ils ne sont ni publiés ni transmis.

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Page mise à jour le 04/10/2026