Histoire de l'Internet – Suite 01
L'Internet entre dans les foyers : modems, fournisseurs d'accès, Fête de l'Internet, haut débit, et la suite de l'histoire jusqu'à aujourd'hui
28/09/2026
Version de travail — Cet article est une version de travail : il a vocation à s'enrichir de vos souvenirs, de vos photos et de vos précisions. Notre démarche participative
6. L'explosion mondiale du Web (1993-1995)
Mosaic, le navigateur qui montre des images
En 1993, au Centre National pour les Applications de Superinformatique (NCSA) de l'Université de l'Illinois, un étudiant de 22 ans, Marc Andreessen, et son collègue Eric Bina créent Mosaic, un navigateur simple, gratuit, qui fonctionne sur les ordinateurs courants (Windows, Macintosh, Unix) et qui, surtout, affiche les images au milieu du texte. Le Web devient attrayant : on ne lit plus seulement, on regarde.
Netscape et la guerre des navigateurs
En 1994, Marc Andreessen fonde avec l'industriel Jim Clark la société Netscape, dont le navigateur, Netscape Navigator, sorti en décembre 1994, conquiert en quelques mois la grande majorité des internautes. En août 1995, l'entrée en Bourse de Netscape est un triomphe et marque le début de l'engouement financier pour l'Internet. Microsoft, qui avait sous-estimé le phénomène, réagit en lançant Internet Explorer en 1995, puis en l'intégrant gratuitement dans Windows : c'est la guerre des navigateurs, que Microsoft gagne à la fin des années 1990, au prix d'un long procès pour abus de position dominante aux États-Unis.
Les premiers grands sites
En quelques années naissent des noms qui nous sont devenus familiers : Yahoo! (1994), un annuaire de sites classés à la main par deux étudiants de Stanford ; Amazon (1994-1995), d'abord simple librairie en ligne ; eBay (1995), les enchères entre particuliers ; AltaVista (décembre 1995), le premier moteur de recherche très puissant ; Hotmail (1996), la messagerie gratuite consultable partout ; ICQ (1996), la messagerie instantanée ; et enfin Google, fondé le 4 septembre 1998 par Larry Page et Sergey Brin, qui s'impose au début des années 2000 grâce à la qualité de ses résultats.
Le nombre de sites Web passe de quelques centaines en 1993 à plusieurs millions à la fin de la décennie.
7. L'Internet arrive en France (1994-2000)
Un pays en retard… à cause de son avance
Au milieu des années 1990, la France est paradoxale : elle est l'un des pays les plus « connectés » au monde grâce au Minitel, mais l'un des plus en retard pour l'Internet. En 1995, on compte seulement environ 100 000 accès à l'Internet en France. Les raisons sont multiples : le Minitel fonctionne bien et rapporte beaucoup à France Télécom ; les micro-ordinateurs sont encore chers et peu répandus dans les foyers ; l'Internet est en anglais ; et chaque minute de connexion est facturée comme un appel téléphonique local.
Les premiers fournisseurs d'accès
Les pionniers sont souvent des associations ou de petites sociétés : French Data Network (FDN), association créée en 1992, et l'hébergeur Altern permettent à quelques passionnés d'accéder à l'Internet avant même le Web. En février 1994 ouvre Worldnet, présenté comme le premier fournisseur d'accès commercial pour le grand public, suivi de FranceNet (juin 1994). Puis arrivent les grands noms :
– Club-Internet (1995), lancé par le groupe Lagardère ;
– Infonie (1995), créé par la société lyonnaise de jeux vidéo Infogrames ;
– Wanadoo, lancé par France Télécom le 2 mai 1996, dont les kits de connexion, d'abord sur disquettes puis sur CD-ROM, se trouvent partout ; il atteint le million d'abonnés en quatre ans environ ;
– AOL France (1996), filiale du géant américain America Online, célèbre pour ses CD-ROM gratuits distribués par millions dans les magazines, les boîtes aux lettres et les magasins ;
– Free, fondé le 26 avril 1999 par Xavier Niel (qui avait fait fortune avec le Minitel), l'un des premiers à proposer un accès sans abonnement : on ne payait que les communications téléphoniques.
Se connecter, dans les années 1990
Se connecter demandait de la patience. Il fallait un ordinateur récent (souvent un PC sous Windows 95, ou un Macintosh), un modem externe ou interne, à 14 400, puis 28 800, 33 600 et enfin 56 000 bits par seconde, et une ligne téléphonique… qui était occupée pendant toute la connexion. Le modem composait le numéro, puis faisait entendre sa série de sifflements et de grésillements. Une page avec des images mettait parfois plus d'une minute à s'afficher. Surtout, la connexion étant facturée à la durée, on surveillait sa montre : on se connectait pour relever son courrier, on se déconnectait pour le lire et y répondre, puis on se reconnectait pour envoyer. Les tarifs réduits du soir et du week-end étaient très recherchés.
Le discours d'Hourtin (25 août 1997)
Le tournant politique a lieu le 25 août 1997, à l'Université d'Été de la Communication d'Hourtin, en Gironde. Le nouveau Premier ministre, Lionel Jospin, y prononce un discours resté célèbre. Il reconnaît qu'« des voix de plus en plus nombreuses s'élèvent pour parler d'un retard français dans l'utilisation des technologies de l'information », juge que le Minitel risque de devenir « un frein au développement des applications nouvelles », et appelle à faire entrer le pays dans la société de l'information. Il conclut : « La société de l'information sera ce que nous déciderons d'en faire. »
Ce discours est suivi, en janvier 1998, du Programme d'Action Gouvernemental pour la Société de l'Information (PAGSI) : équipement et connexion des écoles, mise en ligne des services publics et des textes officiels, soutien aux contenus en français, aux Espaces Publics Numériques et aux associations.
Les premiers sites français
À partir de 1995, les grands journaux ouvrent leurs sites, les administrations suivent, et naissent des services français : moteurs de recherche et annuaires comme Nomade, Lokace, Ecila, puis Voilà, lancé par France Télécom en 1998 ; hébergeurs de pages personnelles gratuites ; messageries en français comme Caramail ; sites de passionnés sur les jeux vidéo, la musique, la généalogie ou le patrimoine local. Les communes, les associations d'Éducation Populaire, les MJC et les Centres Sociaux créent leurs premières pages, souvent réalisées par des bénévoles.
Les chiffres montrent le décollage : environ 381 000 accès domestiques et 621 000 accès professionnels en 1997 selon la Bibliothèque Nationale de France, puis plusieurs millions d'internautes au tournant de l'an 2000.
8. La Fête de l'Internet : une fête nationale pour un nouvel outil
L'idée : faire comme la Fête de la Musique
L'idée naît en 1997, au sein du Club de l'Arche, un cercle de réflexion animé par Jean-Michel Billaut, pionnier de l'Internet en France. Bruno Oudet, universitaire grenoblois et président de la branche française de l'Internet Society (ISOC France), propose d'organiser une grande manifestation populaire « à l'image de la Fête de la Musique » créée par Jack Lang en 1982 : une fête ouverte à tous, partout en France, pour faire découvrir l'Internet au grand public. L'inspiration vient aussi des NetDays américains, journées où des bénévoles raccordaient les écoles au réseau.
L'artiste Fred Forest, figure de l'art sur Internet, est chargé de la dimension festive et artistique. De nombreuses associations s'associent au projet : VECAM (réflexion et action pour l'Internet citoyen), l'ADBS (association des professionnels de la documentation), l'ISOC France, Admiroutes, l'AFUU (utilisateurs d'Unix) et d'autres. Le gouvernement, dans la ligne du discours d'Hourtin, soutient l'initiative, notamment par le Ministère de la Culture et de la Communication, alors dirigé par Catherine Trautmann.
La première édition nationale : 20 et 21 mars 1998
La première Fête de l'Internet nationale a lieu les 20 et 21 mars 1998. (Certaines sources évoquent une première rencontre dès 1997, notamment une présentation de Fred Forest à Paris ; la plupart datent la première édition nationale de 1998.) Partout en France, des bibliothèques, des mairies, des écoles, des musées, des associations, des cybercafés, des MJC et des entreprises ouvrent leurs portes : démonstrations, initiations, ateliers, conférences, premières visioconférences, créations artistiques en ligne. Pour beaucoup de Français, c'est la première fois qu'ils voient une page Web ou envoient un courriel.
L'un des événements les plus remarqués est le « Procès de l'Internet », un procès fictif organisé au Palais de Justice de Paris par l'avocat Olivier Iteanu, avec plus d'une centaine de bénévoles, pour débattre publiquement des questions posées par le réseau : liberté d'expression, protection des mineurs, droit d'auteur, commerce en ligne. (Les sources ne sont pas d'accord sur l'année exacte de ce procès, 1998 ou 1999.)
Les éditions suivantes
Après le succès de 1998, une Association pour la Fête de l'Internet est créée, présidée par Bruno Oudet, avec Florence Durand-Tornare comme secrétaire générale. La fête revient chaque année au printemps. En 1999, la ministre de la Culture Catherine Trautmann prononce un discours sur la Fête de l'Internet et le multimédia culturel (19 mars 1999) ; un débat sur « la Loi de l'Internet » est organisé au Sénat. En mars 2000, le Sénat participe à la fête avec des « cyber-débats » en ligne entre sénateurs et internautes.
En mars 1999, l'Opération Pl@ces Net recense les initiatives de quarante villes. Ce mouvement conduit à la création, en 2002, du label Villes Internet, qui distingue encore aujourd'hui les communes engagées pour un Internet citoyen, avec ses « @ » sur les panneaux d'entrée de ville.
La fête s'étend peu à peu à d'autres pays, notamment francophones, avec l'appui de l'Organisation Internationale de la Francophonie : elle est présente dans une vingtaine de pays au milieu des années 2000. Le sociologue et philosophe Edgar Morin en devient le parrain en 2004, puis le président en 2007. Les dernières éditions connues ont lieu vers 2010 : l'Internet est alors entré dans la plupart des foyers, et la fête a en quelque sorte rempli sa mission.
Pourquoi c'était important
La Fête de l'Internet a joué un rôle d'Éducation Populaire au sens plein : faire découvrir un outil nouveau à ceux qui n'y avaient pas accès, sans rien vendre, grâce à des bénévoles, dans des lieux publics. Elle a contribué à la création des Espaces Publics Numériques (souvent installés dans les bibliothèques, les MJC et les Centres Sociaux), comme les PAPI (Points d'Accès Public à Internet) développés à Brest par Michel Briand, et elle a rassemblé autour de la question d'un Internet ouvert, citoyen et accessible à tous.
9. La vie des premiers internautes
Les premiers usages
Les premiers internautes français découvrent le courrier électronique, souvent avec une adresse fournie par Wanadoo, AOL ou Club-Internet, puis avec les messageries gratuites (Hotmail, Caramail, Yahoo!). Ils fréquentent les forums et les newsgroups, les salons de discussion (le « chat », prononcé « tchatte »), le réseau IRC, puis les messageries instantanées ICQ et, à partir de 1999, MSN Messenger. Ils créent leurs pages personnelles, avec des images animées, des compteurs de visites et des livres d'or. Ils cherchent de l'information sur Yahoo!, AltaVista, Voilà, puis Google.
Le langage des internautes
Un vocabulaire nouveau apparaît : « surfer », « naviguer », « télécharger », « la Toile », « internaute » (mot français), « mél » ou « courriel » (proposé au Québec pour remplacer e-mail), « arobase », « spam » (les courriers publicitaires non sollicités), « smiley » ou « émoticône », « pseudo », sans oublier l'art d'écrire en abrégé.
Les cybercafés
À la fin des années 1990 fleurissent les cybercafés : on y paie à l'heure pour consulter l'Internet sur des ordinateurs alignés. Ils sont précieux pour les étudiants, les voyageurs et tous ceux qui n'ont pas d'ordinateur chez eux. Les Espaces Publics Numériques des communes et des associations jouent le même rôle gratuitement, avec en plus un animateur pour guider les débutants.
La musique et les premiers conflits
En 1999, le logiciel américain Napster permet d'échanger gratuitement des fichiers musicaux au format MP3 entre internautes. C'est le début du téléchargement de masse et d'un long conflit avec les maisons de disques, qui mènera en France à la loi dite Hadopi (2009). En 1999 également, en France, une affaire judiciaire visant l'hébergeur de pages personnelles gratuites Altern, qui abritait des dizaines de milliers de sites, conduit à sa fermeture et provoque une grande mobilisation des internautes, qui pose la question de la responsabilité des hébergeurs.
10. De la bulle de l'an 2000 à aujourd'hui
La bulle Internet (1998-2001)
À la fin des années 1990, les investisseurs se ruent sur les jeunes entreprises de l'Internet, les start-up (jeunes pousses), souvent sans bénéfices. En France aussi, on parle de « nouvelle économie ». Le 18 juillet 2000, Wanadoo entre en Bourse. Mais la bulle éclate : l'indice américain des valeurs technologiques, le Nasdaq, atteint son sommet en mars 2000, puis s'effondre. Beaucoup d'entreprises disparaissent ; celles qui survivent (Amazon, Google, eBay…) deviennent des géants.
Le haut débit et la « box » (1999-2005)
Le véritable tournant pour les foyers est l'arrivée du haut débit. L'ADSL permet d'utiliser la ligne téléphonique pour l'Internet sans l'occuper, avec une connexion permanente et beaucoup plus rapide, facturée au forfait. Wanadoo propose ses premières offres ADSL vers 1999-2000. En 2002, Free lance une offre ADSL à 29,99 euros par mois et sa Freebox, bientôt capable de fournir, avec un seul boîtier, l'Internet, le téléphone et la télévision : c'est le triple play, qui sera copié par tous les concurrents (Neuf, Wanadoo devenu Orange en 2006, SFR, Bouygues…). En 2003, les offres haut débit deviennent illimitées. Fin 2008, la France compte plus de 16 millions d'abonnements haut débit, à 94 % en ADSL.
Le Web participatif
Au début des années 2000, les internautes ne se contentent plus de lire : ils écrivent. Wikipédia est lancée en janvier 2001 (la version française la même année) ; les blogs (journaux personnels en ligne) se multiplient ; puis viennent les réseaux sociaux : Facebook (2004, ouvert à tous en 2006), YouTube (2005), Twitter (2006). En France, le référendum de 2005 sur le traité constitutionnel européen est souvent cité comme la première grande campagne politique où l'Internet a pesé.
L'Internet dans la poche
En 2007, Apple présente l'iPhone : l'Internet devient mobile, et le téléphone intelligent (smartphone) devient au fil des années 2010 le premier moyen d'accès au réseau. La fibre optique remplace progressivement l'ADSL. Le Minitel s'éteint le 30 juin 2012. En 2014, plus de 80 % des foyers français sont connectés.
Et aujourd'hui
L'Internet est devenu indispensable : démarches administratives, banque, achats, santé, travail à distance (généralisé lors de la crise sanitaire de 2020), information, relations familiales. Il pose aussi de nouvelles questions : la domination de quelques très grandes entreprises, la protection des données personnelles, les fausses informations, le harcèlement, la consommation d'énergie, et l'illectronisme, c'est-à-dire la difficulté de nombreuses personnes, souvent âgées ou isolées, à utiliser ces outils. L'arrivée des intelligences artificielles conversationnelles, à partir de 2022, ouvre un nouveau chapitre. L'esprit de la Fête de l'Internet et de l'Éducation Populaire (accompagner chacun, gratuitement, avec patience) reste plus que jamais d'actualité.
11. Tableau des principaux fournisseurs d'accès français (1992-2002)
| Nom | Création | Qui | Particularité |
|---|---|---|---|
| French Data Network (FDN) | 1992 | Association | Pionnier associatif, toujours actif |
| Worldnet | Février 1994 | Société privée | Présenté comme le premier fournisseur commercial grand public |
| FranceNet | Juin 1994 | Société privée | Un des tout premiers fournisseurs |
| Club-Internet | 1995 | Groupe Lagardère | Un des grands noms de la fin des années 1990 |
| Infonie | 1995 | Infogrames | Fournisseur créé par un éditeur de jeux vidéo lyonnais |
| Wanadoo | 2 mai 1996 | France Télécom | Kits sur disquettes puis CD-ROM ; devient Orange en 2006 |
| AOL France | 1996 | America Online | CD-ROM gratuits distribués par millions |
| Free | 26 avril 1999 | Xavier Niel | Accès sans abonnement, puis ADSL à 29,99 euros et Freebox (2002) |
12. Des débits qui changent tout
| Époque | Moyen de connexion | Débit indicatif | Temps pour une photo d'un mégaoctet |
|---|---|---|---|
| Années 1980 | Minitel | 1 200 bits par seconde (réception) | Impossible : le Minitel n'affiche que du texte et des dessins simples |
| 1995 | Modem 28 800 bits par seconde | 28,8 kilobits par seconde | Environ 5 minutes |
| 1998 | Modem 56 000 bits par seconde | 56 kilobits par seconde | Environ 2 minutes et demie |
| 2002 | ADSL | 512 kilobits à 1 mégabit par seconde | 8 à 16 secondes |
| 2005 | ADSL2+ | jusqu'à 18 mégabits par seconde | Moins d'une seconde |
| Années 2020 | Fibre optique | 1 gigabit par seconde et plus | Une fraction de seconde |
Les temps indiqués sont des ordres de grandeur, calculés dans des conditions idéales ; en pratique, les connexions étaient souvent plus lentes.
13. Chronologie complète
| Date | Événement |
|---|---|
| 1794 | Télégraphe optique des frères Chappe |
| 1876 | Invention du téléphone |
| 4 octobre 1957 | Lancement de Spoutnik ; création de l'ARPA en 1958 |
| 1962-1965 | Idées de réseau maillé (Paul Baran) et de paquets (Donald Davies) |
| 29 octobre 1969 | Premier message sur ARPANET, entre UCLA et SRI : « LO » |
| 1971 | Premier courrier électronique en réseau et choix du @ par Ray Tomlinson |
| 1971-1972 | Lancement du projet français Cyclades (Louis Pouzin, IRIA) |
| Octobre 1972 | Démonstration publique d'ARPANET à Washington |
| Novembre 1973 | Première démonstration de Cyclades |
| Mai 1974 | Publication du protocole TCP par Vinton Cerf et Robert Kahn |
| 1978 | Rapport Nora-Minc ; lancement de Transpac et du Programme Télétel |
| 1979 | Création des forums Usenet |
| Juillet 1980 | Expérimentation de l'annuaire électronique à Saint-Malo |
| 1981 | Arrêt définitif de Cyclades |
| 1982 | Lancement commercial du Minitel |
| 1er janvier 1983 | ARPANET passe à TCP/IP : naissance officielle de l'Internet |
| 1983 | Invention du système des noms de domaine (DNS) |
| 1984 | Création du kiosque télématique |
| 15 mars 1985 | Premier nom de domaine en .com |
| 1986 | Création du domaine .fr ; réseau NSFNET aux États-Unis |
| Été 1988 | Première connexion française à l'Internet (INRIA Sophia-Antipolis) |
| Novembre 1988 | Ver informatique de Robert Morris |
| Mars 1989 | Proposition de Tim Berners-Lee au CERN |
| 1990 | Fermeture d'ARPANET ; premier serveur et premier navigateur Web |
| Août 1991 | Annonce publique du World Wide Web |
| 1992 | Création de l'association French Data Network |
| 1993 | Naissance de RENATER ; navigateur Mosaic |
| 30 avril 1993 | Le CERN verse le Web dans le domaine public |
| Février 1994 | Ouverture de Worldnet |
| 1994 | Création de Yahoo! et du W3C |
| Décembre 1994 | Netscape Navigator |
| 1995 | Club-Internet, Infonie ; Internet Explorer ; environ 100 000 accès en France |
| 2 mai 1996 | Lancement de Wanadoo |
| 1996 | Arrivée d'AOL en France ; Hotmail ; ICQ |
| 25 août 1997 | Discours de Lionel Jospin à Hourtin |
| 1997 | Création de l'AFNIC |
| Janvier 1998 | Programme d'Action Gouvernemental pour la Société de l'Information |
| 20-21 mars 1998 | Première Fête de l'Internet nationale |
| 4 septembre 1998 | Création de Google |
| 26 avril 1999 | Création de Free |
| 1999 | Napster ; premières offres ADSL ; Opération Pl@ces Net |
| Mars 2000 | Sommet puis éclatement de la bulle Internet ; cyber-débats au Sénat |
| 18 juillet 2000 | Entrée en Bourse de Wanadoo |
| Janvier 2001 | Lancement de Wikipédia |
| 2002 | Freebox et ADSL à 29,99 euros ; label Villes Internet |
| 2004 | Facebook ; Edgar Morin parrain de la Fête de l'Internet |
| 2005 | YouTube |
| 1er juin 2006 | Wanadoo devient Orange |
| 2007 | iPhone |
| 2009 | Loi Hadopi |
| Vers 2010 | Dernières éditions de la Fête de l'Internet |
| 30 juin 2012 | Arrêt du Minitel |
| 2022 | Arrivée des intelligences artificielles conversationnelles grand public |
14. Espace pour les témoignages
À compléter : mes souvenirs de l'Internet
Cette partie est réservée aux souvenirs : la première connexion à la maison et le bruit du modem, le kit Wanadoo ou le CD-ROM d'AOL trouvé dans un magazine, la première adresse électronique, la facture de téléphone qui a fait sursauter les parents, les soirées sur les forums et les salons de discussion, la première page personnelle, le cybercafé du quartier, l'espace numérique de la bibliothèque, de la MJC ou du Centre Social, l'arrivée de l'ADSL et de la box. Et bien sûr la Fête de l'Internet : si vous l'avez organisée ou vécue, dans votre commune, votre association ou votre école, vos souvenirs, programmes, affiches et photos sont particulièrement précieux pour ce site, car cette fête est aujourd'hui peu documentée.
15. Pour aller plus loin
Références
– Wikipédia : Histoire d'Internet
– Wikipédia : Internet en France
– Wikipédia : Cyclades (réseau))
– Wikipédia : Fête de l'Internet
– Wikipédia (en anglais) : Minitel
– Wikipédia (en anglais) : Internet in France
– La revue des médias (INA) : Du Minitel à l'Internet
– Interstices : Au cœur de la première connexion française à l'ARPAnet
– Revue de l'EPI : Discours du Premier ministre à Hourtin (extraits)
– Archives Fred Forest : La Fête de l'Internet
– VECAM : un plaidoyer pour les nouvelles technologies dans le paysage français
– BnF : parcours sur le Web des années 1990 (PDF)
– FrenchWeb : La véritable histoire des débuts de Wanadoo
– Sénat : Fête de l'Internet, 17 et 18 mars 2000
Vidéos d'archives (INA)
– La Fête de l'Internet au Sénat
– Internet : les autoroutes de l'information
– Les autoroutes de l'information
– Rubrique : réseaux Internet et moteur d'accès « Yahoo ! »
– 1996, la guerre des moteurs de recherche
– Elles étaient belles (mais lentes) les premières pages web en 1996
– Rennes : présentation du système Minitel, annuaire électronique
Où trouver des photos
– Wikimedia Commons : premier serveur Web du CERN
– Wikimedia Commons : Louis Pouzin
Les photos de Wikimedia Commons sont en général réutilisables librement, à condition de citer l'auteur et la licence indiqués sous chaque image. Les photos d'archives de l'INA, des journaux et des magazines ne peuvent pas être reprises sans autorisation. Les photos personnelles (un kit de connexion conservé, une affiche de la Fête de l'Internet, un espace numérique associatif) sont les plus précieuses pour ce site.
Note de méthode
Cet article a été rédigé à partir de recherches dans des sources publiques (encyclopédies, archives de l'INA, Bibliothèque Nationale de France, Sénat, associations pionnières), recoupées entre elles. Plusieurs points restent incertains et sont signalés dans le texte : le jour exact de la première connexion française (28 juillet ou 8 août 1988), la date de la toute première Fête de l'Internet (une rencontre en 1997, puis la première édition nationale en mars 1998), l'année du « Procès de l'Internet » (1998 ou 1999), et le nombre de Minitel en service à son apogée, qui varie selon que l'on compte les terminaux seuls ou aussi les ordinateurs capables de s'y connecter. Les chiffres d'internautes des années 1990 sont des estimations.
Vos souvenirs, vos précisions
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Page mise à jour le 04/10/2026
