Les grands acteurs et actrices de cinéma (années 1930 à 1980)
Gabin, Arletty, Fernandel, Bardot, Belmondo, Delon, Deneuve, de Funès et tant d'autres : cinquante ans de vedettes et de films à succès
28/09/2026
Version de travail — Cet article est une version de travail : il a vocation à s'enrichir de vos souvenirs, de vos photos et de vos précisions. Notre démarche participative
Introduction : les stars de nos salles obscures
Pourquoi ce récit ?
Jusqu'aux années 1960, avant que la télévision n'entre dans tous les foyers, le cinéma était la grande sortie populaire : on y allait en famille ou entre amis, le samedi soir ou le dimanche après-midi, dans la salle du quartier, du bourg ou du patronage. En 1947, les Français achètent plus de 420 millions de billets de cinéma, un record jamais égalé depuis. Les acteurs et les actrices étaient des vedettes adorées, dont on découpait les photos dans les magazines comme « Ciné Revue » ou « Cinémonde ». Leurs répliques passaient dans le langage de tous les jours.
Ce récit présente, en trois pages, les grands acteurs et actrices du cinéma, principalement français, des années 1930 aux années 1980, avec leurs films à succès :
– cette première page : les années 1930 à 1950, de Jean Gabin à Gérard Philipe ;
– la deuxième page : les grands comiques et les stars des années 1950 à 1970 (Bourvil, de Funès, Bardot, Belmondo, Delon, Ventura, Signoret, Montand, Moreau, Deneuve, Romy Schneider…) ;
– la troisième page : la génération des années 1970 et 1980, les grandes stars internationales, les records d'entrées et une chronologie.
Quelques mots à connaître
– Réalisme poétique : le style du cinéma français de la fin des années 1930 (Marcel Carné, Jean Renoir, Julien Duvivier) : des histoires d'amour tragiques dans des décors populaires, embrumés, nocturnes.
– Nouvelle Vague : le mouvement de jeunes réalisateurs de la fin des années 1950 (François Truffaut, Jean-Luc Godard, Claude Chabrol…), qui tournent léger, en décors naturels, avec de nouveaux acteurs.
– Entrées : le nombre de billets vendus, qui mesure le succès d'un film en France.
– César du cinéma : les récompenses du cinéma français, créées en 1976, l'équivalent des Oscars américains.
1. Les années 1930 : le triomphe du parlant
Le cinéma devient parlant
Au début des années 1930, le cinéma parlant remplace le muet. Il fait appel à des acteurs venus du théâtre et du music-hall, dont la voix et l'accent deviennent des atouts. C'est un âge d'or : Marcel Carné, Jean Renoir, Julien Duvivier, Jacques Feyder, Sacha Guitry et Marcel Pagnol réalisent des chefs-d'œuvre, et le cinéma français est admiré dans le monde entier. (Le site consacre un récit entier à Marcel Pagnol.)
Jean Gabin (1904-1976)
Né à Paris, fils d'artistes de café-concert, Jean Gabin débute au music-hall avant de devenir, dans les années 1930, la grande star du cinéma français. Il incarne le héros populaire, ouvrier, déserteur ou mauvais garçon, au destin tragique : « Pépé le Moko » (1937), « La Grande Illusion » (1937) de Jean Renoir, « Quai des brumes » (1938) et « Le jour se lève » (1939) de Marcel Carné, « La Bête humaine » (1938). Engagé dans les Forces Françaises Libres pendant la guerre, il revient au cinéma dans les années 1950 dans des rôles de patriarches et de truands vieillissants, avec un succès immense : « Touchez pas au grisbi » (1954), « La Traversée de Paris » (1956) avec Bourvil, « Les Grandes Familles » (1958), « Un singe en hiver » (1962) avec Jean-Paul Belmondo, « Mélodie en sous-sol » (1963) et « Le Clan des Siciliens » (1969) avec Alain Delon, et la série des Maigret.
Raimu (1883-1946)
Le grand acteur toulonnais, César de la trilogie de Pagnol, est aussi « La Femme du boulanger » (1938) et le héros de nombreuses comédies de Sacha Guitry. Orson Welles le considérait comme le plus grand acteur du monde.
Arletty (1898-1992)
Venue de Courbevoie, Arletty, gouailleuse et élégante, reste inoubliable dans « Hôtel du Nord » (1938) de Marcel Carné, où sa réplique sur l'« atmosphère » est devenue légendaire, et dans « Les Enfants du paradis » (1945), du même Carné, souvent considéré comme le plus beau film français. Sa liaison avec un officier allemand pendant l'Occupation lui vaut d'être emprisonnée à la Libération.
Michèle Morgan (1920-2016)
Révélée à dix-huit ans face à Jean Gabin dans « Quai des brumes » (1938), Michèle Morgan et ses « beaux yeux » deviennent un mythe. Elle reçoit le premier prix d'interprétation féminine du Festival de Cannes, en 1946, pour « La Symphonie pastorale ». Elle fut pendant des décennies l'une des actrices préférées des Français, avec « Les Orgueilleux » (1953) et « Les Grandes Manœuvres » (1955).
Louis Jouvet (1887-1951) et Michel Simon (1895-1975)
Deux « monstres sacrés » venus du théâtre. Louis Jouvet, à la diction inimitable, est l'évêque de « Drôle de drame » (1937), où l'on entend une réplique restée célèbre, le docteur Knock (1933 et 1951) et l'inspecteur de « Quai des Orfèvres » (1947) d'Henri-Georges Clouzot. Michel Simon, acteur suisse à la trogne unique, brille dans « Boudu sauvé des eaux » (1932), « L'Atalante » (1934), « Drôle de drame » (1937) et, beaucoup plus tard, « Le Vieil Homme et l'Enfant » (1967).
Danielle Darrieux (1917-2017)
Actrice dès quatorze ans, Danielle Darrieux traverse huit décennies de cinéma : « Mayerling » (1936) avec Charles Boyer, qui la rend célèbre jusqu'à Hollywood, « Madame de… » (1953) de Max Ophüls, « Le Rouge et le Noir » (1954), « Les Demoiselles de Rochefort » (1967). Elle chante aussi, avec humour et charme.
2. Les années 1940 : l'Occupation et la Libération
Un cinéma sous surveillance
Pendant l'Occupation (1940-1944), le cinéma français continue de tourner, sous le contrôle de la censure allemande et de Vichy. Les Français, privés de films américains, se pressent dans les salles pour oublier les privations. Des chefs-d'œuvre naissent malgré tout, comme « Les Visiteurs du soir » (1942) ou « Les Enfants du paradis », tourné pendant la guerre et sorti en 1945. Plusieurs vedettes, comme Jean Gabin ou Michèle Morgan, partent aux États-Unis.
Fernandel (1903-1971)
Né à Marseille, Fernandel, avec son sourire chevalin, est l'acteur le plus populaire de France pendant trente ans. Pagnol lui donne des rôles émouvants (« Angèle », « Regain », « Le Schpountz »). Il triomphe dans les comédies : « Le Petit Monde de don Camillo » (1952), où il joue un curé bagarreur face au maire communiste Peppone, joué par Gino Cervi, et qui attire près de 13 millions de spectateurs, suivi de quatre autres « Don Camillo » ; « L'Auberge rouge » (1951) ; « La Vache et le Prisonnier » (1959), où il traverse l'Allemagne avec une vache pour s'évader.
Jean Marais (1913-1998)
Ami et acteur fétiche de Jean Cocteau, Jean Marais est la Bête de « La Belle et la Bête » (1946), puis le héros de « L'Éternel Retour » (1943) et d'« Orphée » (1950). Dans les années 1950 et 1960, il devient le roi des films de cape et d'épée, dont il réalise lui-même les cascades : « Le Comte de Monte-Cristo » (1954), « Le Bossu » (1959), « Le Capitan » (1960), « Le Masque de fer » (1962), puis le journaliste Fandor et le terrible Fantômas dans la série des Fantômas (1964-1967), face à Louis de Funès.
Gérard Philipe (1922-1959)
Jeune premier au charme lumineux, Gérard Philipe est la grande star de l'après-guerre, à la scène (au Théâtre National Populaire de Jean Vilar, où il joue « Le Cid » et « Le Prince de Hombourg » devant un public populaire) comme à l'écran : « Le Diable au corps » (1947), « La Chartreuse de Parme » (1948), « Fanfan la Tulipe » (1952) avec Gina Lollobrigida, « Les Belles de nuit » (1952). Sa mort d'un cancer, le 25 novembre 1959, à trente-sept ans, bouleverse la France ; il est enterré en costume du Cid.
En 1947, les Français achètent plus de 420 millions de billets de cinéma : un record qui n'a jamais été égalé.
À suivre
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Page mise à jour le 04/10/2026
