Les grands acteurs et actrices de cinéma – Suite 01
Des années 1950 aux années 1970 : les rois du rire, les monstres sacrés et les grandes stars françaises
28/09/2026
Version de travail — Cet article est une version de travail : il a vocation à s'enrichir de vos souvenirs, de vos photos et de vos précisions. Notre démarche participative
3. Les rois du rire
Bourvil (1917-1970)
André Raimbourg, dit Bourvil, Normand au visage de brave garçon naïf, vient de la chanson (« À bicyclette », « La Tactique du gendarme »). Au cinéma, il est tour à tour comique et bouleversant : « Le Trou normand » (1952), « La Traversée de Paris » (1956) avec Gabin, « Le Bossu » (1959), « Le Corniaud » (1965) et « La Grande Vadrouille » (1966) avec Louis de Funès, « Le Cercle rouge » (1970), rôle dramatique inattendu de commissaire. Sa mort, en septembre 1970, à 53 ans, attriste toute la France.
Louis de Funès (1914-1983)
Après des années de petits rôles, Louis de Funès explose au milieu des années 1960 avec son jeu frénétique, ses grimaces et ses colères : « Le Gendarme de Saint-Tropez » (1964) et ses suites, « Fantômas » (1964), « Le Corniaud » (1965), « La Grande Vadrouille » (1966), « Oscar » (1967), « Les Aventures de Rabbi Jacob » (1973), « L'Aile ou la Cuisse » (1976), « La Zizanie » (1978). « La Grande Vadrouille », réalisé par Gérard Oury, avec plus de 17 millions d'entrées, reste pendant plus de trente ans le plus grand succès du cinéma en France. (Le site consacre un récit entier à la série des « Gendarmes ».)
Jacques Tati (1907-1982)
Poète du burlesque, presque muet, Jacques Tati crée le personnage de Monsieur Hulot, grand, maladroit, avec sa pipe et son imperméable trop court : « Jour de fête » (1949), où il joue un facteur de village, « Les Vacances de M. Hulot » (1953), « Mon oncle » (1958), Oscar du meilleur film étranger, satire de la vie moderne, et « Playtime » (1967).
Les autres comiques
Noël-Noël, Darry Cowl, Jean Lefebvre, Jean Richard, Francis Blanche, puis, dans les années 1970, Pierre Richard (« Le Grand Blond avec une chaussure noire », 1972 ; « La Chèvre », 1981, avec Gérard Depardieu), Jean Yanne, Michel Serrault et Jean Poiret, la troupe du Splendid (« Les Bronzés », 1978) et Coluche font rire des générations de spectateurs.
4. Brigitte Bardot et la Nouvelle Vague
Brigitte Bardot (née en 1934)
En 1956, « Et Dieu… créa la femme », de Roger Vadim, tourné à Saint-Tropez, fait de Brigitte Bardot, vingt-deux ans, un mythe mondial : « BB » incarne une femme libre, naturelle et sensuelle, qui choque la bonne société. Elle tourne « En cas de malheur » (1958) avec Jean Gabin, « La Vérité » (1960) de Clouzot, « Le Mépris » (1963) de Jean-Luc Godard, « Viva Maria ! » (1965) avec Jeanne Moreau. Elle abandonne le cinéma en 1973 pour se consacrer à la défense des animaux.
La Nouvelle Vague
À la fin des années 1950, de jeunes critiques devenus réalisateurs bousculent le cinéma : François Truffaut (« Les Quatre Cents Coups », 1959, avec le jeune Jean-Pierre Léaud), Jean-Luc Godard (« À bout de souffle », 1960), Claude Chabrol, Éric Rohmer, Agnès Varda, Jacques Demy (« Les Parapluies de Cherbourg », 1964). Ils révèlent de nouveaux acteurs, plus naturels.
5. Les grandes stars masculines des années 1960 et 1970
Jean-Paul Belmondo (1933-2021)
Révélé par Godard dans « À bout de souffle » (1960), Jean-Paul Belmondo, « Bébel », gouailleur, sportif, faisant lui-même ses cascades, devient la star la plus populaire de France : « Un singe en hiver » (1962) avec Gabin, « L'Homme de Rio » (1964), « Pierrot le Fou » (1965), « Borsalino » (1970) avec Delon, « Le Magnifique » (1973), « Peur sur la ville » (1975), « L'As des as » (1982), « Le Professionnel » (1981).
Alain Delon (1935-2024)
Beauté ténébreuse, Alain Delon tourne avec les plus grands réalisateurs : « Plein Soleil » (1960) de René Clément, « Rocco et ses frères » (1960) et « Le Guépard » (1963) de Luchino Visconti, « Mélodie en sous-sol » (1963) avec Gabin, « Le Samouraï » (1967) et « Le Cercle rouge » (1970) de Jean-Pierre Melville, « La Piscine » (1969) avec Romy Schneider, « Le Clan des Siciliens » (1969), « Borsalino » (1970), « Monsieur Klein » (1976).
Lino Ventura (1919-1987)
Ancien lutteur d'origine italienne, Lino Ventura impose sa carrure et sa sobriété dans les films policiers et d'aventure : « Touchez pas au grisbi » (1954), « Les Tontons flingueurs » (1963), comédie culte aux dialogues de Michel Audiard, « Les Aventuriers » (1967), « L'Armée des ombres » (1969) de Melville, sur la Résistance, « Le Clan des Siciliens » (1969), « L'Aventure c'est l'aventure » (1972), « Garde à vue » (1981). Il fonde l'association Perce-Neige pour les enfants handicapés.
Yves Montand (1921-1991)
Chanteur de music-hall révélé par Édith Piaf, Yves Montand devient un grand acteur : « Le Salaire de la peur » (1953) de Clouzot, « Z » (1969) et « L'Aveu » (1970) de Costa-Gavras, « César et Rosalie » (1972) de Claude Sautet, « Vincent, François, Paul… et les autres » (1974), puis le Papet de « Jean de Florette » (1986).
Philippe Noiret (1930-2006)
Venu du Théâtre National Populaire, Philippe Noiret incarne avec bonhomie et gravité des personnages inoubliables : « Alexandre le bienheureux » (1968), « La Grande Bouffe » (1973), « Le Vieux Fusil » (1975), César du meilleur acteur, « Coup de torchon » (1981), « Les Ripoux » (1984), « Cinema Paradiso » (1988).
6. Les grandes stars féminines des années 1950 à 1970
Simone Signoret (1921-1985)
Inoubliable dans « Casque d'or » (1952) de Jacques Becker, « Les Diaboliques » (1955) de Clouzot, Simone Signoret reçoit l'Oscar de la meilleure actrice en 1960 pour « Les Chemins de la haute ville », tourné en Angleterre, une première pour une actrice française. Épouse d'Yves Montand, elle joue plus tard « La Veuve Couderc » (1971) avec Delon et « La Vie devant soi » (1977).
Jeanne Moreau (1928-2017)
Actrice de théâtre, Jeanne Moreau devient l'égérie de la Nouvelle Vague : « Ascenseur pour l'échafaud » (1958) de Louis Malle, « Les Amants » (1958), « Jules et Jim » (1962) de Truffaut, où elle chante « Le Tourbillon », « Le Journal d'une femme de chambre » (1964).
Catherine Deneuve (née en 1943)
Révélée par Jacques Demy dans « Les Parapluies de Cherbourg » (1964), Palme d'or à Cannes, puis « Les Demoiselles de Rochefort » (1967) avec sa sœur Françoise Dorléac, morte tragiquement la même année, Catherine Deneuve devient l'image de l'élégance française : « Belle de jour » (1967) de Luis Buñuel, « Peau d'âne » (1970), « Le Sauvage » (1975) avec Yves Montand, « Le Dernier Métro » (1980) de Truffaut, qui obtient dix César.
Romy Schneider (1938-1982)
Actrice autrichienne devenue célèbre adolescente dans la série des « Sissi » (1955-1957), Romy Schneider s'installe en France, où elle devient l'une des actrices les plus aimées : « La Piscine » (1969) avec Delon, son ancien fiancé, « Les Choses de la vie » (1970) et « César et Rosalie » (1972) de Claude Sautet, « Le Vieux Fusil » (1975), « L'Important c'est d'aimer » (1975), qui lui vaut le premier César de la meilleure actrice en 1976, « Une histoire simple » (1978). Sa mort, en mai 1982, à 43 ans, un an après celle de son fils, émeut profondément.
Annie Girardot (1931-2011)
Actrice de la Comédie-Française au rire éclatant, Annie Girardot est la plus populaire des actrices françaises au début des années 1970 : « Rocco et ses frères » (1960), « Mourir d'aimer » (1971), inspiré de l'affaire Gabrielle Russier, « Docteur Françoise Gailland » (1976), César de la meilleure actrice, « Tendre Poulet » (1978) avec Philippe Noiret.
Les autres
Martine Carol (« Caroline chérie », 1951), Michèle Mercier (la série des « Angélique », 1964-1968), Mireille Darc (« Le Grand Blond avec une chaussure noire »), Marlène Jobert, Stéphane Audran, Anouk Aimée (« Un homme et une femme », 1966, de Claude Lelouch, Palme d'or), Claudia Cardinale, Marina Vlady, Anna Karina.
À suivre
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Page mise à jour le 04/10/2026
