Le Disco – Suite 01
Les discothèques et les bals, « La Fièvre du samedi soir » et les autres films du disco racontés, les grands titres, le déclin et l'héritage
28/09/2026
Version de travail — Cet article est une version de travail : il a vocation à s'enrichir de vos souvenirs, de vos photos et de vos précisions. Notre démarche participative
6. Les discothèques et les bals en France
L'explosion des discothèques
En France, les années 1970 voient se multiplier les discothèques, dans les grandes villes, les stations balnéaires et de ski, mais aussi à la campagne, au bord des routes nationales, parfois dans d'anciennes fermes ou de vieux moulins. Le samedi soir, les jeunes y vont en voiture, en groupe, parfois à des dizaines de kilomètres de chez eux. À l'entrée, un « physionomiste » choisit qui entre ; à l'intérieur, la piste de danse, la boule à facettes, les projecteurs, le bar et le DJ, qui enchaîne les disques sans interruption. Les discothèques remplacent peu à peu les bals comme lieu de rencontre des jeunes.
Le Palace
À Paris, le Palace ouvre le 1er mars 1978, rue du Faubourg-Montmartre, dans un ancien théâtre, sous la direction de Fabrice Emaer, qui veut en faire l'équivalent parisien du Studio 54. La soirée d'ouverture, où la chanteuse Grace Jones chante sur une moto rose au milieu des fumées, est restée légendaire. Pendant quelques années, le Palace réunit artistes, intellectuels, couturiers, vedettes et anonymes, dans une ambiance de fête permanente.
Et le bal ?
Les bals populaires, eux, continuent, surtout dans les villages et pour les fêtes : les orchestres ajoutent à leur répertoire les succès disco, entre les slows, les rocks et les tangos. Les « boums » et les soirées des associations, des MJC et des comités des fêtes ont aussi leur quart d'heure disco. (Le site consacre un récit aux bals populaires et aux boîtes de nuit.)
La danse disco
La danse disco se danse seul, en couple ou en ligne. On imite les pas de John Travolta, on danse le Hustle, on fait les gestes de « Y.M.C.A. » tous ensemble. Des professeurs de danse et des émissions de télévision enseignent les pas, et des concours de danse disco s'organisent partout. En 1978, un jeune Français, Dominique Marais, est même présenté par la télévision comme « le John Travolta français ».
La mode disco
La mode suit : chemises en satin à grands cols pelle à tarte, pantalons pattes d'éléphant, costumes blancs à la Travolta, robes à paillettes, tissus brillants et lamés, chaussures à semelles compensées, coiffures volumineuses. Le « look » disco est devenu l'un des symboles des années 1970.
7. Les films du disco
« La Fièvre du samedi soir » (1977)
Réalisation : John Badham. Interprètes : John Travolta (Tony Manero), Karen Lynn Gorney (Stephanie), Donna Pescow. Musique : les Bee Gees et d'autres artistes.
L'histoire : Tony Manero, dix-neuf ans, est un jeune Italo-Américain qui vit chez ses parents dans le quartier ouvrier de Bay Ridge, à Brooklyn, dans la banlieue de New York. La semaine, il vend de la peinture dans une petite quincaillerie, pour un maigre salaire. Mais le samedi soir, dans sa discothèque, le 2001 Odyssey, il devient le roi de la piste : tout le monde s'écarte pour le regarder danser. Il rencontre Stephanie, une jeune femme ambitieuse qui travaille à Manhattan et rêve d'une autre vie, et la convainc de faire équipe avec lui pour un concours de danse. Ils gagnent, mais Tony, conscient qu'un couple portoricain a mieux dansé et qu'ils ont été favorisés, leur donne le prix. Pendant ce temps, sa bande d'amis s'enfonce dans la violence et le désespoir, et l'un d'eux, Bobby, tombe du pont Verrazzano. Au matin, Tony décide de quitter son quartier pour tenter sa chance à Manhattan, où Stephanie accepte de rester son amie.
Le succès : derrière les paillettes, le film est une chronique sombre de la jeunesse ouvrière, de la violence et du racisme. Il connaît un succès mondial (plus de 230 millions de dollars de recettes), vaut à John Travolta une nomination à l'Oscar, et sa bande originale se vend à plus de 40 millions d'exemplaires. En France, il sort au printemps 1978 et déclenche une véritable « fièvre ». On apprendra plus tard que l'article de journal qui avait inspiré l'histoire, publié en 1976 par le journaliste Nik Cohn, était en grande partie inventé. Une suite, « Staying Alive », réalisée par Sylvester Stallone, sort en 1983, avec moins de succès.
« Dieu merci, c'est vendredi » (1978)
Un film choral qui se déroule en une seule nuit dans une discothèque de Los Angeles, avec Donna Summer, qui y chante « Last Dance », Oscar de la meilleure chanson, et le groupe The Commodores. Il raconte les aventures croisées de clients venus participer à un concours de danse.
« Grease » (1978)
Ce n'est pas un film disco, mais une comédie musicale qui se passe dans un lycée américain des années 1950, avec John Travolta et Olivia Newton-John. Son succès immense, la même année, prolonge la « Travoltamania » et fait danser les jeunes sur « You're the One That I Want ».
« Can't Stop the Music » (1980)
Un film consacré aux Village People, qui raconte de façon romancée la création du groupe. Il sort au moment où le disco passe de mode et connaît un échec commercial, symbole de la fin de l'époque.
Décembre 1977 : John Travolta, en costume blanc, le doigt pointé vers le ciel. « La Fièvre du samedi soir » fait du disco une folie planétaire.
8. Les grands titres du disco
| Titre | Artiste | Année |
|---|---|---|
| The Hustle | Van McCoy | 1975 |
| Love to Love You Baby | Donna Summer | 1975 |
| J'attendrai | Dalida | 1975 |
| Love in C Minor | Cerrone | 1976 |
| Daddy Cool | Boney M | 1976 |
| Dancing Queen | ABBA | 1976 |
| I Feel Love | Donna Summer | 1977 |
| Magic Fly | Space | 1977 |
| Stayin' Alive | Bee Gees | 1977 |
| Night Fever | Bee Gees | 1977 |
| Love Me Baby | Sheila and B. Devotion | 1977 |
| Alexandrie Alexandra | Claude François | 1978 |
| Le Freak | Chic | 1978 |
| I Will Survive | Gloria Gaynor | 1978 |
| Y.M.C.A. | Village People | 1978 |
| Rasputin | Boney M | 1978 |
| September | Earth, Wind and Fire | 1978 |
| Born to Be Alive | Patrick Hernandez | 1978-1979 |
| Spacer | Sheila and B. Devotion | 1979 |
| D.I.S.C.O. | Ottawan | 1979 |
| Laissez-moi danser | Dalida | 1979 |
Aucune parole de chanson n'est reproduite dans ce récit, car elles sont protégées par le droit d'auteur : seuls les titres sont cités.
9. Le déclin et l'héritage
« Disco sucks » : le rejet de 1979
À la fin des années 1970, le disco devient omniprésent, et beaucoup finissent par le détester. Aux États-Unis, un mouvement « Disco sucks » (« le disco, c'est nul ») rassemble surtout des amateurs de rock. Le 12 juillet 1979, à Chicago, lors d'une soirée « Disco Demolition Night » dans un stade de base-ball, des milliers de disques disco sont détruits dans une explosion, et le match doit être annulé après une émeute. Beaucoup d'historiens y voient aussi une réaction contre une musique associée aux Noirs, aux Latinos et aux homosexuels. En quelques mois, les radios et les maisons de disques abandonnent le mot « disco ».
Une musique qui ne meurt pas
Pourtant, le disco n'a jamais disparu. Il a donné naissance, dans les années 1980, à la house music de Chicago, à la musique électronique de danse et à une grande partie de la pop moderne, de Madonna à Daft Punk. Ses tubes font toujours danser les mariages, les fêtes et les soirées « années 80 ». Les grands succès de Claude François, Sheila, Gloria Gaynor ou des Bee Gees traversent les générations.
La fin d'une époque
Le disco correspond aussi à la fin des Trente Glorieuses : après le premier choc pétrolier de 1973 et la montée du chômage, la jeunesse cherche dans la fête, les paillettes et la danse une forme d'évasion et d'insouciance. C'est peut-être pour cela que le disco reste, pour beaucoup, la musique d'une jeunesse heureuse.
10. Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| Début des années 1970 | Naissance du disco dans les clubs de New York ; Philly sound |
| 1974-1975 | Premiers grands succès : Van McCoy, Donna Summer, KC and the Sunshine Band |
| 1976 | Cerrone, « Love in C Minor » ; ABBA, « Dancing Queen » |
| 26 avril 1977 | Ouverture du Studio 54 à New York |
| 1977 | « I Feel Love » de Donna Summer ; « Magic Fly » de Space |
| Décembre 1977 | Sortie de « La Fièvre du samedi soir » aux États-Unis |
| 1er mars 1978 | Ouverture du Palace à Paris |
| 11 mars 1978 | Mort de Claude François ; sortie d'« Alexandrie Alexandra » |
| Printemps 1978 | « La Fièvre du samedi soir » en France ; « Grease » |
| 1978 | « Y.M.C.A. », « I Will Survive », « Le Freak » |
| 1979 | « Born to Be Alive », « Spacer » ; Oscar pour « Last Dance » |
| 12 juillet 1979 | « Disco Demolition Night » à Chicago |
| 1980 | Échec de « Can't Stop the Music » ; fin de la vague disco |
| 1983 | « Staying Alive », suite de « La Fièvre du samedi soir » |
| Années 1980 | Naissance de la house music |
11. Espace pour les témoignages
À compléter : mes souvenirs du disco
Cette partie est réservée aux souvenirs : la première soirée en discothèque, le trajet du samedi soir en voiture avec les copains, la boule à facettes, les slows de la fin de soirée, « La Fièvre du samedi soir » vu au cinéma du quartier, la chemise en satin ou les chaussures à semelles compensées, les boums, les soirées disco de la MJC ou du comité des fêtes, les émissions de Claude François ou de Sheila à la télévision. Photos, disques, affiches et billets d'entrée sont les bienvenus.
12. Pour aller plus loin
Références
– Wikipédia : La Fièvre du samedi soir
– Wikipédia (en anglais) : Saturday Night Fever
– Wikipédia (en anglais) : Le Palace
– Wikipédia (en anglais) : Patrick Hernandez
– INA : 1978, « Le disco est un rêve »
– INA : Dominique Marais, le John Travolta français de 1978
– INA : Claude François, for ever…
Vidéos d'archives (INA)
– La Fièvre du samedi soir et le disco
– Film disco avec John Travolta
– Le Barabli parodie « La Fièvre du samedi soir »
Où trouver des photos
– Wikimedia Commons : disco ball
– Wikimedia Commons : Donna Summer
– Wikimedia Commons : Bee Gees
Les photos de Wikimedia Commons sont en général réutilisables librement, à condition de citer l'auteur et la licence indiqués sous chaque image. Les photos de films, d'agences et les pochettes de disques sont protégées. Les photos personnelles (une soirée en discothèque, une boum, une tenue disco) sont les plus précieuses pour ce site.
Note de méthode
Ce récit a été rédigé à partir de sources publiques (encyclopédies, archives de l'INA, presse), recoupées entre elles. Les dates des chansons sont celles de leur première sortie. Les chiffres de ventes de disques et de recettes des films sont ceux le plus souvent cités et restent des estimations. Aucune parole de chanson n'est reproduite.
Vos souvenirs, vos précisions
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Page mise à jour le 04/10/2026
