Mémoire Vivante des Trente Glorieuses / Années 70-80

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Le cinéma dans les années 50, 60, 70 et 80

Des salles de quartier aux multisalles : quarante ans de films, de vedettes et de souvenirs devant le grand écran

26/09/2026

Version de travail — Cet article est une version de travail : il a vocation à s'enrichir de vos souvenirs, de vos photos et de vos précisions. Notre démarche participative

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Introduction : « la séance » du samedi soir

Le cinéma, sortie populaire par excellence

Dans les années 1950, aller au cinéma est la première sortie des Français. Chaque ville, chaque quartier, souvent chaque bourg a sa salle. On y va en famille, entre copains, en amoureux. Le programme est copieux : les actualités filmées, un documentaire ou un court-métrage, les réclames, l'entracte avec l'ouvreuse qui vend les esquimaux et les bonbons, puis le « grand film ». Le dimanche, les enfants se pressent à la matinée ; à la campagne, le cinéma ambulant ou la salle paroissiale projette les films dans la salle des fêtes.

Ce que propose cet article

Cet article raconte l'histoire du cinéma en France entre 1950 et 1990 sous trois angles : les salles et le public (l'âge d'or de la fréquentation, puis le déclin face à la télévision), les films et les courants (cinéma populaire, Nouvelle Vague, comédies, cinéma d'auteur, « cinéma du look »), et les vedettes qui ont fait rêver plusieurs générations. Il se termine par un tableau de synthèse, une chronologie et un espace pour les témoignages.

1. Les salles et le public : de l'âge d'or au déclin

L'âge d'or de la fréquentation

Au sortir de la guerre, le cinéma connaît une popularité immense. On compte environ 370 millions d'entrées en 1950, et le record absolu est atteint en 1957 avec 411,6 millions d'entrées, soit en moyenne plus de neuf séances par habitant et par an. Les salles sont nombreuses et variées : grands palaces des boulevards, cinémas de quartier, salles paroissiales, cinémas de plein air l'été.

La télévision change tout

À partir de la fin des années 1950, la fréquentation s'effondre. Entre 1957 et 1971, elle passe de 411,6 à 170,3 millions d'entrées. La cause principale est l'arrivée de la télévision dans les foyers (voir l'article « Histoire de la télévision »), mais aussi la voiture, les week-ends et les vacances, et le développement de nouveaux loisirs. Des milliers de salles de quartier et de campagne ferment dans les années 1960 et 1970.

Les réponses de l'exploitation

Pour résister, les exploitants s'adaptent :

2. Les années 1950 : le cinéma de la qualité et les grandes vedettes

Le « cinéma de qualité française »

Le cinéma français des années 1950 est dominé par des réalisateurs expérimentés, des scénaristes talentueux (Jean Aurenche et Pierre Bost), de grands studios et des vedettes populaires. On parle de « qualité française » : des adaptations littéraires soignées, des dialogues brillants (souvent signés Michel Audiard à partir du milieu des années 1950), des décors construits en studio.

Les grands réalisateurs

Les vedettes des années 1950

Le cinéma américain

Les films américains, arrivés en masse après les accords Blum-Byrnes de 1946, fascinent le public : westerns, comédies musicales, grands spectacles en couleur et en CinemaScope ((Les Dix Commandements), (Ben-Hur)), films de jeunesse avec James Dean et Marlon Brando.

3. Les années 1960 : Nouvelle Vague et triomphe du cinéma populaire

La Nouvelle Vague

L'expression « Nouvelle Vague », lancée par la journaliste Françoise Giroud dans (L'Express) en 1957 pour parler de la jeunesse, s'applique à partir de 1959 à une génération de jeunes cinéastes. Beaucoup viennent de la critique, notamment de la revue Les Cahiers du cinéma (fondée en 1951), où ils dénonçaient le « cinéma de papa ».

Leurs films se tournent en extérieur, en décors naturels, avec des caméras légères, de petits budgets, des acteurs peu connus, des dialogues improvisés et un montage libre. Leur influence sera mondiale. En France, l'État soutient cette création grâce à l'avance sur recettes, créée en 1959 par André Malraux, ministre des Affaires culturelles.

Le cinéma populaire triomphe

Mais la Nouvelle Vague ne représente qu'une partie de la production. Le grand public plébiscite le cinéma populaire :

Les actrices des années 1960

Jeanne Moreau, Catherine Deneuve, Françoise Dorléac, Anna Karina, Annie Girardot, Romy Schneider ((La Piscine), 1969) et Brigitte Bardot incarnent la femme moderne du cinéma français.

Mai 68 et le cinéma

En février 1968, le limogeage d'Henri Langlois, directeur de la Cinémathèque française, provoque une mobilisation des cinéastes. En mai 1968, Godard, Truffaut et d'autres interrompent le Festival de Cannes, qui est annulé. Le cinéma devient plus politique.

4. Les années 1970 : comédies, cinéma politique et liberté

Le cinéma politique

Au lendemain de 1968, un cinéma engagé se développe : Costa-Gavras ((Z), 1969 ; (L'Aveu), 1970), Yves Boisset, René Vautier, Marin Karmitz. On dénonce les dictatures, la police, la guerre d'Algérie, les injustices sociales. Dans les MJC et les ciné-clubs, ces films sont suivis de débats passionnés.

Les grandes comédies populaires

Le cinéma d'auteur et les « films de la vie »

Libération des mœurs et censure

Les années 1970 voient la fin progressive de la censure : (Emmanuelle) (1974) attire des millions de spectateurs. En 1975, une loi crée le classement « X » et une taxation spéciale pour les films pornographiques, qui sont relégués dans des salles spécialisées.

Les César (1976)

En 1976 est créée la cérémonie des César, équivalent français des Oscars, à l'initiative de Georges Cravenne.

Le cinéma américain revient en force

Avec (Les Dents de la mer) (1975, plus de 6,3 millions d'entrées en France), (La Guerre des étoiles) (1977) et (Rencontres du troisième type), les superproductions américaines reconquièrent le public, notamment les jeunes.

5. Les années 1980 : grands succès, « cinéma du look » et Canal+

Les triomphes du box-office

Les années 1980 connaissent de très grands succès :

Le « cinéma du look »

Une nouvelle génération de cinéastes, influencée par la publicité et les clips, invente un cinéma très visuel : Jean-Jacques Beineix ((Diva), 1981 ; (37°2 le matin), 1986), Luc Besson ((Subway), 1985 ; (Le Grand Bleu), 1988), Leos Carax ((Mauvais Sang), 1986). Les critiques parlent de « cinéma du look ».

Les grands films d'auteur

Maurice Pialat ((Sous le soleil de Satan), Palme d'or 1987), Louis Malle ((Au revoir les enfants), 1987), Alain Resnais, Éric Rohmer (Les Nuits de la pleine lune), François Truffaut ((Le Dernier Métro), 1980, dix César ; il meurt en 1984) poursuivent leur œuvre.

La politique du cinéma et la télévision

Sous l'impulsion de Jack Lang, ministre de la Culture à partir de 1981, l'État renforce son soutien au cinéma (création des Sofica en 1985 pour financer les films). La chaîne Canal+ (1984) devient un financeur majeur du cinéma français, en échange du droit de diffuser les films. Mais la multiplication des chaînes et l'arrivée du magnétoscope accentuent la baisse de la fréquentation, qui atteint son plus bas au début des années 1990.

« La Dernière Séance »

Signe des temps : en 1982, Eddy Mitchell lance sur FR3 « La Dernière Séance », émission qui reconstitue à la télévision une soirée de cinéma d'autrefois (actualités, dessin animé, réclames, entracte et deux films américains). La nostalgie des cinémas de quartier est déjà là.

6. Tableau de synthèse

DécennieFréquentation (ordre de grandeur)Courants dominantsVedettesFilm emblématique
Années 1950370 à 411 millions (record en 1957)Qualité française, comédies, films noirsGabin, Fernandel, Philipe, BardotMon oncle (Tati)
Années 1960En chute (vers 200 millions à la fin)Nouvelle Vague, cinéma populaireDe Funès, Bourvil, Belmondo, Delon, DeneuveLa Grande Vadrouille
Années 1970Environ 170 à 180 millionsCinéma politique, comédies, films de la vieDepardieu, Dewaere, Pierre Richard, Romy SchneiderLes Valseuses, Les Bronzés
Années 1980Environ 175 à 200 millions, puis baisseGrands succès, cinéma du lookBelmondo, Marceau, Adjani, la troupe du SplendidTrois hommes et un couffin, Le Grand Bleu

7. Chronologie

DateÉvénement
1946Accords Blum-Byrnes ; premier Festival de Cannes
1951Fondation des Cahiers du cinéma
1956Et Dieu... créa la femme
1957Record de fréquentation : 411,6 millions d'entrées
1958Mon oncle de Jacques Tati
1959Les Quatre Cents Coups, Hiroshima mon amour ; création de l'avance sur recettes
1960À bout de souffle
1964Les Parapluies de Cherbourg, Palme d'or
1966La Grande Vadrouille ; Un homme et une femme, Palme d'or
1968Affaire Langlois ; Festival de Cannes interrompu
1971La fréquentation tombe à 170 millions d'entrées
1974Les Valseuses ; Emmanuelle
1975Loi sur le classement X
1976Première cérémonie des César
1978Les Bronzés
1980La Boum ; Le Dernier Métro
1982E.T. ; La Dernière Séance sur FR3
1984Lancement de Canal+ ; mort de François Truffaut
1985Trois hommes et un couffin ; création des Sofica
1988Le Grand Bleu ; L'Ours
1992Plus bas historique : 116 millions d'entrées

8. Espace pour les témoignages

À compléter : mes souvenirs de cinéma

Cette partie est réservée à mes souvenirs : le nom du cinéma de mon quartier ou de ma ville, l'ouvreuse et les esquimaux, les actualités, le premier film vu en salle, les séances du ciné-club, les films qui m'ont marqué, le cinéma ambulant dans les villages. Photos de salles, billets, programmes et affiches pourront y être ajoutés.

Vos souvenirs, vos précisions

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Page mise à jour le 03/10/2026