Le Twist
La danse qui a fait tourner les hanches du monde entier en 1961-1962 : Chubby Checker, le Peppermint Lounge, Johnny Hallyday et « Viens danser le twist », les bals, les chanteurs, les titres et les succès
28/09/2026
Version de travail — Cet article est une version de travail : il a vocation à s'enrichir de vos souvenirs, de vos photos et de vos précisions. Notre démarche participative
Introduction : « Viens danser le twist »
Pourquoi ce récit ?
À l'automne 1961, la France se met à tourner des hanches. Dans les bals, les surprises-parties, les boîtes de nuit, les mariages et même les salons les plus chics, jeunes et moins jeunes s'essaient à une danse nouvelle venue d'Amérique : le twist. On le danse seul, face à son partenaire, en pivotant les pieds et les hanches comme si l'on s'essuyait le dos avec une serviette après la douche. Johnny Hallyday chante « Viens danser le twist », qui reste sept semaines numéro un des ventes. Même Maurice Chevalier et Dalida enregistrent des twists. Pendant deux ans, le twist est partout.
Ce récit raconte l'histoire de cette folie : sa naissance aux États-Unis, son explosion mondiale, son arrivée en France, les bals, les chanteurs, les titres et les succès, et ce qu'elle a changé dans la façon de danser.
Quelques mots à connaître
– Twist : de l'anglais « to twist », tordre, tourner. Une danse où l'on pivote sur la plante des pieds en faisant tourner les hanches, les bras et les épaules en sens inverse.
– Danse en couple et danse en solo : avant le twist, on dansait presque toujours à deux, enlacés ou en se tenant la main (valse, tango, rock) ; avec le twist, on danse face à face, mais sans se toucher.
– Boîte de nuit : un club où l'on danse sur des disques, qu'on appelle aussi « discothèque » ; le twist en fait la fortune.
– Madison, Hully-Gully, Loco-Motion : d'autres danses à la mode au début des années 1960, souvent dansées en ligne.
1. La naissance du twist aux États-Unis (1959-1960)
Hank Ballard, l'inventeur oublié
À la fin des années 1950, le chanteur noir américain Hank Ballard, avec son groupe les Midnighters, remarque des adolescents qui dansent en tournant des hanches. Il écrit une chanson pour accompagner cette danse, « The Twist », qu'il enregistre en 1959, en face B d'un disque. Le morceau passe presque inaperçu.
Chubby Checker et Dick Clark
Le célèbre animateur de télévision Dick Clark, qui présente l'émission de danse « American Bandstand », regardée chaque jour par des millions d'adolescents américains, repère la chanson. Il propose de la faire enregistrer par un jeune chanteur de Philadelphie, jugé plus présentable à la télévision : Chubby Checker, de son vrai nom Ernest Evans, dix-huit ans, dont le pseudonyme est un clin d'œil au célèbre pianiste Fats Domino. Sa version de « The Twist », sortie à l'été 1960, devient numéro un aux États-Unis. Checker montre la danse à la télévision : toute l'Amérique l'imite.
Un record unique
Fait unique dans l'histoire de la musique américaine, « The Twist » redevient numéro un une seconde fois, en janvier 1962, quand la danse gagne les adultes.
2. La folie mondiale (1961-1962)
Le Peppermint Lounge
À l'automne 1961, une petite boîte de nuit de New York, le Peppermint Lounge, sur la 45e Rue, devient l'endroit où il faut être vu. Les journaux racontent que des vedettes, des hommes politiques et des aristocrates y font la queue pour twister au son de l'orchestre maison, Joey Dee and the Starliters, dont le « Peppermint Twist » devient numéro un au début de 1962. Le twist n'est plus seulement une danse d'adolescents : il gagne la bonne société.
Tout le monde twiste
Chubby Checker enchaîne avec « Let's Twist Again » (1961), qui reçoit un Grammy Award en 1962. Sam Cooke chante « Twistin' the Night Away », les Isley Brothers « Twist and Shout » (que les Beatles reprendront en 1963). Des films sont tournés à toute vitesse pour profiter de la mode, comme « Twist Around the Clock » (1961). Le twist se répand dans toute l'Europe, en Amérique latine, au Japon.
Les danses dérivées
Le succès du twist entraîne une avalanche de danses nouvelles, chacune avec sa chanson : le Madison, dansé en ligne, avec des pas appelés par un meneur ; le Hully-Gully ; le Mashed Potato ; le Loco-Motion, popularisé par Little Eva en 1962 ; le Pony ; puis, un peu plus tard, le Jerk et le Monkiss. En France, le Madison connaît un grand succès dans les bals et les boums en 1962-1963.
3. Le twist arrive en France (automne 1961)
« Viens danser le twist »
En France, le twist déferle à l'automne 1961. En septembre 1961, Johnny Hallyday enregistre « Viens danser le twist », adaptation française de « Let's Twist Again ». Le disque est un énorme succès : il est numéro un des ventes à partir du 13 novembre 1961 et y reste sept semaines, jusqu'en février 1962. Johnny, qui passe à l'Olympia, montre la danse sur scène et à la télévision. Il enregistre bientôt d'autres twists.
Les Chats Sauvages et le « Twist à Saint-Tropez »
La même année, Dick Rivers et ses Chats Sauvages triomphent avec « Twist à Saint-Tropez », considéré par beaucoup comme le premier grand classique du rock français. Les Chaussettes Noires d'Eddy Mitchell, les Pirates, les Vautours et d'autres groupes enregistrent aussi leurs twists.
Même les vedettes de la variété
Le twist ne touche pas seulement les rockers. Toutes les vedettes de la chanson française veulent le leur : Maurice Chevalier, Dalida, Henri Salvador, Line Renaud, Petula Clark, Brigitte Bardot, Sylvie Vartan enregistrent des twists. Sylvie Vartan chantera aussi « Twiste et chante », version française de « Twist and Shout », et « Le Loco-Motion ». Les orchestres de musette eux-mêmes proposent des « twists-musette ».
Le twist à la télévision
La télévision, avec l'émission « Âge tendre et tête de bois » d'Albert Raisner, et la radio, avec « Salut les Copains » sur Europe n°1, font du twist la danse de toute une génération. Les actualités filmées montrent des démonstrations de twist, des concours, et même des professeurs de danse qui enseignent les bons mouvements aux adultes. (Le site consacre des récits à ces deux émissions.)
Automne 1961 : Johnny Hallyday chante « Viens danser le twist », et la France entière se met à tourner des hanches.
4. Le twist dans les bals et les boîtes de nuit
Au bal du samedi soir
Dans les bals populaires, le twist est une révolution : on peut danser sans cavalier, entre copines, en groupe, sans avoir à attendre d'être invitée. Les orchestres intercalent les twists entre les valses, les tangos, les rocks et les slows. Pour les jeunes filles, c'est une petite libération ; pour les parents, un spectacle parfois surprenant.
La naissance des discothèques
Le twist accélère le développement des boîtes de nuit et des discothèques, où l'on danse sur des disques plutôt qu'avec un orchestre. À Paris, à Saint-Tropez, sur la Côte d'Azur et dans les stations de ski, les clubs se multiplient. Dans les villes de province, les salles de bal et les dancings adoptent aussi le twist. (Le site consacre un récit aux bals populaires et aux boîtes de nuit.)
La mode twist
Le twist a sa mode : robes courtes et évasées qui tournent avec la danse, jupons, chaussures plates pour pivoter facilement, pantalons étroits pour les garçons. Les actualités présentent même une « robe twist ».
5. Les critiques et les inquiétudes
Une danse indécente ?
Comme le rock quelques années plus tôt, le twist inquiète une partie des adultes : certains le jugent indécent, d'autres ridicule. Des médecins mettent en garde contre les douleurs de dos et de hanches. Les journaux publient des caricatures de twisteurs tordus. Les actualités de l'époque rapportent même, avec humour, l'histoire d'une maison qui se serait effondrée sous les pas de danseurs de twist.
Une mode passagère
Les puristes du rock voient dans le twist une mode commerciale, fabriquée par l'industrie du disque. De fait, la folie retombe dès 1963, remplacée par d'autres danses et par l'arrivée des Beatles. Mais le twist a durablement changé la façon de danser : après lui, on danse de plus en plus en solo, face à face, en improvisant, ce qui prépare le terrain aux danses des années 1970, jusqu'au disco.
6. Les grands titres du twist
| Titre | Artiste | Année |
|---|---|---|
| The Twist | Hank Ballard and the Midnighters | 1959 |
| The Twist | Chubby Checker | 1960 |
| Let's Twist Again | Chubby Checker | 1961 |
| Peppermint Twist | Joey Dee and the Starliters | 1961 |
| Twist and Shout | The Isley Brothers | 1962 |
| Twistin' the Night Away | Sam Cooke | 1962 |
| The Loco-Motion | Little Eva | 1962 |
| Viens danser le twist | Johnny Hallyday | 1961 |
| Twist à Saint-Tropez | Les Chats Sauvages | 1961 |
| Twiste et chante | Sylvie Vartan | 1963 |
Aucune parole de chanson n'est reproduite dans ce récit, car elles sont protégées par le droit d'auteur : seuls les titres sont cités.
7. Ce qu'il reste du twist
Une danse toujours vivante
Le twist n'a jamais vraiment disparu : on le danse encore dans les mariages, les bals, les fêtes des associations et des Centres Sociaux, les thés dansants et les soirées « années 60 ». « Let's Twist Again » reste l'un des morceaux les plus joués dans les fêtes. Le cinéma l'a souvent fait revivre, comme dans « Pulp Fiction » (1994), où John Travolta et Uma Thurman dansent un twist devenu célèbre.
Chubby Checker
Chubby Checker a continué de chanter le twist pendant des décennies, jusqu'au XXIe siècle. En 2012, en Floride, près de 4 000 personnes ont twisté ensemble avec lui, établissant un record.
8. Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| 1959 | Hank Ballard enregistre « The Twist » |
| Été 1960 | Version de Chubby Checker, numéro un aux États-Unis |
| 1961 | « Let's Twist Again » ; le Peppermint Lounge de New York devient à la mode |
| Septembre 1961 | Johnny Hallyday enregistre « Viens danser le twist » |
| Automne 1961 | Le twist déferle en France ; « Twist à Saint-Tropez » des Chats Sauvages |
| 13 novembre 1961 | « Viens danser le twist » numéro un des ventes en France, pour sept semaines |
| Janvier 1962 | « The Twist » de nouveau numéro un aux États-Unis |
| 1962 | Grammy Award pour « Let's Twist Again » ; Madison et Loco-Motion |
| 1963 | Déclin du twist ; arrivée des Beatles |
| 1994 | Le twist de « Pulp Fiction » |
| 2012 | Record de 4 000 twisteurs avec Chubby Checker |
9. Espace pour les témoignages
À compléter : mes souvenirs du twist
Cette partie est réservée aux souvenirs : le premier twist dansé au bal, dans une surprise-partie ou à la boum du copain, le disque de Johnny sur l'électrophone, les concours de twist, la robe ou la chemise achetée pour l'occasion, les parents qui s'y essayaient au mariage d'un cousin, et le Madison dansé en ligne à la MJC ou à la salle des fêtes. Photos, disques et souvenirs sont les bienvenus.
10. Pour aller plus loin
Références
– Wikipédia (en anglais) : Twist (dance))
– Wikipédia (en anglais) : Let's Twist Again
– Wikipédia (en anglais) : numéros un des ventes en France en 1961)
– Frémeaux et Associés : Anthologie du twist français 1961-1962
– INA : 1961, pour être dans le vent, dansez le twist !
Vidéos d'archives (INA)
– Johnny Hallyday : « Let's Twist Again »
– Un rythme peut-être, une épidémie : le twist
– Présentation de la robe twist
– Ils dansaient le twist, la maison s'effondre
– Les Bourgeois de Calais : « Danse le twist »
Où trouver des photos
– Wikimedia Commons : Chubby Checker
– Wikimedia Commons : twist dance 1960s
Les photos de Wikimedia Commons sont en général réutilisables librement, à condition de citer l'auteur et la licence indiqués sous chaque image. Les photos d'agences et les pochettes de disques sont protégées. Les photos personnelles (un bal, une boum, un concours de twist) sont les plus précieuses pour ce site.
Note de méthode
Ce récit a été rédigé à partir de sources publiques (encyclopédies, classements des ventes, anthologies discographiques, archives de l'INA), recoupées entre elles. L'histoire de la maison effondrée est celle rapportée par un reportage d'actualités de l'époque, dont le titre est repris tel quel ; elle n'a pas été vérifiée autrement. La liste des chanteurs de variétés ayant enregistré des twists provient de l'anthologie Frémeaux, sans que chaque titre ait été vérifié. Aucune parole de chanson n'est reproduite.
Vos souvenirs, vos précisions
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Page mise à jour le 04/10/2026
