Johnny Hallyday
De « L'idole des jeunes » au « Taulier » : près de soixante ans de rock, de scène et de passion partagée avec le public français
28/09/2026
Version de travail — Cet article est une version de travail : il a vocation à s'enrichir de vos souvenirs, de vos photos et de vos précisions. Notre démarche participative
Introduction : « Johnny, notre Johnny »
Pourquoi ce récit ?
Il n'y a sans doute pas un Français qui n'ait jamais entendu une chanson de Johnny Hallyday. Pendant près de soixante ans, de 1960 à 2017, il a été la plus grande vedette de la chanson populaire française : l'« idole des jeunes » des années 1960, puis le rocker aux concerts gigantesques, surnommé à la fin de sa vie « le Taulier ». Des grands-parents aux petits-enfants, trois générations l'ont écouté, et sa mort, en décembre 2017, a provoqué un hommage populaire comme la France n'en avait pas connu depuis celui de Victor Hugo, selon certains observateurs.
Ce récit raconte son grand parcours musical en deux pages : la première présente sa vie et ses grandes périodes, de ses débuts à son service militaire et à ses métamorphoses successives ; la seconde présente ses chansons et ses succès, ses concerts mythiques, et la grande cérémonie de décembre 2017.
Quelques mots à connaître
– Idole : une vedette adorée par les jeunes ; « L'Idole des jeunes » est aussi le titre d'une chanson de Johnny (1962).
– Adaptation : une chanson étrangère, souvent américaine ou anglaise, dont on écrit des paroles françaises. Une grande partie des premiers succès de Johnny sont des adaptations.
– Rhythm and blues : la musique noire américaine, rythmée et chaleureuse, qui inspire Johnny dans les années 1960.
– Service militaire : jusqu'en 1997, tous les jeunes hommes français devaient accomplir un service dans l'armée, qui durait entre un an et deux ans selon les époques.
1. Jean-Philippe Smet, l'enfant de la balle (1943-1959)
Une enfance sans père
Jean-Philippe Léo Smet naît le 15 juin 1943 à Paris, dans le 9e arrondissement, en pleine Occupation. Son père, Léon Smet, artiste belge, abandonne sa femme et son fils quelques mois plus tard ; sa mère, Huguette Clerc, est mannequin. L'enfant est élevé par sa tante paternelle, Hélène Mar, et ses cousines, danseuses, avec qui il voyage à travers l'Europe, de théâtre en music-hall. Il découvre très tôt la scène.
Le nom de scène
Le mari d'une de ses cousines, un danseur américain de l'Oklahoma, se produit sous le nom de Lee Halliday. Jean-Philippe s'inspire de lui pour son nom de scène : ce sera Johnny Hallyday. Il découvre le rock'n'roll et le film « Amour frénétique » (« Loving You »), avec Elvis Presley : c'est une révélation. Il apprend la guitare et fréquente le Golf Drouot, le temple parisien du rock. (Le site consacre un récit au rock and roll.)
2. Les débuts : l'idole des jeunes (1960-1963)
Les premiers pas
Le 18 avril 1960, il fait sa première apparition à la télévision, dans l'émission « L'École des vedettes », présentée par Aimée Mortimer, où il est parrainé par Line Renaud. En mars 1960, il a enregistré son premier disque chez Vogue, avec « T'aimer follement » et « Laisse les filles ». Il a seize ans. Son jeu de scène, inspiré d'Elvis, avec ses déhanchements et sa voix puissante, fait scandale et enthousiasme la jeunesse.
Le twist et les premiers triomphes
En 1961, « Souvenirs, souvenirs », puis « Viens danser le twist », adaptation de « Let's Twist Again », qui se vend à plus d'un million d'exemplaires, en font la plus grande vedette de la jeunesse française (le site consacre un récit au twist). Il passe en vedette à l'Olympia, chante « Retiens la nuit » (1961), une chanson d'amour signée Charles Aznavour et Georges Garvarentz, et tourne au cinéma. En 1962, il chante « L'Idole des jeunes ».
Le concert de la Nation
Le 22 juin 1963, il est la vedette du grand concert gratuit organisé par l'émission « Salut les Copains », place de la Nation, à Paris, devant 150 000 à 200 000 jeunes (le site consacre un récit à « Salut les Copains »). À vingt ans, Johnny est une star.
3. Le service militaire (1964-1965)
« Johnny, reviens ! »
Comme tous les jeunes Français de sa génération, Johnny doit faire son service militaire. Après avoir obtenu un sursis d'un an pour terminer ses tournées, il est incorporé le 8 mai 1964 au 43e Régiment, stationné à Offenbourg (Offenburg), en Allemagne de l'Ouest, dans les Forces Françaises en Allemagne. Des milliers de jeunes filles se désolent : son disque de l'époque s'intitule « Johnny, reviens ! ».
La vie de caserne
Le chanteur le plus célèbre de France fait ses classes comme les autres appelés : marches, exercices, gardes, corvées, sous l'œil des photographes. L'Armée, dont l'image a été abîmée par la guerre d'Algérie, voit aussi dans sa présence un moyen de se rendre sympathique aux jeunes : le service cinématographique des armées tourne des reportages sur « le soldat Smet ». Il obtient des permissions pour continuer à enregistrer, à condition de poser en uniforme sur certaines pochettes de disques.
« Le Pénitencier »
Pendant son service, il enregistre l'un des plus grands succès de sa carrière, « Le Pénitencier » (1964), adaptation française par Hugues Aufray et Vline Buggy de la chanson américaine « The House of the Rising Sun », que venait de reprendre le groupe anglais The Animals. La chanson deviendra l'un des sommets de tous ses concerts.
Le mariage avec Sylvie Vartan (12 avril 1965)
Le 12 avril 1965, en permission, il épouse la chanteuse Sylvie Vartan, son amour depuis 1961, dans la petite Église de Loconville, dans l'Oise. Des milliers de fans et de journalistes envahissent le village. Johnny est libéré de ses obligations militaires fin août 1965, après avoir déjà repris les concerts au début du mois. Leur fils, David Hallyday, naît le 14 août 1966.
4. Les grandes périodes musicales (1965-2017)
Le rhythm and blues et le rock anglais (1965-1968)
Au milieu des années 1960, alors que les Beatles et les Rolling Stones bouleversent la musique, Johnny se tourne vers le rhythm and blues et la soul, avec des cuivres puissants : « Noir c'est noir » (1966), « Cheveux longs et idées courtes » (1966), où il répond à Antoine. Il fait jouer en première partie de ses concerts, en 1966, un jeune guitariste américain encore inconnu : Jimi Hendrix. En 1967-1968, il s'essaie au rock psychédélique avec l'album « Jeune homme » et « Rivière… ouvre ton lit ».
Les grandes ballades (1969-1979)
En 1969, « Que je t'aime », de Gilles Thibaut et Jean Renard, devient l'une de ses chansons les plus célèbres, avec laquelle il termine souvent ses concerts. Les années 1970 alternent grandes ballades et rock : « Oh ma jolie Sarah » (1971), « Derrière l'amour » (1976), « Gabrielle » (1976), « Ma gueule » (1979), « J'ai oublié de vivre » (1977). Ses spectacles, au Palais des Sports ou au Pavillon de Paris, deviennent gigantesques, avec des mises en scène de plus en plus spectaculaires.
Le renouveau des années 1980
Dans les années 1980, il s'entoure des meilleurs auteurs-compositeurs de sa génération : Michel Berger (« Quelque chose de Tennessee », 1985, « Rock'n'roll attitude », 1985), Jean-Jacques Goldman (« L'Envie », 1986, et l'album « Gang »). Il rajeunit son public et devient un monument.
Les années 1990 et 2000
Il enchaîne les concerts géants dans les stades, et de nouveaux succès : « Allumer le feu » (1998), signé Zazie et Pascal Obispo, « Vivre pour le meilleur » (1999), « Marie » (2002). En 2017, malgré la maladie, il part en tournée avec ses vieux amis Eddy Mitchell et Jacques Dutronc, sous le nom des « Vieilles Canailles ».
5. L'homme : amours, enfants et cinéma
Ses amours
Johnny s'est marié cinq fois, dont deux fois avec la même femme : avec Sylvie Vartan (1965-1980), Élisabeth Étienne (1981), Adeline Blondieau (1990-1992, puis de nouveau en 1994-1995) et Læticia Boudou (1996 jusqu'à sa mort). Il a aussi partagé la vie de l'actrice Nathalie Baye dans les années 1980.
Ses enfants
Il a quatre enfants : David Hallyday, né en 1966, fils de Sylvie Vartan, lui-même chanteur et compositeur ; Laura Smet, née en 1983, fille de Nathalie Baye, actrice ; et deux filles adoptées avec Læticia, Jade et Joy.
L'acteur
Johnny a aussi tourné au cinéma, notamment « Détective » (1985) de Jean-Luc Godard, « L'Homme du train » (2002) de Patrice Leconte, avec Jean Rochefort, et « Jean-Philippe » (2006), une comédie où Fabrice Luchini imagine un monde où Johnny n'aurait jamais existé.
À suivre
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Page mise à jour le 04/10/2026
